FBANÇOIS DE SALES , A M AOAMB DE CHANTAL
(Tirée de monastère de U VUtuUoa de St-JaoqeM.) 11 lui souhaite un heureux voyage.
Voici le souhait de votre père , ma trèschère fille : Dieu soit avec vous au chemin par lequel vous irez; Dieu vous tienne toujours vêtue de la robe de sa charité; Dieu vous nourrisse du pain céleste de ses consolations ; Dieu vous ramène saine et sauve en la maison de votre père ; Dieu soit à jamais votre Dieu , ma chère mère 1 Ce sont les bénédictions que Jacob se souhaitoit (3), quand il partit de Béthel , et ce sont celleslà que je me souhaite à moi-même (4) , ma
(t) MtdemolMlle Françolte Rabbatle, tMondé 011e de madame de Chanlal, qol épooM depeli M. de Toelo^ geon ; elle demearolt daos le cooTenl afeo sa mère qal prenolt iota de fOD édaettiee.
(1) Ce poerrolt Mee être Chartai Aesetle de Salea, flla de Loolt, Qomte de Salei ; car ce J«ene homme almelt beaecoep la tolitnde.
(S) VoTlt etiam (Jacob) rotom . dleana t SI ftterlt Dees macem, et cottodierit ma In Til per qaam ego ambele, ai daderit mlhl panem ad reseendom , et TetUaMotum ad Indeandam , ravaranMiiie foero prospéré ad domam pa . trtt met . erlt mlhi Dominos In Denm. Gba., o. xtiii, v Wetti.
(4) l\ parott dinclle de compreedre qee 8. Frseçelt se •oebalte à laUmême lea béeédlctloaa qotl dMfe a me»
(rès-cbèra «t Irèt-unique BII0 , à votre départ de ce lieu , oà toqi demeuras en partant, et d'où vous partez en demeurent.
allez en pait , ma trëa-cbère fille , allez en paix où Dieu vous appelle ; demeurez en paix , mais demeurez en la sainte paix de Dieu , où îItouh tientet arr6t«ici : lésâmes que Dieu a rendues tout unes, sont inséparables; car qui peM lifarar et qveDien ajoin({1)f Non, ni la mort ni chose quelconque ne nous siéparera jamais do l'nniié qui est en Jésus-âtHst (t) , qui vive à jamais en notre cœur. Amen.
LEmiB DLXXV.
Mb sœur Aiméc-Iacqueline , qui est ici ,
et qui me vient de baiser la main de votre part, veut que je commence cette lettre par sa salulaiion; et jo le veux bien, ma lrâs-chËremârc,carramournc va pas toujours on ordre ; autrement notre Soigneur eût commencé le soin qu'il eut on sa passion par sa mèru et son bien-iitmé saint Jean, dont jo viens do parler à Suinte- Claire, sur le sujet de notre grand S. Joseph , duquel j'ai Tait le sermon, et dit bien de bonnes clioses, mats non pas aveo la ferveur que j'ai toujours en parlant do cet admirable papa et noire maître. H. Michel m'a dit en eorlant que je n'avois presque jamais mon esprit lu comme à la Visitation. Holaa I ce n'est pas que je n'aie de fort bons dÉsirs de bien gcrvir celle bonne compagnie de servantes de Dieu ; mais il faut que la divine providence, qui m'adédiùô notre chère congrégation, me donne quelques particuliers mouvemcns quand jo la Hcrs.
0 que Dion est ■dniinAito , iM tri»<lih( mère , et que nous mniitat bianhenmi d'avoir un grand désir de le eervir! Ce matin, enrevenantdusermon, j'ai tau sœur Harie-Uadeleine, que JA n'avois»cors pasfisluée de votre part. Ella m'a hil une grande fête, et en peu de parolesells m'a fort contenir , me disant qu'elle vmloit devenir une femme forte et de couiap contre tous ces petits attendriasemeninr elle-môme , dont elle est louvant touchés.
J'ai aussi vu la petite lœur Paale-Hfén> nyme, qui a reçu une joie incroyable da votre salutation , et a dit qu'elle éloit noire Eusiochium. Notre assislanta fait bi« aussi. En somme, je me contente bien de toute celte chère troupe , que j'irai etitnie' nir en commun l'un des jours de la seii prochaine, puisque ma mère me l'aor né , au rapport de ma sœur Jcanne-Cbv lotto , etc.
LETraE DLXXVI.
iiiiti* i* Il viiiuuaa 4a h •nu s« nh|
Au demeurant , ma très^hèro mère, dsmeui'ui avec la paix el consolation de noLre Seigneur, cl, moyennant sa grâce, dlK huit jours au fin plus tard je serai ici ; d'oil pourliint je ne penserai Jamais sorlîr, UH que Dieu m'y tiendra en moi-même. Vousmême, ma Irès-chère mtre, savez bien que la suinle unité que Dieu a faite e^t forte plus que toute séparation , et que les distances des lieux n'ont point de ponvoirw elle. Ainsi Dieu vous bénisse âjamaisde son iainl amour. C'est un ccaur qu'il nom a fait, unique on esprit et en vie. Bonjour, ma très-chcrc mère; coniervet-moii j>^ vous supplie, cl je vous conserverai biei>> Dieu aidant.
LETTRE DLXXVII.
s. FBAKC01S DE FALKS, A IfAIua
Le Saint l'i'ihDrie à se le I^ billet d'hier, a
DE S. FRANÇOIS t>t, SALES.
4fS
d qnellt étoft mon ame. Hé I vive on ame vivra. M. d'Allncourt ir céans , et y demeura jusqu*à ;e heures, résolu de venir au seratin , que nous ne pensions être mon particulier. Ce soir je serai vous et de nos sœurs, marri plus ; peut dire que mon loisir s'en
eu, ma très-chère mère, tenons ir en Tunité inséparablement pré- •mémo, puisque Textraordinaire tDieu Ta doué peut bien faire ce ue la nécessité du service de sa uiert que nous employions cette la. 0 Seigneur, à qui tout est prénez à notre esprit une telle présoi-méme , comme vous lui avez e unité; afm qu'il vive autant l'il est requis pour vous bien serre présence, Seigneur, en la cime •me ! Vive Jésus! Amen. Je m*en un sermon d*amour le plus arje pourrai.
LETTRE DLXXVm.
LNÇ0I9 DE SALES, A lUPÀMB DE CUANTAL.
I Boiiaflère d« la Visitation 4e la Tille de La Flèche.}
itUK do dépari d'un cordelier, eco.
rchèrc mère, avec mille boniioirs, ertis du départ du père oordelier, iemain une heure avant le jour, ivez écrit, je ferai le mémorial, ttendant, conservez-vous, je vous e, ma très-chère et trèa-bonno ic je verrai domain , Dieu aidant, ma très-chère mère. Notre Sei-»
it à jamais au milieu de notre nen.
LETTRE DLXXIX.
ANÇOIS DR SALES, A MADAME DE ClIANTAL.
0 nonutère de la V1»IUUod de la ville de Grenoble. )
li laisse la liberté de recevoir des filles ient de chez les capucines, quoiqu'elle! t pasTâge compétent. Il lui parle ensuite rs de ces Ulles.
comme je vous écris , ma trèsire; hier, jour de la mort de notre |
vie, au rotourdes tinèbres Je trouvai vos lettres ; ce matin, jour de la sépulture, tout en allant faire les ordres pour sept A huit personnes de qualité en notre chapelle de la Visitation.
4<> Pour ma très-chère soBur M. S. Elisabeth , je ne désapprouve pas son voyage , ni ne l'approuve; mais il seroit inutile que je commette quelqu'un pour ouïr les témoins, et recevoir authentiquement leurs dépositions; et non-seulement les témoins, mais madame du Paraclet et ses religieuses: or, il faut que je fasse cela avec conseil et beaucoup de soin; cependant nous penserons s'il sera expédient qu'elle-même y aille; il faut en tenir secrète la délibération.
Si monseigneur l'archevêque vient, on ))ourra bien dispenser pour Tâge en la réception de ces demoiselles, en la contemplation des mères, qui pourront tenir place d'une partie de la résolution que TAgo ne ' permet pas aux filles. Bn somme, il faudra fbrt condescendre aux volontés de monseigneur l'archevêque, pourvu que Ton trouve moyen d'éviter la conséquence; car c'est une règle très-salutaire que eelle-lA , de ne recevoir point avant l'Age compétent, pour êter toute excuse au repentir, s'il en venoit.
Toutes ces âmes seront bonnes, si elles sont courageuses, et M. Colin et tout; mais pour me charger de soin quelconque (raffaircs, hélas! vous savez comme moimôme, quel homme je suis pour cela : c'estii'AïTQ que je ne suis pas homme pour cela. Vous pouvez toujours répondre pour moi sans scrupule; car il se trouvera toujours que ce sera moi qui aurai répondu Vous êtes, et d'esprit, et de volonté, et de tout, une môme chose avec moi ; vous savez ce que je puis, que je veux , et que jo souhaite : ne me renvoyez donc rien , mais répondez hardiment. On peut faire venir les demoiselles des capucines pour essayer, et , étant trouvées propres , ne les point renvoyer; car il n'y a pas grand hasard de les tenir en leur habit.
Monseigneur rarchcvêque venant , humiliez-vous fort cordialement pour moi , comme moi-môme; et l'assurez fort de l'estime , amour et révérence que J'ai à sa personne.
Prenez garde à retenir la liberté des sor-
LETTRES
lies estraordinaires y entre lesquelles les jubilés,... la visite des proches malades, oui même de quelque signalé bienfaiteur ou grand ami de la maison , et même de quelque sermon , comme celui de la passion, doivent, ce me semble, être réservés , et toutes autres occasions esquelles la communauté des sœurs, avec l'avis du père spirituel , trouveront que Cj8 seroit à propos : car il faut réduire la pratique des sorties à la seule bienséance et modestie que la religion , jointe à la condition du sujet, requiert; car ainsi en fait-on es congrégations dltalie.
Hélas 1 ma chère mère , il faut que je finisse. Nos soeurs ne savent pas que j'écris ; car c*cst par la voie de Chambéri. Elles ont madame de Châteaufort, madame Ja baronne de Chatelard, et madame de la Flechére, la veuve, trois bonnes et braves hôtesses , dont la première parle fort de revenir un jour de tout, et Tautro est mariée, mais une perle, son mari est fils du baron de la Serraz ; fille de madame Mont- Saint- Jean.
Hier je fis le sermon de la passion en deux heures et demie ; nos hommes disent que c*est chose extraordinaire. Ma trèschère mère, j*ai tant prié Dieu pour vous , et le ferai encore. Tout m'annonce le bien de notre indivisible unité. 0 Seigneur Jésus, vivez à jamais , régnez , et à jamais soyez béni dans notre unique cœur I Amen.
LETTRE DLXXX ,