MADAME DE CHANTAL, A S. FRANÇOIS DE
SALES
(Tirée des ieltros de madame de Chantai.)
Elle le prie de lui continuer sa conduite pour la
perfection.
Monseiîrneur, priez fort pour moi, afin i
qu'il me retire de ces fâcheuaes aflUres. O qui me console parmi tant de travail , ifest que cela est pour la ^oire de Dîeo , et qu'enfin après avoir bien travaillé , nous irons jouir du repos éternel , moyennaot la grâce du divin Sauveur, que je prie soigneusement pour la perfection de notre cœur.
Souvenez-vous, mon père, qa*il yaasjourd'hui sept ans que notre Seigneur remplit votre esprit de mille saintes affectioos» pour le bonheur et la perfectioa demapaovre ame. Je vous dirai que dès hier elle est demeurée remplie d'un sentiment si extraordinaire de la perfection, que, si cela dure il me consumera.
Mon Dieu ! mon unique père, rendeimoi , par vos prièresetvotre conduite, toute à ce Seigneur que nous adorons, révérooâ, et aimons parfaitement. 0 que je vem hi être fidèle! il m'est impossible d'exprimer ce que je sens; aussi ne ferois-je que le diminuer par mes paroles ; c*est un ouvraga fait de la main de Dieu. Nous voyons Uw les jours clairement abonder ses misériax^ des sur nous : c'est pourquoi nous devoBS tous les jours nous rendre plus fidèles. Posr cela , je consacre de nouveau mon ame à votre volonté et obéissance. Dans ce désir, je vais recevoir mon Dieu , dans lequel je demeure , monseigneur , etc.
LETTRE DLXXXm.
MADAME nE CHANTAL , A S« PRANÇOB DE SALES.
(Tirée des lettres de madame de Cbanial.)
Elle prie le Saint de consoler l'arcbevéqae di Bourges, son frère, de ce qu'on le retiroUdi son archevêché.
Mon très-unique père , priez bien Dieu pour monseigneur de Bourges, et faites prier nos sœurs. Je crois que cet orage se convertira à la gloire de Dieu : cela n'est rien en comparaison de la passion de notre Seigneur. Je supplie sa divine majesté de lui donner tout ce qui sera à sa gloire, à laquelle j'ai consacré tout moi-même. Son médecin demeura mort quand on lui vint dire ce changement que Ton avoit fait do l'archevêché de monseigneur de Bourges avec monsieur N. Il ne se peut dire Taffection que tous ceux de Bourges portent à notre bon archevêque , qui a ressenti co
aoals dans sa bonté ordinaire. Vous loissez ; croyez que cela fera bien du X pauvres et à beaucoup de maisons lises, où il faisoit de grandes charis sœurs en avoient leur bonne part , les aime fort , et leur faisoit beau- 9 bien. Si vous pouviez lui écrire un irce sujet, cela le consolera tout à i doux Jésus remplisse notre cœur de r très-pur du sien , et nous fasse éterent reposer en lui 1 Amen.
LETTRE DLXXXIV.
tAME DB GHANTAL , A S. FRANÇOIS DE SALES.
Irie dMtettrw dt mtdame d« Chantai.)
pllqae lur an tecidenlqui lai étoit arrivé, prèfenir l'alarme qa'on poarroit donner Ht.
très-honoré seigneur et unique père, ilie mon Dieu de remplir votre ame soi-même et de ses très-chères béons, surtout de celle de Tamour très- Jésus. Mais afin que l'on ne vous point Talarme , je vous dirai moi- [jue ce matin je me suis trouvée fort près dtner il m'a pris des trembleje suis demeurée comme morte ; présent je me porte fort bîen, Dieu Ne soyez point en peine pour Ta- B ce grand Dieu , que mon ame aime, et désire servir avec un cœur uniit unique , et parfaitement pur.
re , demain en tenant ce divin Sauaites qu'il me donne sa grâce si mment, qu'à jamais nous i*ado- 1e servions, et l'aimions parfaite- Je sens une extrême consolation je sais que vous travaillez après ce uvrage de V Amour divin, amour 3quel je soupire , mais d'une ardeur mte.. Hé, mon Dieu! quand seranous nous en verrons tous abtmés?
la bonne ^nte : oh ! que c'est une t)le dame ! croyez que je me porte irous savez que je ne voudrois pas à mon escient. Vive Jésus, et sa trèsmère. Amen. Monseigneur, votre mble, très -obéissante et indigne
LETTRE DLXXXV.