B. FRANÇOIS DE SALES, A LA MÈRE FAVRE
Le Saint IMnslniit df s avit qu'eUe doii donner aui postulantes avant leur véture.
Je VOUS seconderai le plus doucement qu'il me sera possible , ma très-chère fille , en votre juste intention; bien qu'entre nous il n'y a ni second ni premier, ains une simple unité. J'ai pensé (juc peut-être il seroit à propos demain , qu'avant de venir à la sainte messe, vous fissiez appeler toutes vos filles vers vous, et puis que vous fissiez venir les deux qui doivent être reçues , et qu'en présence des autres vous leur disiez trois ou quatre paroles en ce sens :
Avertisiemens aux postulâmes de la Visiuiion de Sainle-Mariu, que les supeiieures peuTcnt leur donner avant la messe devant tome la communauté, le jour qu'elles prennent l'habit.
Vous nous avez demandé d'être reçues entre nous pour y servir Dieu en unité de môme esprit et de môme volonté ; et, espérant en la bonté divine que vous vous rendrez bien aiïectionnées à ce dessein, nous sommes pour vous recevoir ce matin |
au nombre de nos t^œurs novices, poiii, selon l'avancement que vous ferez en h vertu , vous recevoir par après à la profcAsion , dans le temps que nous aviserom. Mais, avant que de passer plus outre, pensez de rechef bien en vous-mêmes à l'importance de ce que vous entreprenez; car il seroit bien mieux de n'entrer pas parmi nous, qu'après y être entrées donner quelque occasion de n*étre pas reçues à II profession: que si vous avez bonne vokmté, vous devez espérer que Dieu vous favorisera.
Or , entrant céans , sachez que nous m vous y recevons que pour vous enseigner tant que nous pourrons, par exemples et avertissemens , à crucifier votre corps par la mortification de vos sens et appétits de vos passions , humeurs et inclinations , et propre volonté ; en sorte que tout cela toit désormais sujet à la loi de Dieu et aux rè* Î^Ies de cette con;;régation.
Et à cet efl'et, nous avonscommis la peine et le soin particulier de vous exercer et instruire , à ma sœur de Brechart ci-présente, à laquelle partant vous serez obéissante , et 1 écoulerez avec respect et tel honneur , qu'on connoisse que ce n'est pas |K)ur la créature (jue vous vous soumettez à la créature , mais pour Tamour du Cn^leur, que vous reconnoissez en la créature; et quand nous commettrions une autre, quelle qu'elle fût, pourétre votre mai tresse, vous devriez lui obéir avec toute humilité pour la mémo raison , sans regarder en la face do celle qui {gouvernera , mais en la face do Dieu qui Ta ainsi ordonné.
Vous entrerez donc dans cette école de notre con;i;régation, pour apprendre à bien porter la croix de notre Seigneur par ab* hé'.'iation, renoncement de vous-mémM, rési[;nation de vos volontés , mortificatioo de vos sens , et moi je vous chérirai cordialement, comme votre sœur, mère, et servante : toutes nos sœurs vous tiendront pour leurs sœurs très-aimées.
Cependant vous aurez ma sœur de Brechart pour maîtresse, à laquelle vous obéirez, et suivrez ses avertissemens avec humilité, sincérité et simplicité, que notre Seigneur requiert en toutes celles qui se rangeront en cette congrégation.
Vous vous tromperiez bien, si voiw pensiez être venues pour avoir plus grand re
DE S. FRAPÇOIS m SALES.
monde ; car , au contraire , nous es ici assemblées que pour traligemment à déraciner nos mai^ slinations , corriger nos défauts , les vertus. Mais bienheureux est [{ui nous donnera le repos éternel.
Suite de la lettre.
is pas , ma très-chère fille , que
s ni ces paroles» ni tout ceci; mais
us verrez à propos, plus pourTé-
et réireil des autres que pour
verois encore bon qu'après que (z tiré quelque promesse d'elles, ) comporteront bien , vous ^'ou-
Continaation des aris.
seront celles qui vous donneront pie, et qui vous consoleront dans reprise. Amen.
Conclusion de la lettre.
3 que j'ai pensé, de quoi vous eus servir , si vous l'estimez à msoir, ma très-ch^re mère , ma lent. Vive Jésus et Marie. Amen.
LETTRE DCU.