‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 327 sur 450 · IS DE SALES , À LA MÈRB FAYRE · texte numérisé non relu

IS DE SALES , À LA MÈRB FAYRE

la monailère de It ville de Grenoble.)

) une lettre de recommandation pour leClermoni, et lui apprend quelques de sa congrégation , de sa famille, et les autres personnes.

•chère fille, voilà une lettre pour )ur de Clermont, puisque vous itu, et je dis ainsi, parce que is l'honneur d'être connu de ce le pense pas que ma lettre puisse icun degré de chaleur à son saint

; que vous pourrez rester encore » mois, ne voyant encore rien do >irin, quoique monseigneur le «évère à dire que tout se fera. Au

la sigoora dona Genevra, lassée ) remises, viendra peut-être ici sr son noviciat.

ivez la bonne troupe qui est pro*

odi nous avons encore la sœur tfarie , qui est en vérité une trè«- I fille. EU partira demain pour re- 1

tourner à Grenoble, d*Qîï elle avait amené une rare fille pour faire le nombre nécessaire pour Nevers, Orléans et Paris.

Je loue Dieu que votre arrivée en ce payslà a été accueillie avec tant de joie, et j'espère que la suite sera toij^^urs correspondante : car les amis de Dieu sont trop plus honorés (4).

Vous avez en ce pays-là le bon père Théodose, capucin, mon grand ami, à qui j'écrirai au premier jour ; et le bon père Anselme de Rome, qui m'aime incomparablement, et qui demeure à Riom, et je m'assure qu'il vous ira voir.

Notre bon monsieur le premier est presque tout à fait remis , et attendons qu'il nous assigne le temps pour venir ici à la récréation , et faire le baptême du petit Charles-Chrétien. Madame notre présidente ma nièce est une vraie sœur de la Visitation du dehors.

J'attends la consécration de mon frère pour me préparer au voyage ; mais avant mon départ vous aiu'ez une fois de mes nouvelles.

Tout à vous, etc.

LETTRE DCm.

s. FRANÇOIS DB SALES , A UNE SUPÉAIBUaB DE LA VISITATION.

Choix déjeunes filles destinées pour être enfoyéet en France. Une supérieure de la VisitaUon ayant consulté le Saint À l'égard d'une fille qui avoit une conduite extraordinaire, il répond qu'il faut Texaminer de près et afec loisir, et l'éprouver par des emplois vils. Quand la présenae du père spirituel esinéces^aire peur les contrats. 11 faut faire un Juste choix des liTres qu'il convient de faire lire A la communauté. On doit parler avec retenue des voles par lesquelles Dieu nous conduit, fin quel eas les saiilica de Tamour'-prepre ne sont pas dangereuses. Pourquoi Dieu nous laisse nos mauvaises inclinaUons. II ne veut pas d'empressement dans soB service.

Voilà que dès avant-hier, nous sommes dans le choix des filles qu'il faut envoyer en France, ma très-chère fille? Et noire mèrenfécrit que vous lui en donnerez une, et la maison de Lyon une autre, qui, avec les huit que nous en fournirons , feront le nombre qu'elle désire. Mais je ne sais pas encore comme nous ferons pour aller prendre la vôtre. Or, on y pensera; et cepen-

fi) HHiis aoBoiOtoaU saut asMsl lui, leoa. fib «sscim, V. il.

LETTRES

dant parmi ce tracas, je vous réponds, ma très-chère fille, le plus courtement que je pourrai.

Je vois en cette sœur (Ânne-Marie) je ne sais quoi de bien bon, et qui me plaît. Il y a un peu d'extraordinaire qui doit être considéré sans empressement, afin qu*il n'y arrive point de surprise, ni du côté de la nature qui se flatte souvent par Timagination , ni du côté de Tennemi qui nous divertit souvent des exercices de la solide vertu , pour nous oc<;uper en ces actions spécieuses. Il ne faut pas trouver étrange qu'elle ne soit pas si exacte à faire ce qu'elle fait : car cela arrive souvent aux personnes qui sont attachées à l'intérieur, et ne se peuvent tout à coup si bien ranger en toutes choses ; de sorte qu'en un mot il faut empêcher qu'elle no fasse grand cas de ces vues, de ces sentimens et douleurs, ains que, sans faire beaucoup de réflexion sur tout cela , elle fasse en simplicité les choses auxquelles on l'emploie. On la pourra retirer de la cuisine , après qu'elle y aura encore servi quelque temps. 0 que cette cuisine est excellente et aimable , parce qu'elle est vile et abjecte I

On peut retirer les sœurs du chœur au rang des associées, et les associées au rang de celles du chœur, quand la raison le requiert, ainsi qu'il est dit des sœurs domestiques (4) au premier chapitre des constitutions.

Si je vais à Rome, je m'essaierai de servir madame de Sautereau en son désir.

De savoir quand es contrats il est requis que le père spirituel soit présent ou non, cela dépend de la nature des contrats ; car il y en a où cela est requis , et des autres où cela n'est pas requis, comme Tévêque en quelques contrats a besoin de la présence de son chapitre , en des autres non. C'est aux gens d'intelligence de marquer cela es occasions ; car on ne sauroit faire une règle générale.

Il y a quelquefois de l'incommodité ; mais on ne sauroit comme l'ôter, sans tomber en une plus grande. Que M. Dutine se nomme votre père spirituel, ou non, dans les contrats, cela ne fait ni froid ni chaud ; car ce nom-là se peut entendre en diverses sortes.

On peut lire le livre de laFoUmtéde

(I) Des Miun eoafwriM.

Dieu jusqnes an dernier, qui, étant intelligible , pourroit être entendu mal à propos par l'imagination des lectrices, letquelles, désirant ces unions, s'inaginaroient aisément de les avoir, ne sadnBt seulement pas <:e que c'est.

J'ai vu des femmes religieuses, non pai de la Visitation, qui, ayant lu les livres de la mère Thérèse, trouvoient pour leur compte qu'elles avoient tout autant de perfections et d'actions d'esprit comme elle, bien qu'elles en fus&nt bien éloignées, tant l'amour-propre nous trompe.

Cette parole : « Notre-Seigneur souffire en moi telle ou telle chose, » est tout à Dut extraordinaire ; et bien que notre Seigneur ait dit quelquefois qu'il souffroit en la po^ sonne des siens pour les honorer, si est-ce que nous ne devons parler si avantagel]s^ ment de nous-mêmes ; car notre Seignev ne souffre qu'en la personne de ses amis et serviteurs fidèles; et de nous vanter oo prêcher pour tels, il y a un peu de présomption ; souvent Famour-propre aise de s'en faire accroire.

Quand le médecin doit entrer dans le monastère pour quelque malade, il sùfit qu'il ait licence au commencement par écrit, et elle durera jusqu'à la fin de la maladie; le charpentier et le maçon, jusqu'à la fin de l'œuvre pour laquelle il entre.

Votre chemin est très-bon, ma trèschère fille , et n'y a rien à dire, sinon qoe vous allez trop considérant vos pas, crainte de choir. Vous faites trop de réflexion sur les saillies de votre amour-propre, qui sont sans doute fréquentes, mais qui ne seront jamais dangereuses, tandis que tranquillement, sans vous ennuyer de leur importa* nité, ni vous étonner de leur multitude, vous direz non. Marchez simplement, ne désirez pas tant le repos de l'esprit, et vous en aurez davantage.

De quoi vous mettez- vous en peine? Dieu est bon, il voit bien qui vous êtes : vos in* clinations ne vous sauroient nuire, pour mauvaises qu'elles soient, puisqu'elles ne vous sont laissées que pour exercer votre volonté supérieure à faire une union à celle de Dieu plus avantageuse. Tenez vos yeux haut élevés, ma très-chère fille, par une parfaite confiance en la bonté de Dieu. Ne vous empressez point pour lui ; car ii a dit

DE S. FRAJVÇOIS DE SkLZS.

ï MàrtlM (4) qu*il ne vouloit pas, ou du noins qu'il trouvoit meilleur qu'on n'eût

Kt d'empressement, non pas même à faire.

N'examinez pas tant votre ame de ses ^rog;rè8. Ne veuillez pas être si parfaite. Bais à la bonne foi faites votre vie dans pos exercices, et dans les actions qui vous ncnrrent de temps en temps. Ne soyez )oint soigneuse du lendemain. Quant à voire chemin, Dieu qui vous a conduite jusia*à présent, vous conduira jusqu'à la fin. Demeurez tout à fait en paix, sur la sainte )t amoureuse confiance que vous devez ivoîr en la douceur de la providence ceeate.

Priez toujours bien dévotement notre Seigneur pour moi qui ne cesse de vous Mmhaiter la suavité de son saint amour, et nicelui celle de ladilection bienheureuse an prochain , que cette souveraine majesté une tant. Je m'imagine que vous êtes là n oe bel air, où vous reganiez comme d'un MÛnt ermitage le monde qui est en bas , •t voyez le ciel , auquel vous aspirez , à découvert. Je vous assure , ma très-cbèro ille, que je suis grandement vôtre, et crois qne vous faites bien de vivre totalement dans le giron de la Providence divine, hors de laquelle tout n'est qu'affliction vame et Inutile.

Dieu soit à jamais au milieu de votre cœur. Amen.

LETTRE DCIV.

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