rBAlfÇOIS DB SALES, A MADAMS DB GRAIfTAL
Sonbails de nouvelle aooée.
Vous serez la première, ma très-chère et très-bonne mère, qui recevrez de mes écrits, cette année nouvelle. La raison certes le veut bien, qu'après avoir fait hommage au père et à la mère célestes, je le rende aussi à la seule mère que leurs majestés m'ont donnée pour cette vie. Bonne et très-sainte année à ma très^hère mère de la part de son fils , qui lui souhaite l'abondance de la grâce du père éternel, de la paix dy fils circoncis, et de la consolation da Saint-Esprit, dédiant avec ce même cœur de ma très-chère mère lemien comme le sien à la gloire de la divine bonté, et lui consacrant tous les momens de cette nouvelle année, pour faire une entière circoncision de ce même cœur, et l'appliquer à recevoir purement et parfaitement Tamour sacré que le céleste et divin nom de Jésus nous annonce écrit en son sang sur la sainte humanité du Sauveur.
Je ne me puis promettre de vous voir avant mercredi , sinon de cette vue perpétuelle de laquelle mon ame regarde et garde la vôtre chèrement dans le fond de notre cœur. Âh I mon Dieu l ma chère mère, que Je désire d'amour divin à ce cœur, que je hii souhaite de bénédictions ! Baisons mille fois les pieds de ce Sauveur , et disons-lui : Mon cœur, 6 mon Dieu, vous proteste; ma face vous désire : Ah ! Seigneur , ma lace recherche votre face (4). C'est-à-dire , ma très-chère mère, tenons nos yeux en Jésus-Christ, pour le considérer, notre
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boudie pour le louer ; et qu'enfin tout notre visage ne respire que d'agréer à celui de notre cher Jésus : Jésus pour lequel il nous faut humilier, entreprendre, travailler, souffrir et devenir , comme dit S. Paul, des brebis conduites à la boucherie (4) , quand il plairoit à sa divine majesté de nous rendre déshonorables pour son honneur et gloire.
Or sus , bonne et très-sainte année à ma très^hère mère , toute parfumée du nom de Jésus, toute (]^trempée de son sacré sang. Que nul jour de cette année , ains que nulle année ni nul jour de plusieurs années , que je supplie Dieu vouloir donner à ma très-chère mère , ne se passe quil ne soit arrosé de la vertu de ce sang , et ne reçoive la douceur du vent de ce nom qui répand le comble de toute suavité. Amen.
Ainsi puisse ce nom sacré remplir de son agréable son toute la congrégation de noB sœurs , et les gouttes de sang du petit Sauveur se convertir en un fleuve de sainteté , qui réjouisse et rende fertile tous les cœurs de cette chère troupe , et surtout celui de ma très-chère mère , que le mien aime comme soi-même ! Vive Jésus ! vivo son sang , vive Marie ! vive son flanc, duquel Jésus a pris son sang !
LETTRE DCCXI.