‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 377 sur 450 · PIANÇOIS DE SALES , A tJIOl EBLIGIBm BEaNABDlNB · texte numérisé non relu

PIANÇOIS DE SALES , A tJIOl EBLIGIBm BEaNABDlNB

Bar là fête da Mint McrviiMBt de l'aolcL

Votre coeur sera pur, ma chère petite filk, puisque votre intention est pure, et les pensées vaines qui vous surprennent, ne le sauroient souiller en sorte quelconque. Demeurez en paix , et supportez doucement vos petites misères : vous êtes à Dieu sans réserve ; il vous conduira bien : que 8*il ne vous délivre pas sitôt de vos imperfections, c'est pour vous en délivrer plus utilement , et vous exercer plus longuement en l*hQmiliié , afin que vous soyez bien enracinée en cette chère vertu.

Qui reçoit la très-sainte communion, il reçoit Jésus-Christ vivant. C'est pourquoi son corps , son ame et sa divinité sont en ce divin sacrement ; et d'autant que sa divinité est celle-là même du Père et du Sain^ Esprit qui no sont qu'un seul Dieu avec lui, qui reçoit la très-sainte Eucharistie reçoit le corps du Fils de Dieu, et par conséquent son sang et son ame, el par conséquent la très-sainte Trinité.

Mais néanmoins ce divin sacrement est principalement institué afin que nous reçussions le corps et le sang de notre Sauveur avec sa vie vivifiante , comme les ha* billemens couvrent principalement le corps de rhommo ; mais parce que l'ame est unie au corps, ils couvrent par conséquent

l*eiitend«nent, la mémoire et la

I bien simplement en cette croyance, » souvent le cœur de ce divin Sauui , pour nous témoigner son amour, ula couvrir des apparences du pain, ) demeurer très-familièrement et Jmement en nous et près de notre

ms bien en esprit les saints anges nronnent le très-saint sacrement idorer, et, en eette sainte octave, ent plus abondamment des inspiraicréessur ceux qui , avec humilité, ice et amour, s'en approchent. Ma lie , ces divins esprits vous appren- )mme vous ferez pour bien célébrer s solennels , et surtout Tamour iiiqui vous fera connoltre combien id Tamour de notre Dieu , qui pour re plus nôtre , a voulu se donner en pour la santé spirituelle de nos afin que , les nourrissant, ils fuss parfaits.

LBTTRB DCCXVm.

nUNÇOIS DE SALES, A MADAïqi PB CHANTAL.

isidériilioQf lar le saint Mcremcnt.

est vrai , ma très-chère sœur, uia li été un peu las de corps ; mai;»

et de cœur , comment le pourroisiprès avoir tenu sur ma poitrine, oignant mon cœur, un si divin épicomme j*ai fait ce matin tout au la procession? Hélas ! si j^cusse eu !ur bien creux par l'humilité, Qt aissé par abjection, j'eusse sans ttiré ce sacré gage à moi, il se fût edansmoi, car il est si amoureux ertus, qu'il s'élance à force où }\

mereau trouve un repaire^ et la ille un nid où elle met ses pous-

, dit David. Mon Dieu! que cela Irit quand on a chanté ce psaume !

isois : 0 chère reine du ciel, chaste lie, 03t-il possible que votre pousmaintenant pour son nid ma poi- Iet(e parole de l'Épouse m'a bien

r InTMlt slbl doiaain, et tortar nldui flbl, ibl

M fWM. Pt. UUXIII, T. k.

DE gALE9.;

eoeore touché : Jtfo» hiem^imé mI mli% et moi je suis t<mte sienn$(^y, iè êfmm^e H^irê m$ê mmmeèles (^), car je le tendis ' ^ ; et celles-ci de l'Époux : Mets-moi eouéiéie uneaeMiur ton eœur (3). Hélas) oui, ma fille s mais ayant ôté le cachet, je ae vois point l'impression des traita d'icelui en mon cœur. Y a-t-il une douceur compft* rablet

Quant à l'affaire, je ne sauroia que dira, sinon qu'en une heure on se peut résoudre au moins mal ; et, la résolution prise, oa se doit donner du contentement sur ee que, de quel côté que l'on retourne les affaires de ce monde, il se trouvera toiyour^ beaucoup de choses à désirer et redire ; en sorte qu^après qu'on s'est déterminé, il ne faut plus s'amuser à soupirer après les imaginations des choses meilleures, mais à bien passer les difficultés présentes, lesquelles aussi bien ne saurions-nous échapper sans en rencontrer d'autres aussi fortes, puisque tout en est plein. Bonsoir, ma trè^-chère fille, le divin Sauveur, unique amour de notre cœur, soit notre éternel repoa.

Amen.

LETTRE DCCXIX.

s. FRANÇOIS DB SALES, A UNE RBLIOIBUn.

Sur U (été de 9. 4e«n-B«pU«ie»

Or sus, ma chère fille, si vous ne pouvex bonnemcntcommunier souvent réellement, vous vous communierez tant que vous voudrez spirituellement. Hélas 1 vous me demandez une bonne pensée sur sBint Jean : cello-cim*est extrêmement douce. En plusieurs occurrences il avoit connu notre Seigneur, dès le ventre de sa mère, tressaillant d'aise de sa présence et de la voix de la mère d'icelui (I) : il témoigna bien dès lors le contentement qu'il aurait de le voir, de l'ouïr, de converser avec lui; néanmoins il fut privé de tout cel^ ; et en tout ce que l'Écriture témoigne, il ne lui parla jamais deux bonnes fois : ains sachant que ce divin Sauveur prèchoit et se commuaiquoità tout le monde en Judée, il demeura

(t) DilMtof »e«f «Ihi.ft «fo llU.CàiT..O. UJ- if.

(t) Inter obéra maa commorabilor. /6id.,o i, t. 11.

(8) Pont ma Jii altMcaltm •«^•r oor inaB. C^iif., o. Tlll. T. ••

(4) AU âd lUriaa Ellubetb ; Ecpe ot rac^ eat tox lale- UiloDta twa lo auriboa mêla, excluait In fiHlo laiuia ta «tero BMo. Loo., o. i, t. 44.

LETTRES

solitaire dans un désert tout voisin ^ sans oser le venir voir réellement, quoiqu'il le vit toujours spirituellement.

Fut-il jamais une mortification égale, d'être si proche de son unique et souverain amour, et, pour Tamour de lui, demeurer sans le voir, sans Touïr, sans^ Técouter? Hé bien 1 ma chère fille, vous en ferez de même proche du sacrement où Jésus est; ear vous ne le goûterez qu'en esprit, comme saint Jean.

Mon Dieu 1 on ne sauroit dire si ç*a été un homme céleste ou un ange terrestre. Sa casaque d*armes, faite do poil de chameau, reprcsentoit snn humilité qui le couvroit partout; sa ceinture de peau morte, mise sur son ventre et sur ses reins, signiQoit la mortific^ition avec laquelle il rétrécissoitet serroit toutes ses concupifrcences. 11 manfi;eoit des sauterelles , pour montrer que si bien il iHoit en terre, il sauloit néanmoins perpétuellement en Dieu ; le miel sauvage iuiservoitde sauce, parce que la suavité de Tamour do Dieu assaisonnoit toutes ses austérités ; mais cet amour étoit sauvage, parce qu'il ne Tavoit pas appris des maîtres, ains dos arbres et des pierres, comme dits. Bernard.

Mon Dieu ! ma fille, mangeons et du sauvage et du dunicsliqne ; amassons de ce saint amour à toutes occasions , et par l'exemple de nos sœurs, et par la considération (les autres créaluros; car tout crie aux oreilles de notre cœur : Amour, amour. 0 siiint amour, venez donc, et possédez nos cœurs très-uniquement.

Vraiment, nos bo.ines dames do la Visitation font merveille, et qui les voit en est tout consolé. Vive Jésus! Je suis en lui extrêmement vôtre, ma chère ûlle.

LETTRE DCCXX.

s. FRANÇOIS DE SALES, A UNE RELIGIEUSE.

Sur la fête de S. Jvan-BapUste.

Ma trèà-clière mère, je voudrois bien, certes, avoir quelque beau bouquet du désert de noire glorieux S. Jean, pour le présenter à votre cbere ame; mais la mienne plus strrile que le désert , n'a su en trouver nujoiini'liui, h'wn iiuen vérité elle ait eïi ce mr.tin cL ail encore présentement un certain petit in>en^ible sentiment de ne

vouloir plus vivre selon la nature, mai^ tant qu*il se pourra , selon la foi, Vet/p^ rance et la charité chrétienne, à rimitatioa de cet homme angélique, que nousvoyoas dans ce profond désert ne regarder qoe Dieu et soi-même.

0 que bienheureux est l*esprit de orioi qui ne voi| que ces deux objets, dont Vm le ravit à la dilection souveraine, et raatn le ravale à Tabjcction extrême! car qo» pouvoit dire ce grand ermite en un Ueii oi il n*y avoit que Dieu et lui, sinon : Qd étes-^ouSp Seigneur^ et gui tuiâ-jê? k prie notre Seigneur, qui est Tagnean qm notre grand S. Jean nous montra , qa fl vous revête toutes do la irès-sainle laine de ses mérites, ma très-chère mère, ma fille.

0 Dieu! quelle admirable pureté de oœurT quello indifférence à toutes clioset en cet admirable ange humain ou homme angélique, qui semble n*aimer quasi pis son maître, pour Taimer davantage et plos purement 1 Je ne sais comment il eut le courage de demeurer en son désert après qu*il eut vu son Sauveur, et qu*il Teut vq s'en aller de là. Il continue néanmoins ses prédications, et d'une sainte dureté il ne se laisse point vaincre à la tendresse et suavité de Tamour de la présence de son souverain bien ; mais avec un amour austère, constant et fort, il le sert en absence pour son amour. Dieu et le grand S. Jean vous veuillent visiter en la douceur de leurs consolations avec toutes nos filles.

(l)Quant à votre treille, je pense qu'il la faut pour le présent faire de bois, tandis que vous êtes à louage ; et qu'il y faut faire une porte, sans que toute la treille s'ouvre.

Car quant à la profession, le Pontifical revu et imprimé par ordre du pape, fait sortir les filles pour venir faire le vœu.

Et quant à parer Tautel, on verra si on pourra continuer à faire sortir ; je n'y vois nul inconvénient, mais il faut subir l'esprit des autres.

Vraiment, si l'on veut faire professe ma chère sœur Anaslasc, le jour de la Visitation, je serai bien aise d'être lofficiant. On pourra supplier un de ces seigneurs pour un autre jour, en prenant le dimanche dans l'octave.

(1) Toute cette On eit dans le manoscrlt original do ••• n»4iùre de la VUitation do la Flèche. Les «ncieDDes édltlniii ne Ja pré«f nient po« autrement , t|Ie n'a élé réuMIt qae dani le* édkUoiu moderiiM.

uffrnœ dccxxi.

s. FKAItCOIS DE SALKS, A Um BBUGIBTSE.

iMiuigci cl prtrogtliTU de3. JeiD-BipUils.

Hëlasl ma très-chère fille, que n'ai-je [[uelque digne geniiment de joie pour cet h(»nineang^lique,aucetange humain, duquel nous célébrons la aaissaocel Mon Dieu ! que j'aurois de suavité de m'en entretenir moi-même I Mais je vous assure qm la grandeur de mon intérieure pensée m'empêche de me donner cette satisfaction i moi-même.

Je le trouve plus que vierge , parce qu'il est vierge même des yeux , qu'il a plantés wr les objets insensibles du désert , et ne Hit point par les sens qu'il y a deux sexes; plus que confesseur, car il a confessé le Sauveur avant que le Sauveur se aoit con- GDaaé lui-même ; plus que prédicateur, car il ne prêche pas souvent de la langue , mais de la main et du doigt, qui est lo comble de la perfection ; plus que docteur, car il prêche sans avoir ouï la source de la doctrine ; plus que martyr, car les autres martyrs meurent pour celui qui est mortpoureuz, mais lui meurt pourcelui qui est encore on vie , et contre-change , ReloD sa petitesse, la mort de son Sauveur avant qu'il la lui ait donnée ; plus qu'évangéliste, car il prêche t'Ëvangile avant qu'il lit été fait ; plus qu'apétre , car il précède celui que les apÂlres suivent; plus que prophète , car L montre celui que les prophètes prédisent; plus que patriarche, car il voïtcelui qu'ils ontcru ; et plus qu'ange, ttplus qu'homme , car les anges ne sont qu'esprit sans corps , et les hommes ont Irop de corps et trop peu d'esprit : celuici a un corps, et n'est qu'esprit.

J'ai UD goût extrême à le regarder dans X sombre mais bienheureux déi-ert qu'il jiarfume de toutes parts de dévotion , et laos lequel il répand jour et nuit dm soliloques et devis extatiques devant lo grand abjetdesoncŒur; cœur qui, se voyant seul  seul , jouit de la présence de son amour, trouve en la soliiudd la multitude des douceurs éternelles , là où il £uc« le miel céleste, qu'il ira après bientétdisiribuer dans tes âmes des Israélites auprès du Jourdain.

ItoQ Dieu I ma chère fille , que voila un

admirable saint I U natt d'une stérile , il vit dans les déserts , il prêche au coeur aride et pierreux , il meurt parmi les martyrs; et parmi toutes ces épretés, il a son cœur tout plein de grâces et bénédictions! ' Hais ceci est encore admirable , que notre Sauveur ayant dit qa'ntre tout ceux qui étaient ni* de femme , tml n'était pfw graniqut Jean {,\),\\a\o\i\x: Foire, mail celui qui ett le moindre aa royaume det deux , c'est-à-dire en l'Église , est plus grand qu« lui (2).0 ma chère fille 1 il est vrai ; car le moindre chrétien communiant est plus grand que saint Jean : et que veut dire que nous sommes ei petits en sainteté?

Bonsoir, ma chère Qlle, et toute la cbëre troupe do nos filles. Le bon S. Jean lea veuille bénir avec leur chère mère.

LETTRE DCCXXn.

s. FKARÇOIS m SALEa , A CHB lEUOlBUW.

Snr \t téM di S. JeaD-Bipliil«.

Ne faut-il pas, ma chère sœur, que , ne pouvant vous voir, je vous aille au moins donner la bonne fêle en espriiY 0 Dieu , que voici un grand saint qui sa présente aux yeux de notre ame I quand je le considère dans ces déserta , je ne sais si c'est un ange qui fait semblant d'être homme , ou un homme qui prétend de devenir ange. Quelles contemplations! quelles élévations d'esprit fait-il là-dedans !

Sa viande est admirable ; car le mioi représente la suavité de la vie contemplative, toute ramassée eur les fleurs des mystères sacrés. Les locustes représentent la vie active : car la locuste ne chemine jamais sur terre, ni ne vole jamais enl'air; mais , par un mystérieux mélange , tantêt on la voit sautante , et tantôt touchant la terre pour reprendre son air ; car ceux qui font la vie active sautent et touchent terre alternativement : elle vit de la rosée, et n'a point d'exercice que do chanter. Ma chère fille , bien que , selon notre condition mor- .teile , il nous faut toucher la terre pour donner ordre aux nécessités de cette vie , si est-ce que notre CŒur ne doit savo-Jrer

LETTRES

^ la rosée du bon plaisir de Dieu en but eela , et doit tout rapporter à ia louange de Dieu.

Mais que cetange terrestre est habillé de poil de chameau, que aignifie-t-il? Le chameau bossu i et proprement fait à perler des fardeaux , représente le pécheur. Hélas ! pour gens de bien que soient les chrétiens, ils «loi vent néanmoins se ressouvenir qu*i]s sent environnés du péché; et, si ie péché ne ies touche pas , au moins y a-4-ii toujours du poil des cogitations, des tentations, et des dangers. Ah ! que c'est un habit propre à conserva la aainieté , que la robe de l'humilité 1

Eh ! voyeE, je yous prie ^ ce saint jeune homme enfoncé dans la solitude ; il y est par obéissance, attendant qu'on l'appelle poar venir nu peuple. Il se tient éloigné du Sauveur, qu'il connoissoit et baîsoit par affection dès le ventre de sa mère , aûn de ne point s'éloigner de l'obéissance, sachant bien que , de trouver le Sauveur hors de l'ebéiBBancei, c'est le perdre tout à fait.

Au demeurant , il naît d*une vieille sté rile, pour nous apprendre que les sécheresses etsténtkésfiè'laiBseat pas de produire en nous la sainte firaoe^ car ^ean veut dire grâce.

Mais sartou t, ma chèreillle., voyez que (1 ) tout aussitôt que son père Zachafrie eut écrit le nom de ce glorieux -enfant sur ses tablettes , il 'commence à f>rophétiser et chanter le beau cantique Benedictus Dominus Deus Israël. Certes ce nom bien gravé dans nos cowirs , je veux dire l'honneur et l'inïitdtion de ce^int , nous fera prophétiser et bénir Dieu abondamment.

J'aime ce beau rosskfrtol'du bois , qui , étant tout voix et (oot'Chafnt , sortant sur les avenues de la iludéè , ^anfidnco le premier la venue du solott. Je le prie (|u'ii vous donne de son miel , de ses locustes , et qu'il vous communique son manteau.

LETTRE DCCXXIIL

s. PR^NÇOrS'DB SALES, A tNE REUGIEUSE. Sur la fêle de S. Jean-Bapliste.

Voyoz-vous une rose , ma trôs-chère

(1) PosiuUns pofflllarem «orlpiilt. dirent . Joanncs fst noincti «Jus. Et rnlratl tuot anrvfntl. Apertum est niituin llliro m ejns et lin^nii ejas, et Inqaeb.itor beiiedii-ciis

Pciim et repletus eat Spirttu S«iicto. et prupbcUi^it

die«iit : Benedletu IkoBloM D«« lir««l. Loa.. ci, t. es

fi)Të? fillè replante le glorieux St. Jean , duquel la vermeille charité tel plus éclatante que la rose , à laquelle encore il res* soMMe paiT.is q^^ comme elle , fl a vécu parmi les épines de beaucoup de mortifications.

Hais pensez comme ce. grand homme avoit gravé au milieu de son oœur la aaiote Vierge et son enfant , depuis le jour de II Visitation, auquel il ressentit, le premier dos mortels, combien la mère do œtenfaat etlenfant de cette mèreétoientaimaUes.

Hors de cette mère etdeoet enftmt, rien ne doit occuper le coeur de ma fifie et de son père. Qu'à jamais ce gloricwx et^nn Jésus vive et règne en nos esprits , entre les bras de sa sainte mère ., oonma ei son trône Aoirissant.

Et voilà donc , ma très - dière fille , «a

bouquet spirituel oà vous voyez deux lis

, dans une rose, l'un qui est né dans rauitre,

{ vi qui tous deux bénissent , de i>edenrde

j leur suavité et de la perfection de Inr

beauté, la rose des cœurs , qui , par me

parfaite mortification pcngnante, vnient

j nus, dépouillés, et quittes de tcnrte aoire

' chose pour eux. £h 1 qui noos fera la jtnce

que nous savourions bien le mîdqneoeîte

mère abeille fait uu milieu de cotte fHcr

aimable? Bonsofr niu irès-<;hère oière^le

, bonsoir à toutes nos sœurs.

! LETTOE DCCXXIV.

s. FRANÇOIS DE SALES , A tJNE RELIGIECSE.

Bar la fête de S. Pierre.

Notre grand S. Pierre, réveilli^ de son sommeil par Pu nî:îo (1), vous donne h^houjour, ma trè?^licremère. C(>ml)îonde(lonceur en l'hisloire de ce ire délivrance! car son amoeïit tellement snisio , (firil ne siiit s'il songe ou s'il ne sonp;e pas. Que puisse no'.re ana:o toucher cejourd'hui notre flanc, nous donner le réveil do Tatlention amou r«'iiso à Di(^u , nous délivrer do tous lei liens de Tamour-proprc, et nou^ consiicrei à jamais à ce c^Meste amour, afin que nois puissionsdiro: Maintenant je saut, certes^

(i) Anftrliis Domini permMnqne tuterc Peirl. n-

! cllA\il cwm et n<>«cioli.il ( rclrox) guin Trnini H

. qiiod (K^b.it pcr Aripcinm ; eiistimibit aiilem se tI^dii

Tiili're rotriM înl ^e r»ror«u« dixlt : Niinc ^'in ifrt

I qui/i iiiiiiit Dumiiius Aiifselnm suum , et enpuit me di

manu llcrodis, etdn omni expectatlone pleb<« JadsoreS-

AoT. xxii.

tIG S. TËJMSaiB DE SALES.

HT

t'aimet-tuli)^ Don point qu'il nais pour le grand pUiiùrqu'il 1 souvent ouïr dire et redire et e noua l'aimons, mère, aimons-DOUspaslcdoux h ! il Bsit bien quo, si nous ne )ur le moins désiroos-nous de

si noua l'aimons, paissons ses ;neaux ; c'est là la marque de e. Hais de quoi biut il rapallre >rebiettes? De l'amour même :

ne vivent pas on elles vivent tre leur mort et l'amour il n'y otre-deus: tl fant moarir ou qui n'aime, dit S. Jean, il dfi mort (î).

I-V0U8 une jolie pensée? Notre I dire à son cher S. Pierre ; loi» Jeune, tu mtttoit taeein- •ûo^tuvoulois; mail quant il, tu étendrai tei maim, et

ceindra, et ti minora oA (ii

s apprentis en l'emour de IHeu

eux-mêmes, et prennent les 19 que ben leur semble; ils leur pénitence, résignation et font leur propre volonté parmi u : mais les vieux maîtres au aiasent lier et ceindre par aunettant an joug qu'on leur fnt- «r les chemius qu'ils ne vou-

selon leur inclination. Il est îndent la main ; car malgré la B leurs inclinations, ils aelaisler volontiiiremeot contre leur lisent qu'il vaut mieux obéir t offraniei (i] : et voilà comme Dieu, cruri fiant non-seulement nai£ leur esprit.

Yninent, hier, tandît qm l'on dMnloil llBritaloin, et qu'on disait : Fit» tt rôt deiapâtreti venez et ador»%-li(t),i'eim un si doux et amiabla Kotiment qua rien de plua, etiogdaio Je déeirob qu'il l'^n* cbét sur tout notre CŒur. 0 Diso, aolN Sauveur nouseoitâjunais toutes ehoanl Tenez le OBur en haut dans le aeia de la divine bonté et providence; oar «'est la lieu de aon repos, c'est lui qui m'a rends tout vâtrc et vous toute mienne, afin qoê nous fussions plus pureoMnl, parfailaotant et uniquement siens. Ainsi soit-î).

usrntE Docxxv.

Bdta tmuUiwUioa» iir t< mjiUtê d« U TWI^ Hm de Hatr»-Dima. OrcantUneei qsl piéel* dml cl (Geempigiient wn t«][«|c et Mn •é]<iu *uZtDkari*MBUubMb. UlltilaM«tarH<-

Bfaie que ]ê suis aise, ma Ëhftrefllle, qna ces deux filles de notre cœur ne puissent pas jcOner demain (?), et qu'en échanga elles aient des petites morliflcatlont inro loTitarres;earj'aîme singulièrement le mal que la seule élection du Père céleste nous donne tca prix de celui que nouschoi^ssonsl HniB^voDS, qui êtes robuste (3), Jeûnerez donc en pain et eau; cela s'entend, ma chère fille (car vous ne l'entendez pas, sf je ne vous le dis), cela s'entend Tannée qui vient, si l'heure écbeoi t ; car pour celleci, vraiment il fout être Juif aux Juifs, et Gentil anx Gentils, manger avec les mangeants, rire avec les riants H), dille grand apAtre de cejourd*hui (B).

Or paissez donc vos petites brebis, ma chère fille , mais demain vous verrez la pauvre petite Jeune dame enceinte du Fils de Dieu, qui vient doucement occuper l'es» prit de son d>er et saint mari , pour avoir le congé de faire la sainte visite de sa vieille cousine Elisabeth. Yous verrez comme elle dit adieu à ses ch6res voisines pour trois mois, qu'elle pense être aux champs et is montagnes ; car ce mot est bon. Je pense que toutes la laissent avec tendreté; car

élla 4loit si aimablA et amiable, qn'on ne pouTOit être avec elle sans amour ni la lai»aer sans douleur.

Ella entreprend son voyage avec un peu d'empressement; car l'Évangile le dit, que ee fut hdtivemenl. Ahl les prémiceades ntouvemena do celui qu'elle a an ses entrailles ne se peuvent faire qu'avec de la ferveur. 0 saint empressement, qui ne trouble point et qui nous hâte sans nous précipiter I

Les anges se disposent à l'accompagner, et S- Joseph à la conduire cordialement. le voudroÎB bien savoir quelque chose des Kitretiens de cee deux grandes âmes, car TOUS prendriez bien pl^sir que je le vous dise : mais je pense que la Vierge ne s'entretient que de ce quoi elle est pleine , et qu'elle ne respire que le Sauveur. S. Joseph réciproquement n'aspire qu'au Sau Teur, qui, par des rayons secrets, lui toi^ die le CŒur de mille extraordinaires sentiineDs; et, comme les vins enfermés dans les caves ressentent, sans les sentir, l'odeur des vignes florissantes, ainsi la cœur de ce saint patriarche ressent, sans les sentir, l'odeur, la vigueur et la force du petit flnfantqui Qeurit en sa belle vigne.

0 Dieul quel beau pèierînagel Le Sauveur leur sert de bourdon, de viande et de petite bouteille à vin ; à vin, dis-je , qui réjouit les anges et les hommes, et qui enivre le père d'un amour démesuré. Je vous laisse à penser, ma fille , quelle bonne odeur répandit en la maison de Zacharie cette belle Qeur de lis. Pendant trois mois qu'elle y fut, comme chacun en étoit embaumé! et comme avec peu mais detrèsexrcl'enles paroles, elle versoit de ses sacrées lèvres le miel et le baume prédeui 1 car que |)Otirroit-elle épancher que ce de quoi eUe éloit pleine ? or elle étoit pleine de Jésus. Mon Dieu! ma fille, je m'admire, tant que je sui^ encore si plein de moimême après avoir si souvent communié.

Eli 1 cher Jésus, soyez l'enfanlde nos entrailles, afin que nous ne respirions ni res- ;Bcnlions partout que vous. Hélas 1 vous êtes si souvent en moi, pourquoi suis-je si peu souvent en vous? vous entrez en moi, pourquoi suis-je tant hors do vous? vous êtes dans mes entrailles, pourquoi ne suisje dans les vôtres , pour y touiller et recueillir te grand amour qui enivre les

cœurs? Ma fille, Je sois toat pamd celle chère Visitation , en laquelle notre Seigneur, comme an vin tout nouveau, fait bouillonner de toute part cette aifectioB dedans le ventre de sa sacié*

LETTRE DCCXXVL

B. nUHÇOIS DB SALES, A VXE eupiaOCCU DBLAVISITATIOI*.

CoDiidèrttloni fur la trtpn de la wlnl* TIarir.

Ma très-chère mère, je considérais su soir, selon la foiblesse do mes yeus, celte reine mourante d'un dernier accès d'une

fièvre plus suave que toute santé, qui est la fièvre d'amour, laquelle desséchant son cœur, enfin l'onÔammc, l'embrase et le consume; de sorte qu'il exhale son saint esprit , lequel s'en va droit entre le^ maini de son fils. Ah! veuille cette sainte Viei^ nous faire vivre par ses prières en ce saint amour I Qu'il soit à jamais le très-unique objctdenotrecœur.Que puisse notre upilé rendre à jamais gloire à l'amour de Dieu, qui porte le sacré nom d'unissant !

Je n'ai pas une si heureuse naissance, matrca-chère mère, que d'avoir paru en ce monde au jour auquel la très-sainte Vierge notre reine parut au ciel.

ainsi que nous dirons dimanche, jour auquel je naquis avec cotte gloire, que c'a été entre les octaves do cette grande Assomption (î). Ahl Dieu, ma très-chère mère, que je veux approfondir creusement notre cœur devant cette dame élevée , afia qu'il lui plaise le remplir de celte surabondaute rosée d'Hcrmon, qui distille de toutes parts de sa sainte plénitude de gracti. 0ht quelle perfec lion toute souveraioe de cette colombe, au prix do laquelle nuuj sommes des corbeaux) Hclasl pjrmiledi^ luge do nos misères, j'ui souhaité qu'élis trouvât lo rameau de l'olive dusainl jimou de la pureté . de la douceur, de l'oraisoa pour le rapporter en signe de paix à son cher colombcau, à son Noé. ViveJL-suà, vive Marie , le support de ma vie ! Ainon.

hR s. FRANÇOIS DE SALES.

UriTRB DCGXXVn.

àNÇOIS DE SALBS , A UNE RELIGIEUSE BERNABDINB , SA GOUSINE.

\ fêtes delà Toasuint et de la Commémoration de§ mort».

lUt souffrir celte incommodité de l*ade nos parens , qui ne pensent pas ' ait de la comparaison entre la salis- 1 d*étre chez eux , et celle que Ton au train du service de Dieu. Soyez ma chère cousine , ma fille , en la somenlalo , puisque vous ne pouvez n la solitude réelle. Tout est doux )ux« et tout est saint aux saints (4 ). lavez de quelle sorte il faut résister )s ces petites attaques d'impatience, n, et autres.

issez Dieu, ma chère fille, de ces pesais qui vous arrivent pour témoi- 'Olre fidélité. Oyez la messe dans :xBur quand vous ne pourrez Touïr 3, et adorez le saint Sacrement, nt aux bonnes fêtes qui approchent, 'avez rien à faire de plus après vos qu*à tenir votre esprit en la céleste em , parmi ces rues glorieuses où errez de toutes parts retentir les 3S de Dieu : voyez cette variété de et vous enquérez d'eux comme ils irvenus là ; et vous apprendrez que très y sont allés principalement par *, les martyrs par la constance , les *s par la méditation, les confesseurs nortification, les vierges par la pucœur, et tous généralement par ité. Vous irez le jour des morts dans atoire , et verrez ces âmes pleines ance , qui vous exhorteront de proplus que vous pourrez, en la piété, à votre départ vous soyez moins e d'aller au ciel. Bonsoir, ma chère

LEWRE DCCXXVm.

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