LETTRE DCCXXIX
s. nUNÇOlS DE SALES , A UNE DAME.
(Tirée 4« BODUlèro do ta VtolUUoa 4» la villa 4o
SauDor. )
Sur la fête de la Peniecôe.
Ma très-chère fille, n'en doutez point , je vous aime plus que jamais , parce que je vous vois en état d'entrer dans cotte voie d'une véritable dévotion qui commence à détacher son cœur de toutes les choses du monde , afin d'être tout à Dieu , et qu'il puisse absolument disposer de vous pour n'aimer que ce que Dieu aime , pour faire sa volonté et suivre ses conseils , pour fyir avec un pia extrême tout oe qui te ptut
LETTRES
offenserp mortiBer ses passions « et régler sa vie sur les maximes de Jésus-Christ, être humble et patiente.
Car le grand secret pour entretenir une bonne dévotion , c*est d'avoir beaucoup d'humilité : soyez humble , et Dieu sera pour vous, et appuiera votre bonne volonté, vous donnant à lui sans déguisement et sans réserve , lui disant du fond de votre cceur, que si jusqu'à présent vous ne l'avez pas assez bien servi , qu'il ait la bonté de vous pardonner et fortifier dans la résolution que vous avez prise de vous détacher de toutes les afiEKtioos du noode, et de ne vous attacher à rien , sinon à l'amour de Dieu, et de tout votre oûsur à le servir fidèlement.
Je veux bien encore, ma chère fille, vous faire quelque part de ce que je viens d'écrire à la grande mère Agnès aux Carméliles, sur les dispositions pour bien recevoir le Saint-Esprit, à cette gmde lètede la Pentecùie; cet amour incréé, qui sans égard è ses propres avantages , s'emploie partout à chercher notre bien , aous cachant souvent les pUis bdies flammes où nous le pensions moins à ce saint artifice , pour nous engager à l'aimer de toute notre puissance , et parce que cet amour est un don gratuit de son amour. Aussi devonsnous le chercher de toutes nos forces. Nous ne devons pas nous troubler pour nos offenses, car souvent ce divin esprit est plus libéral de ses dons à ceux qui lui ont été plus avares de leur cœur et de leurs affections.
Mais, ma très-chère fille, il faut que nous témoignionsà Jésus-Christ toute notre confumcL' avec les saints apôtres et disciples sur lesquels il ne voulut pas envoyer le Saint-E^prit qu'après être monté au ciel , et "Si vous me demandez po«rqtîoi c«la , il faut avant savoir que le Saint-Esprit est le vin du ciel , chez S.Bernard qui disoit qu'au ciel il y avait surabondance de ce vin , je veux dire l'allrgresse du Saint- Esprit et le joie béatifique : mais ils n*avoiont ce (vain sacre de l'humanité de Jésus-Christ. La terre au contraire avoit ce pain sacré dont elle faisoit ses délices et sa joie , elle n 'avoit pas ce vin si suave et si brillant du S;iint-Ksprit, qui devoit enivrer nos âmes et les coukblcr de joie.
fit voici cette admirable induction de
Jésus-ChrisI» tesHmlraBl à sas apAtrei qu'il n'étoit pas juste de garder lliumanité de lés«»-Ghriet, et de prendre encore ee vin admirabledadel. U faut done, leur dit J6* sus-Christ , qu'il y ait entre vous unsaînl commerce (1) entre vous et les anges, vous aurez infailliblement du ciel ce vin si pui^ sanl du Saint-Esprit, en lui faisant part de votre pain secré qui est encore sur la terre et comme entre vos mains , c'est-à-dire lliumanité de Jésus-Christ. Je croîs , ma clière fille , que c*est assez pour bien ou vrir votre cœur à la réception du Saint- Esprit et de ces langues de feu et de flammes adorables. Âdicu , je suis tout vôtre.
LETTBEDCCXXX.