‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 380 sur 450 · FRANÇOIS ns SALES, A UminAMI · texte numérisé non relu

FRANÇOIS ns SALES, A UminAMI

Il loi donne det remèdes contre rimpalicnoe d oecnrreoces du ménage.

lia tre»diere fille , oe sera toujour»

quand je pourrai que vous aurez de mes lettres : mais maintenant c'est de meilleur CQOurque je vous écris, parce que M. Jjoy* ron , présent porteur, est mon plus proehi

i vai:>in de œtte ville, mon grand ami et mon allié , par le retour duquel vous ae pourrez écrire en toute assurance ; et m l'image de la niere Thérèse esloit faite , il

; la prondroit, payeroit et apporteroit, aia&i

: que je l'en ay prié.

I Mais , ma fille, il m*est advis que je œ vous dis pas bien , par ma dernière lettre, ce que je desirerois touchant vos menues, mais fréquentes impatiences es occurrences de vostre ménage. Je vous dis donc qu'il faut que vous ayez une spéciale altentioo, et vous y tenir douce , et qu*estant levée le maiÏD , sortant de l'oraison , revenant de U messe , ou communion , et toujours , quand vous rentrerez en œs affaires domestiques, il vous faut estre attentive à commencer doucement, et coup sur coup regarder vostre cœur, voir s'il est doux : et s'il ne l'est pas , radoucir avant toutes choses : que s'il Test , il en faut louer Dieu , et l'employer aux affaires qui se présentent , avec un soin spécial de ne point le laisser dissiper.

Voyez- vous , ma fille , ceux qui mangent

(1) ( Dizlt Jetot apostolU) t Ezpedit robls gt «§• a** dim : al enim non tbiero, Pararletaf 100 T«ntet td roa at antaai ablaro. mlttaia Mm ed Toa. J«Mw «. «m, r. %

DE 5. FRilNÇOIS DE SALES.

ttravent du miel , trouvent les choses aigres |4ti8 aigres , et les amcres plus amercs , et se dégoûtent aysement des viandes après ; ?ostre ame s'entretenanl souvent aux exercices spirituels qui sont doux et agréables à Tesprit , quand elle revient aux exercices corporels , extérieurs et matériels , elle les treuve bien aspres et fascheux ; c'est pourqaoy aysement elle sMmpaticnte; et partant , ma chère fille , il faut qu*en ces osercioes vous considériez la volonté de Dieu , qui y est, et non pas la chose mesme qui se fait.

Invoquez souvent Tunique et belle colombe de Tepoux céleste , afîn qu'elle impetre pour vous un vrai cœur de colombe, et que vous soyez colombe non-seulement volant par Toraison ; mais encore dedans votre nid , et avec tous ceux qui sont autour de vous. Dieu soit à Jamais au milieu de vostre cœur, ma bonne , ma chère fille, et vtyusf^efide un mesme esprit avec luy.

Je salue par vostre entremise la bonne mère, et toutes les sœurs carmélites, implm'ant Tayde de leur oraison. Si je sçavois que mademoiselle nostre chère sœur Jacob fust là , je la saluerois aussi, et sa petite Françou ; comme je fais vostre Magdeleine, qui eat encore mienne. Vive Jésus.

LETTRE DCCXXXL

s. rmANÇOis de sales, a une demoiselle.

Il Peiborte de tenir toujourt ses aflecUons rangées sens celles de Dieu.

Mademoiselle, pleut à Dieu que j'eusse autant de liberté que ce porteur en a , pour aller où je voudrois : vous me verriez au moins toutes les années une bonne fois auprès de vous , avec le contentement que les plus tendres enfans ont d'estre en la présence de leur bonne mere ; car vostre bienreîllance et mon affection me rendent cela en Tostre endroit.

Hais puisque Dieu m'a voulu entraver comme les mauvais chevaux ^ afin que je demeurasse en ce champ , c'est bien la raison que je m*y accommoîdc et que sa divine volonté soit faite : encore voudrois-jo bien la mienne plus souple à m'humilier sous cette souveraine providence, a&n de nonseulemeni incliner mes affections au vouloir de non Dieu; miûs aussi d'ay mer ten-

drement et affectueusement son sacré vouloir.

Continuez, mademoisene, ma chère et bonne mere, continuez è servir cette suprême bonté en sincérité et douceur d*esprit , puisqu'avec tant d*amour et suavité elle vous y a invitée , et des! bonna heure.

Tenez bien rangées vos affèctiotis sous celle de ce grand Sauveir, ei vousgardet d'en nourrir aucune , sous quelque prétexie que ce soit , qui ne soit battue au sceau dtt roi céleste. N'aymez point, s*fl se peut, ta volonté de Dieu , parce qu'elle est selon !a vostre; mais aymez la vostre, quand et parce qu'elle sera selon celle de Dieu, le suis bien éloigné de cette pureté t pour y parvenir, seoourez-mei en ce éessem , je vous supplie, par vos prières et oraisons; ainsi que de moneosté je ne présente jamais le tres-saint sacrifîce au Père éternel que je ne luy demande peur vous abondance de son saint et sacré amour, et ses plus désirables bénédictions, et pour vostre famille.

LETTRE DGCXXXIL

madame de CHANTAL, a monsieur CHARLES- AUGUSTE DE SALES, KVÊQUE ET PRINCE DE GENÈV8, TROISIÈME SUCCESSEUR DU SAINT.

(Tirée dm ■owslèie de U VMttlioa «■ la rlllt de Caen.)

Efle remercie M. Charles-Aoguste de dalet de Tessistance qu'ils donnée A une supérieure durant une neltdie, et de son afleciion pour son ordre.

Mon très-honoré seigneur, vous ne riez croire combien la douceur de votre lettre est entrée bien avant dans mon cœur. Je Tai reçue avec le respect que je vous dois, et avec une consolation sensible de voir la tendre affection que votre cœurputarnela pour ces chères âmes que la divine ^rovi» dcncc a données à votre piété et confiées à votre soin. Je supplie cette infmie bonté 4ie leur continuer longues années ce bonheur, pour la conservation de votre vie , mon-oher seigneur, et à vous si douce joie et consolation que vous prenez en leur dévotion, eC en rameur et obéissance filiale qu'elles vous doivent , et désirent de toute leur affsction vous rendre, y étant très-étroitement obligées» en particulier par ra8aii(afiec4ihari-

LETTRES

table qae vous avez rendue à notre chère sœur la supérieure pendant sa maladie , de laquelle elle ne peut assez se louer, ainsi qu'elle me le témoigne par sa lettre , dont je vous rends mille très-humbles actions de grâces , mon très-cher seigneur. Vous imitez bien en toute façon la douceur et débonnaire charité de celui (4) que vous honorez avec un amour et respect tout filial. Je le supplie de vous obtenir de la divine miséricorde une abondance de grâces et de bénédictions célestes ; et vous , mon cher seigneur, je vous conjure de me donner quelquefois part en vos saints sacrifices et en vos prières , puisque je suis avec une afifectioa pleine de vénération et de dilection , monseigneur, votre très-humble , etc.

LETTRES

DE

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