LETTRE LV
S. FRANÇOIS DE SALES, A UADAMB DE ClIANTAL (4).
Devoirs des Teuvps relativement à leur salut; moyens de parvenir à ce but
AoMCf , le Joor de la #aJa(o cruii, S nal ifO*.
Madame ,
C'est toujours pour vous assurer davantage qucj'observerai soigneusement la promesse que je vous ai faite de vous écrire le plussouvent que je pourrai. Plus je me suis éloigné de vous selon l'eiléricur , plus me gens-je joint et lié selon l'inlérieur , et no cesserai jamais de prier notre bon Dieu qu'il lui plaise de parfaire en vous.son saint ouvrage, c'est-à-dire le bon désir et dessein de parvenir à la perfection de la vie chrétienne ; désir lequel vous devez chérir et nourrir tendrement en votre cœur , comme une besogne du Saint-Esprit , et une étincelle de son feu divin. J'ai vu un arbre planté par le bienheureux S. Dominique à Rome ; chacun le va voir et chérit pour l'amour du planteur : c'est pourquoi ayant vu en vous l'arbre du désir de sainteté, que notre Seigneur a planté en votre ame , je le chéris tendrement, et prends plaisir à le considérer plus maintenant qu'en présence; et je vous exhorte d*en faire de même , et de dire avec moi : Dieu vous croisse , ô bel arbre planté 1 divine semence céleste, Dieu vous veuille faire produire votre fruit à maturité ; et lorsque vous l'aurez produit, Dieu vous veuille garder du vent qui fait tomber les fruits en terre , où les bêtes vilaines les vont manger. Madame , ce désir doit être en vous comme les orangers de la côte maritime de Gènes, qui sont presque toute
(f ) 0«tle lettre est It pranlère de celles que S.'FrançoU écrifit à madame de Cbaotal . doD( U «voit UU çoMaolassAce k ugoa, oô 11 avolt prftché la dernier carême.
l'année chargés de fruits , de fleurs et feuilles tout ensemble ; car votre désir é toujours fructifier par les occasions qui présentent d'en effectuer quelque par tous les jours , et néanmoins il ne doit J mais cesser de souhaiter des objets et s jets de passer plus avant : et ces souha sont des fleurs de Tarbre de votre dessei les feuilles seront les fréquentes connoi sanccs de votre imbécillité , qui conser et les bonnes œuvres et les bons désir c'est là Tune des colonnes de votre tabc nacle ; l'autre est l'amour de votre viduil amour saint et désirable, pour autant raisons qu'il y a d'étoiles au ciel , et sa lequel la viduilé est méprisable et faus! 6. Paul nous commande d'Aonorer lesve veê qui 9ont vraiment veuvet (\). mi celles qui n'aiment pas leur viduité ne se veuves qu'en apparence ; leur cœur est m rié. Ce ne sont pas celles desquelles il i dit : Bénissant je bénirai la veuve (2) ; ailleurs, que Dieu est le juge prolecte et défenseur des veuves (3). Loué soit Die qui vous a donné ce cher saint amour : fs les-le croître tous les jours de plus en plu et la consolation vous en accroîtra tout même , puisque tout l'édifice de votre bo heur est appuyé sur ces deux colonm Regardez, au moins une fois le mois, Tune ou l'autre n'est point ébranlée , p quelque méditation et considération p reille à celle de laquelle je vous envoie u copie , et que j'ai communiquée avec qu< que fruitàd'autres âmes que j'ai en char^ Ne vous liez pas toutefois à cette même no ditâtion ; car je ne vous l'envoie pas po cet effet, mais seulement pour vous fai voir à quoi doit tendre l'examen etépreu de soi-même que vous devez faire tousl mois , afin que vous sachiez vous en prév
loirplusaisément. Quesivousaimiezmie répéter cette même méditation, elle ne vo sera pas inutile : mais je dis , si vous l'aim mieux ; car en tout et partout je désire q vous ayez une sainte liberté d'esprit to chant les moyens de vous perfectionne pourvu que les deux colonnes en soie conservées et affermies , il n'imiwrte p beaucoup comment. Gardez-vous des scr
(f) VldMi bnnora . qua Yeri ridu« innt I.Tim. o. t.
(t) Viduam «Jus tienedueiisbenPdUaiu. Ps. Xv:xiii. t.
(S) TnrbabOBiur a facie ejua . patris orphaaomm , «C dieia fidiiarom. Pi. uvii, ?.«. Pui^llun al fMaaiaa cipiet. Pf. ouuu, T. 13.
piller I ci Yous reposez entièremçnt sur ce que je vous ai dit de bouche ; car je Tai dit en notre Seigneur. Tenez-vous fort en . la présence de Dieu , par les moyens que Tousavez. Gardez-vous des empressements et inquiétudes ; car il n*y a rien qui nous empêche plus de cheminer en la perfection. Jetez doucement votre cœur es plaies de notre Seigneur , et non pas à force de bras. Ayez une extrême confiance en sa miséricorde et bonté , et qu*il ne vous abandonnera point; mais no laissez pas pour cela <le vous bien prendre à sa sainte croix. Après Tamour de notre Seigneur , je vous recommande celui de son épouse l'Église , de cette chère et douce colombe , laquelle seule peut pondre et faire éclore les colom- Leaux et colombclles à Tépoux. Louez Dieu cent fois lô jour d*ôtre fille de PÉgliso , à Texcmple de la mère Thérèse (4) , qui répétoit souvent ce molà Theure de sa mort avec consolation. Jetez vos yeux sur Tépoux et répouse , et dites à Tépoux : O que vous (tes époux d'une belle épouse ! et à Tépousc : Hé ! que vous êtes épouse d*un Utin époux ! Ayez grande compassion à tous les pasteurs et prédicateurs de TÉglise, et voyez comme ils sont épars sur toute la foce de la terre; car il u*y a province au monde où il n'y en ail plusieurs. Priez Dieu pour eux, afin qu'en se sauvant ils procurent fructueusement le salut dosâmes ; et en cet endroit je vous supplie de ne jamais tn'oublicr, puisque Dieu me donne tant de volonté de ne jamais vous oublier aussi. Je vous envoie un écrit louchant la perfection de la vie de tous les chrétiens. Je fai dressé, non pour vous, mais pour phisieurs autres : néanmoins vous verrez en quoi vous pourrez le faire prévaloir pour vous. Écrivez-moi , je vous prie , le
Cus souvent que vous pourrez , avec toute confiance que vous saurez ; car Texti ôme désir que J*ai de votre bien et avancement nedonneraderaffection , si je sais souvent & quoi vous en êtes. Recommandez-moi à notre Seigneur , car j'en ai plus de besoin que nul homme du monde. Je le supplie de vous donner abondamment son saint amour , et à tout ce qui vous appartient. Je suis sans fin et vous supplie de me tenir pour votre serviteur tout assuré et dédié en Jésus-Christ.
(^ SBteto Tbéfèie
LETTRE LVL
rRANÇOn DB SALES, A CIIANTAL.
MADAMB DB
(Tirée des reliques de i'arcberûqae de Paris.) |
Jaiqu'où l'on doit porter la soumission .ei I0
rMp«cl qu« Tou doit i son direcleur.
14 Jnln I6H I
Madame , ce m*a esté une très-grande consolation d'avoir eu la lettre que vous m'escri vîtes le 30 de may. Toutes ses parties sont aggréables : la souvenance que vous avez de moy en vos prières , car cela tesmoigne vostre charité ; la mémoire que vous avez des sermons que j'ay faits ce caresme ; car encore que de mon coslé il n'y aye eu autre chose qu'imp rfection, si est-ce que c'a toujours esté parole de Dieu , de laquelle le souvenir ne peut que vous eslre fort utile ; le désir que vous avez de la perfection, car c'est un bon fondement pour l'obtenir. Tout cela doncques me console, comme aussi ce que vous m'escrivez que le révérend père quemostre Seigneur vous a baillé pour directeur avoit treuvé fort bon que pendant mon séjour à Dijon vous m'avez communiqué vostro amc , cl que mesme il ne treuveroit pas mauvais que vous me donnassiez quelquefois de vos lettres. Madame , si vous vous en ressouvenez, je vous dis bien cela mesme , quand vous me dites que vous craigniez de l'avoir offensé , ayant reçu les . petits advis que je vous donnay verbalement sur le sujet de vostre aflliction intérieure , qui vous Iroubloit en la sainte oraison : car je vous dis qu'en cela vous ne seau riez avoir fait faute, puisque le mal vous pressoit, et votre médecin spirituel esloit absent ; que cela n'estoit pas changer de directeur, ce que vous ne pouviez faire sans perte bien grande , mais que c'esloit seulement se soulager pour l'attendre. Que mes advis ne s'estendoient que sur le mal présent , qui requéroit un remède présent ; et partant ne pouvoient nullement préjudicier à la conduite générale de vostre premier directeur.
Et quant au scrupule que vous aviez do m'avoir demandé mon advis pour l'adresse de toute vostre vie, je vous dis que vous n'aviez non plus contrevenu aux lois de' (a soubmiâsioQ que le& âmes dévotes doivent
i leur père spirituel , perce que mes coueeilsnegeroient rien plus qu'un eacritspiriUiol , duquel la pratique scroit toujours mesui^e par le discernement de vostre directeur ordinaire , selon que la présence de son o-itetla plus grande lumière epi rituelle , avec la plus entière connoissance qu'il 8 de vostre capacité , luy donnent le moyen de le mieux faire que je ne puis , estant ce que je suis (1) ; joint que les advis que je pensois vous donner seroient tels qu'ils ne pourroient estre que bien accorda ns avec ceux du père directeur.
Uais quand vous m'eustes nommé le personnage , ressouvenez- vous , je vous supplie , que je vous dis avec pleine conriance qu'il me connoissoit, et m'avoit fait ce bien de me promettre un jour son amitié ; et que je m'asseurois qu'il ne treuveroit point mauvaise la communication que vous aviez eue avec moy, tant je lo lenois do mes amis. Vous voyez donc, madame, que je jugeai fort bien de tout cela , et n'employai guère de temps ni de considération pour me résoudre à ce jugement. Je me rcBJouis donquea que vous ayez reconneu combien il est véritable que ceux qui sont Lien accordaos en l'intention du service de Dieu ne sont jamais guère esloignés d'affections et conceptions.
Je loue inliniment le respect religieux que vous portci à votre directeur , et vous exhorte de soigneusement y persévérer :
mais si laut-il que je vous die encore ce mot : ce respect vous doit sens doute con tenir en la sainte conduite à laquelle vous TOUS êtes si heureusement rangée , mais il ne VOUS doit pas gcheunnor ni estoulTer la juste liberté que l'esprit de Dieu donne à ceux qu'il possède ; pour certain , ni recevoir les advis et enseigncmens des autres , ni recourir â eux en l'absence du directeur, n'est nullement contraire à ce respect, pourveu que le directeur et son autorité eoient toujours préférés. Béni soit Dieu !je TOUS ay voulu resonner de tout ce que je TOUS ay dit en présence, et y edjousterce que j'ay pensé en cscrivant , pour vous repré.senter pour un bon coup mon opinion Bur ce scrupule ; et si j'ose bien me pro-
■ T • Un 4* OMN «H I* KlM 4 lt«M »•
mettre quo si vous lo proposez à vost recteur la première fois que vous le v« il »! trouvera autant conforme avec m cet endroit comme il l'a esté en l'a mais je laisse cela à vo.^tre discrétion luy proposer on non. Bien vous su| rai-jo de le saluer à mon nom , et l'a rcr de mon service. Je l'ay longui honoré avant que de l'avoir vcu ; i'.
veu, mon affection s'en est accreu m'eslant aperccu du fruit qu'rl a Dijon [ car vous n'estes pas seule ) , , ay donné et voué autant de cœur service qu'il en sauroit désirer de mi vous chéris en lui, et lui en vous, c et l'autre en Jésus-Christ. M. l'arcbev (de Bourges) m'a escrit une lettre cessivo en faveurs , que ma misère i accablée. Il le faut pardonner à sa toisie et naturelle bonté. Mais je plains à vous , parce que cela me n dangcrdevanilé. Vous no m'escrivei de la santé de monsieur vostre pè toutefois j'en suis extrûmementdési ni de monsieur vostre oncle que je avois supplié de saluer de ma pai demeurant, puisque lepôredirecteu permet de m'escrire quelquefois , fait Je vous prie, de bon i cela vous donnera do la disi ce STa cliarilé. Je une occupation qui me rend d que compassion , el de recevoir , parmi la près fastidieuses et dilTiciles aÏT velles de vos semblables:)
ÛE S. nUNÇOIS DE SALES.
LEXntE Lvn.
s. PltAKÇOIS DEâALES. A MAnul
L'uni le du dirscleurspi n* palMC communiqi
IDlîCnANTAL.
impïFhe I1SB (jD'On
Madame , l'autre leltrevoua servira pour contenter le bon père A qui vou3 dâsirez la pouvoir montrer. J'y ai fourré beaucoup de choses pour empêcher le soupçon qu'il eût pu prendrequ'ellofùlécntoâ dcsscin, ei l'ai néanmoins écrite avec toute v^ri!6 et sioœrité, ainsi que je dois toujours faire ; mais non pas avec tant de liberté wmmc celle-ci , on laquelle je désire voua pïriercœuràcœur.
Je suis bien d'accord avec ceux qui voua mt voulu donner du scrupuir;, qu'il est ejpédienl de n'avoir qu'un père spirituel , Ta ulori lé duquel doit 6tre en tout et partout préférée à la volonté propre, et même aux wis de toute autre porliculicre personne ;
'i cela n'empêclie nullement le comion d'un esprit T les avis et conseil
Ârrétez-vous là , je («■: sççSe . et M vous mettez nultet»e« ta pe— « ts tfxi degré vous me dem lav,- n." VX'. ct!a D'est que tenlatkHi el niw att::\.:i. Qm TOUsimporte-t-tldesafMraT:'.:ïii.«p>i.vez leoir pour TO(re pin sf-irioit-1, C"j non ; pourvu que vot» SKttez qji'Ji M mon âme en votre endroit, et qu?:^ ^^v. quelle egt la vdtre an nieB? it an ^us VOUS avez une entière etpvtoU-cjcUiLre en mon affection : de cdi jti-f^ «ote nullement, el en reçois debfïSF^aU'^i).
Sachez aussi, je voiiBMf^^.e; tr'.i'?le bien , que j'ai imemrritMniarî.-ui.ro volonté de servirrabp^pildt ::iiit« retendue de mes fions.
Je ne vous saiwii fm oifipvc^ ti bt qualité ni la pndear et a* «Sectjwr que j'ai à votre «raat ya— 1 ■ Ui><;je voua dirai biem fwjt fmm^U: vA 'J« Dieu, et qiKpgarâh|lhNie-:.iu i.Uremeot, et ^hIivIb Jpa»|« J« -.i^t
tage et awjMtf ; — j fwi 'fi' jî,
avec laginlt ^f fwttgpj.jy. , ", , romhtn wwfHnB wrm dp u,i<.^,.'^
deiomee^SB vice de r^mm
h direction est auêti f&rU que la mort , el plus duré que V enfer (4), dit Salomon. Voilà, ma bonne somr { et permet^ tez-moi que je vous appelle de ce flom , aui est celui par lequel les apôtres et premiers chrétiens exprimoient Tintime amour qu'ils s'entre-portoient), voilà notre lien, voilà nos chaînes, lesquelles plus elles nous serreront et presseront, plus elles nous donneront de Taise et de la liberté. Leur force n'est que suavité , leur violence n'est que douceur , rien de si pliable que cela, rien de si ferme que cela. Tenei-moi donc pour bien étroitement lié avec vous , et ne vous souciez pas d'en savoir davantage; sinon que ce lien n*est contraire à aucun autre lien , soit de vœu , soit de mariage. Demeurez donc entièrement en re pos de co côté-là. Obéissez à votre premier conducteur finalement et librement, et servez- vous de moi charitablement et franchement.
Je réponds à un autre article de votre lettre. Vous avez eu crainte de tomber en quelque duplicité , quand vous avez dit que vous m'aviez communiqué votre esprit , et que vous m'avez demandé quelque avis. Je suis consolé que vous avez en horreur la finesse et duplicité ; car il n'y a guère de vico qui soit plus contraire à Vembonpoint et grâce de l^esprit. Mais si est-ce que ce n'eût pas été duplicité, puisque , si en cela vous aviez fait quelque faute , à cause du scrupule que vous aviez en me communiquant votre cœur , et me demandant des instructions , vous l'auriez suffisamment effacée par après , pour n'ôtre plus obligée de le dire à personne : néanmoins je loue votre candeur, et me réjouis que vous l'ayez dit , comme aussi tout le reste.
Bien que vous devez être ferme en la résolution que je vous donnai , que ce qui 80 dit au secret de la pénitence est tellement sacré , qu'il ne se doit pas dH*e hors d'icclle; et quiconque vous demande si vous avez dit ce que vous avez dit avec le sceau très-saint de la confession , vous lui i)Ouvez hardiment, et sans péril de duplicité , dire que nenni : il n'y a nulle difficulté en cela. Mais bien béni soit Dieu , j'aime mieux que vous excédiez en naïveté que si vous en manquiez : toutefois un autre coup demeurez ferme , et tenez pour
(1) Fortif Mt al non dUeoUo. Cartio. o. tiu, t.0.
nonditettotaleiMnttnMqoi est oomreit du voile sacramental. Et cependant ne vous mettez nullement en scrupule , car vous n'avez point offensé en le disant ; bien qu'à l'aventure vous eussiez ndeui fait le celant , à cause de la révérence du etcrcment, qui doit être si grande, que hors icelui il ne soit rien mentionné de ce qui s'y dit, Je me ressouviens bien où vous me parlâtes sur ce sujet la première fois.
Vous me dites que peut*ètre auraî-Je le bien de voud voir environ la septembre : ce me sera une extrême consolation « comme aussi de voir madame Brulart et mademoiselle de ViUars. Le sachant , je m'essaleFai de vous donner autant de loisir qu'il me sera possible , et prierai Dieu particulièith ment , afin que je vous en puisse être autant utile à toutes comme je suis «Qm^ tienne.
J'ai repris la plume plus de douxe fois pour vous écrire ces deux feuilles ; et sembloit que l'ennemi me procuroit des dittractions et affaires pour m'empôcher do ce foire. Interprétez à bien cette longueur; car j'en ai usé pour échapper , s'il m'est possible, les répUques et scrupules qui naissent assez volontiers es esprit de votre sexe. Gardez- vous-en , je vous supplie , et ayez bon courage. Quand il vous surviendra quelque ennui , ou intérieur ou extérieur , prenez entre les bras vos deux r4^ solutions et colonnes de Tédifice, ei, comme une mère sauve ses enfants d'un danger , portez-les es plaies do nostre Soi gneur, et le priez qu'il vous les garde, et vous avec elles ; et attendez là , dedans css saintes cavernes , jusqu'à co que la tem" pête soit passée.
Vous avez des contradictions et amertumes : les tranchées et convulsions de Fenfantement spirituel ne sont pas moia dres que celles du corporel ; vous avez es sayé les unes et les autres. Je me suis sou ventefois animé parmi mes petites difiOcul tés , par les paroles d^ notre doux Sauveu qui dit : La femin$ , quand elle enfa$^§ a une grande détrene ; mais , apréi Ven fantement, elle oublie le mal passé, parce qu'un enfant lui est ti^ (4) . Je pense qu'elles vous consoleront aussi, si vous les consi-
(1) MuHer.cùm parlt trittittam habet;càni aot«in p»perlt puerom, non mfmlnU preasora propter taniliuiif quia natua Mibomo lo munduo. Joah. o. xti, ?. u.
téta «t répéta wtiveiit. Nos Amas doi* Taitfnfanter.DonpMhoreii'ellcg-mamM, ■aie en ellea-mËmes , ud enfant mâle , le pins doux , fftàeux et beau qui se peut désirer ; c'est le bon Jésus qu'il nous faut enbnter et produire en nous-mêmes. Vous en êtes grosse , ma cbôre sceur ; et béni soit Dieu , qui en est le père. Je parle canine cda , car je sais vos bons désirs ; nais courage , car il faut bien souf^r pour ren&nler. L'enfant aussi mérite bien qu'on endure pour l'avoir et pour éire sa mère.
Cest trop vous entretenir : je m'arrête, priant ce céleste enfaut qu'il vous rende digne de tes gnces et laveurs , et nous fuee mourir pour lui, ou au moins en lui. Ihdune, pnez-le pour moi , qui suis fort BÙsérnble, «t accablé de moi-mëmo et des antre* , qui est une charge intolérable si cduî qui m'a d^â porté avec tous mes péchés sur la croix ne me porte encore au ciel. Au demeurant , je ne dis jamais la sainte messe sans vous; et, ce qui TOUS touche de plus près , je ne communie point sans vous. Je suis enfin autant vétre qa» TOUS sauriez souhaiter. Gardez-voua de* emiffeasements , des mélancolies , des •crapules. Vous ne voudriez pour rien du mûode offenser Dieu, c'est bien assez pour livre joyeuse.
Ma bonne mère est votre servante , et too* u» eatana vos serviteurs : elle vous remncle très-humblement de votre bien- TdlliDce. KoD frère (1) sa sent infînimenl obligé A la souvenance que vous avei de loi , et la contre-échange par la continuelle méiBoire qu'ila de vous à l'autel : il est abtant mabtenant que j'écris. Je désire savoir la nom et l'âge de vos enfans , parce qwje les tiens pour miens selon Dieu. Je a'oM pas presser les dames que vous me "M""** , du voyage , parce qu'il ne seroit pat séant : je le désire oéanmoioa , et me cgnsolaearespér&ucequej'en ai. Madame, votre, etc.
LETTRE LVm.
s. FUNÇOIS