LETTRE LIV
s. FRANÇOIS OE SALBS , A MAnAME ROSE BOUR- GEOIS, ABBESSE DE L'ABB. ROYALE DU
puits-d'orbe.
(Tirée de la eoBfrégaUoB da eoUéfe Loal*-4e-4>ran4 .
Il l'exhorte à la réforme de son monastère. Aooacy, le joor de la sainte croix, S mai ICOI.
Madame ,
J'ai envoyé à madame la présidente Brulart, votre sœur, un écrit que je désire vous être communiqué ; non pas que celui que je vous ai donné ne suffise pour vous et pour ce temps , mais afin que vous ayez toujours plus d'éclaircissemont en votre esprit , à l'avancement duquel je me sens tant obligé, que je ne suis de rien plus désireux en ce monde , non-seulement pour cette grande confiance que Dieu vous a donnée en mon endroit , mais aussi pour celle qu*il me donne que vous servirez beaucoup à sa gloire : n'en doutez point , madame, et ayez bon courage. Je suis infiniment consolé du plaisir que vous prenez à lire les œuvres et la vie de la mère Thérèse (1) : car vous verrez le grand courage qu'elle eut à réformer son ordre , et cela vous animera sans doute à réformer votre monastère , ce qui vous sera bien plus aisé qu'il ne fut pas à elle , puisque vousètes supérieure perpétuelle. Mais tenez la méthode que je vous ai dite , de commencer par l'exemple ; et, bien qu*il vous semblera profiter peu au commencement, ayez néanmoins de la patience , et vous verrez ce que Dieu fera. Je vous recommande surtout Tesprit de douceur, qui est celui qui ravit les cœurs et gagne les âmes. Tenez bon et ferme, en ce commencement, à bien faire tous vos exercices , et préparezvous aux tentations et contradictions ; car le malin esprit vous en suscitera infiniment» pour empêcher le bien qu*il prévoit devoir sortir de votre résolution : mais Dieu sera votre protecteur ; je l'en supplie de tout mon cœur, et l'en supplierai tous les jours
LETTAEd
do ma vie. Je tous prie de me recommander à sa miséricorde, et crofre que je suis autant que vous le sauriez désirer , et que je puis , madame , votre , etc.
ifon compagnon m*a dit en chemin que vous désiriez venir à Saint-Claude , et qu'à cette occasion j*aurai le bien de vous voir. Je vous prie qu'en ce caa-là je le eaclie avant le temps , aûn que je me puisse trouver en lieu et loisir propre à votre consolation.