‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 437 sur 450 · B* FBANÇOIS DE SALES , A UNE DAME VEUVE · texte numérisé non relu

B* FBANÇOIS DE SALES , A UNE DAME VEUVE

GMtoUtlons sur la mort de son mari. 11 lui recommande le soin de l'édocation de ses enfans.

Madame , vous ne sauriez croire combien m'est sensible Taffliction que vous avez. JThonorois aveo une affection toute particulière ce cher seigneur trépassé pour plusieurs respects , mais celui de sa vertu et piété tenoit lieu de fondement. Quelle pitié , qu'en une saison en laquelle il est si grande disette de telles âmes parmi les gens de ce rang-là , nous voyions et souffrions ces pertes si dommageables au public !

Néanmoins, ma chère dame, toutes dioses considérées, il faut accommoder nos cœurs à la condition de la vie en laquelle nous sommes : c'est une vie périssable et mortelle ; et la mort qui domine sur cette vie , ne lient point de train ordinaire ; elle prend tantôt ci , tantôt là , sans choix ni méthode quelconque, les bons parmi les mauvais, et les jeunes parmi les vieux.

O que bienheureux sont ceux qui , vivant en continuelle défiance de mourir, se trouvent toujours prêts à mourir , en sorte qu'ils puissent revivre éternellement en la vie où il n'y a plus de mort ! Notre bienaimé trépassé étoit de ce nombre-là , je le sais bien. Cela seul , madame , estsufiisant pour nous consoler : car enfin , en peu de Jours , ou tôt ou tard , on peu d'années , nous le suivrons en ce passage, et les amitiés et sociétés commencées en ce monde ^86 reprendront pour ne recevoir

jamais de séparation. Gependantayoïia patience , et attendons courageusement qua l'heure de notre départ sonno pour aller où nosamir} sont déjà arrivés; et puisque noui les avons aimés cordialement, persévéroni à las aimer ; faisons pour l'amour d'eux ce qu'ils ont désiré que nous fissions , et C6 que maintenant ils souhaitent pour nous.

Sans doute, ma chère dame, le plut grand dé^ir que monsieur votre trépassé eut à son départ fut que vous ne trempassiez pas longuement dans le regret que son absence vous causeroit , mais que vous tâchassiez de modérer pour Tamour de lui la passion que aon amour voua donnoit ; et maintenant en son bonheur dont il jouit , ou qu'il attend en assurance , il vous souhaite une sainte consolation : et que modérant votre tribulation , vous conserviez vos yeux pour un meilleur sujet que les larmes , et votre esprit pour de plus désirables occupations que celles de la tri^ tesse.

Il vous a laissé des gages précieux de votre mariage : conservez vos yeux pour regarder à leur nourriture » conservez votre esprit pour relever le leur. Faites cela» madame , pour l'amour de ce cher mari ; et vous imaginez qu'il vous en a prié à son départ , et qu'il vous demande encore cet office : car en vérité il l'eût fait s'il eût pu, et il désire cela de vous à présent ; tout le reste de vos passions peut être selon votre cœur , qui est encore en ce monde , mais non pas selon le sien qui est en l'autre.

Et puisque la vraie amitié se plaît à complaire aux justes agrémens de l'ami , pour complaire à monsieur votre mari , consolez-vous vous-mémo, soulagez votre esprit et relevez votre courago. Que si œ conseil que je vous donne avec une sincérité nonpareille vous est agréable , pratiquez-le vous prosternant devant notre Seigneur , acquiesçant à son ordonnance, et considérant l'ame de ce cher défunt , qui désire à la vôtre une vraie et chrétienne résolution , et vous abandonnant du tout à la céleste providence du Sauveur de voire ame, votre protecteur qui vous aidera et vous secourra , et enfin vous réunira avec votre trépassé, non point en qualité de femme avec son mari , mais d'héritière du ciel avec son cohéritier , et de fidèle amante avec son fidèle amant.

LETTRES

récris ceci , madame, sans loisir et presque sans haleine, vous offrant mon trè&i^H^tionné service qui vous est dès Ion.:;* temps acquis, et celui encore que les mérites et la bienveillance de monsieur votre mari envers moi pouvoient exiger de mon ame.

Dieu soit au mLViOu de votre cosur. Ainsi ioit-il.

LETTRE DCCCLXXXm.

S.nÀf«Ç0ISDB8AtBS, A UN DB 8B8 IMIB.

Il le eoDtole de U mort de fon frère.

Mon cher frère ( car je suis en la place de celui que notre bon Dieu a retiré près de lui ) , on me vient de dire que vous pleurez continuellement pour cette véritablement bien sensible séparation. U ne faut nullement que cela soit ; car, ou vous pleurez sur lui , ou pour vous : si c'est sur lui, pourquoi pleurer que notre frère est en paradis où les pleurs n'ont plus de lieu? Que si pour vous, n'y a-t-il point trop d'à* mour-propre ?

Je parle avec vous ainsi firancbement , d^autant qu*on jugera que vous vous aimez

glus que son bonheur qui est incomparale. Et voudriez-vous que pour vous il ne fût pas avec celui (4) qui nous donne la vie, le mouvement et Vélre tous tant que nous sommes , qui acquiesçons à son saint plaisir et divine volonté ?

Mais venez nous voir , et souvent (2) et nous convertirons les pleurs en joie, nous souvenant ensemble de celle de laquelle notre bon frère jouit , et laquelle jamais plus ne lui sera ôtée ; et en somme, pensez souvent en elle et en lui, et vous vivrez joyeux , comme je le souhaite de mon cœur , avec lequel je me recommande à vos prières , et vous assure que je suis vôtre.

LETTRE DCCCLXXXIV.

s. FRANÇOIS OE SALES, A UNE DAME.

Sur ce que son mari avoit voulu se batlre en duel.

Ma Irè.^-chère fille , je vois par votre ietlre l'ctai ào 1 ame du cher mari , par le duel désigné cl non commis , auquel il s'étoil résolu. Je ne pense pas qu'il y ait ex-

^1) 4CT.,XVI1, tS.

^)iOAII.,MI,10«tU.

commonkatioD , car il n'est vmuéi

effet porté par les canons.

Mais, ma très-chère fille, je ooslene que je suis scandalisé de voir des ânes bonnes catholiques, et qui d'ailleurs ont de Taffection à Dieu , être si peu soigneuMi du s. lut étemel , que de s^exposer an du« ger de ne voir jamais la face de Dieu , et de voir à jamais et sentir les horrenrs de l'enfer. En vérité, je oe pois pemar comme l'on peut avoir un oourage mmî déréglé , même pour des bagatelles et cteses de rien.

L'amour que je porte à mes amis, hsh spécialement au cher mari , me fiait héritser les cheveux en tête , quand je sais qu*ili sont en tel péril ; et ce qui me tonrmente le plus, c'est le peu d'apparence qu'il y^ qu'ils aient le vrai déplaisir qu'il faut avoir de l'offense de Dieu , puisqu'ils ne tien* nent compte de s'en empêcher à l'avenir. Que ne ferois-je pour obtenir que tellei choses ne se fissent plus \

Or je ne dis point ceci pour vous inquiéter. Il faut espérer que Dieu nous amendera tous ensemblement , pourvu que noos l'en suppliions comme il faut. Procura donc que le cher mari se confesse ; car <» core que je ne pense pas qu'il soit en ei* communication , il est néanmoins en uq terrible péché mortel , duquel il faut qu'il sorte soudain ; car rexcomniunicalion ne se contracte qu'avec les effets ; mais le pé* ché se contracte par la volonté.

Je pense que j'aurai bientôt le bracelet de la présence de Dieu , que je supplie vous bénir de toutes les débirables bénédictions que vous puissiez désirer , ma très-chere fille. Votre , etc.

LETTRE DCCCtXXXV.

s. FRANÇOIS DE SALES, A HESSIEUBS DE VILLERS.

Compliment de condoléance sur la mon de lev

père.

Messieurs , quand le bon père Ârniset m'a dit l'autre jour à Lyon que notre bon père étoit trépassé Je vous assure que je fus touché vivement de la p;ission que les enfans ont accoutumé de sentir quand leur père les quitte : car je le respectois ethonorois ainsi fiiialement ce bon pèrB,qw

m'y avoit obligé en autant de façons qu'il 98 pouvoit faire.

Mais puisque tel a été le bon plaisir de Dieu qu'il s*en allât en son repos , non-seulement j'acquiesce, ainsi je loue la divine providence qui lui a donné un bon long séjour en cette vie mortelle ; et ce qui importe le plus , l'a conduit si amiablement par le chemin de sa crainte et de sa grâce, que nous avons tout sujet d'être assurés qu'il lui fait jouir maintenant de sa gloire. C'est en quoi vous puisez sans doute la grande raison de votre consolation, et TÎvez, comme j'espère, satisfaits d'être enfans d'un tel père , et d'avoir si longtemps été en l'école de sa vertu et piété.

n ne me reste donc plus en cette occasion , que de vous supplier de mè vouloir toujours conserver en l'honneur et contentement qu'il m'avoit accordé pour toute ma ▼ie, qui est qiie je serois de votre maison , et censé comme l'un de ses enfans votre frère. Je le serai de mon côté en affection, et n'oublierai jamais l'extrême devoir que j'ai à la mémoire de ce père , et au service de sa postérité.

Vous suppliant encore, messieurs, de me permettre qu'avec cette lettre je dise la même vérité , et fasse la même prière à mesdemoiselles vos chères épouses , desquelles j'estime et aime infiniment les bonnes et dévotes âmes, et auxquelles comme à TOUS je ne cesserai jamais de souhaiter les plus favorables bénédictions du ciel , demeurant à toujours de tout mon cœur,messieurs, votre, etc.

LETTRE DCCCXXXXVI.

s. FRANÇOIS DE SALES, A M. FAVRB(4)9

FABMIEa PRÉSIDEiNT DU SÉNAT DE SAVOIE , SON INTIME AMI.

Le Mint évéque se réjouit dans la pensée de Téternité. Souhaits et bénédictions pour la nouTelto année.

Mon frère, je finis cette année avec le

(1) M. !• président Favre étoii le plot ancien et ie ploi jBtlBBeaal <l« lalut François de Sale». Sa rrande capacité It réunir aor sa télé les premières charges de son pays; fl fal k la fols premier président dn sénat , et fonrernear 4» la SaTOie . et s'illnsti|i en même temps par d'excellents ••fraffM de droit, qui sont cités encore avec lionnenr par Boa Jurisconsoites. Le président Fatre sanctiflolt dea occupations si multipliées par une grande piété, un amour artfaot poar les pauvres et les sfOig es , et une humilité plus rare encore que son mérite. Il rendoit compte do Pilai de son aoM à soa salât ami , et fréqaoBtolt obaqao

contentement de vous pouvoir présenter le souhait que je fais sur vous pour la suivante. Elles passent donc ces années temporelles , monsieur mon frère , leurs mois se réduisent en semaines, les semaines en jours, les jours en heures, et les heures en momens, qui sont ceux-là seuls que nous possédons ; mais que nous ne possédons qu'à mesure qu'ils périssent , et rendent notre durée périssable, laquelle pourtant nous en doit être plus aimable , puisque cette vie étant pleine de misère , nous ne saurions y avoir aucune plus solide consolation, que celle d'être assurés qu'elle se va dissipant pour faire place à cette sainte éternité qui nous est préparée en l'abondance de la miséricorde de Dieu , et à laquelle notre ame aspire incessamment par les continuelles pensées que sa propre na-

semalne , aveo toala sa faoïllla, las sastwaaii de péoltenco et d'encbarlstle.

En 1619, le duc de &itole ebargaa le saint éTéqua «te Génère et le président Farre d'acoompasBor son flla, la cardinal de SaTola . à la cour de France , où il alloit faire la demande solennelle de Christine de France, sosur de Louis XIII, pour le prince de PiémonL Pendant ce vojace on tenta de flxer en France deux hommes de oe mérite. Louis XIII fit offrir à M. FaTre la place de premier président du parlement de Toulouse qui étolt alors vaeante : et le cardinal de Rets, archeréque de Paris, pressa saint François de Sales d'aoeepier d'être son eoadjntenr. loi oflrtant en même temps de la part du roi une peasioa de vingt mille livres ; mais le saint évéque de Qenèfe refusa . comme il sTOit fait du temps de BenrI IV , elle président Favre voulut de même rester Qdèle à son pays. Saint François de Sales prêcha le carême à l'éfllse de Saint* Andrédes-Arcs, « où il se vit aussltét éeouté, dit oa » auteur du temps, par les cardlnans, les évêqnes, les » princes du sang, les chevsliers de l'ordre, les coa- » selliers et entres seigneurs de ourqne qui aeeoomrent » de tous cétés; et ne se peut dire eomblen de fruit ee » fcervileur de Dieu lit, pendant son séjour à Paris, soit » en prêchant au peuple, aolt en entendant les eonfassloas » des pénitents , soit par ses entretiens particuliers et » discours familiers : même par sa façon et sainte majesté » qui resaentolt entièrement aoa homme de del. Il en- » gendrolt l'amour de la verta daaa las emurs de oeui qui » le coosidérolent. >

Ce fut dans ce temps que salai Vlneent de Paaie, qui se lia d'amitié avec lai . disolt « que quand II voulolt se » représenter le Ois de Dieu conversant avee les hommes, p 11 ne trouvolt point d'autre Image que Mlle dn saint » évéque de Genève. > Saint François de Sales connut aussi toot le mérite de saint Vincent de Paul , qui éiolt encore jenne .et qui n'avolt fait aucan des établlssementa qui ont rendu son nom si oher. et sa gloire immortelle même parmi les hommes. Ge saint évéque lui conta la direction de madame de Chantai . qui étolt alors è Paris . et celle des religieuses de la Vlsilattoa qa'elle feooild'f fonder.

Il repartit an commencement de I6t0 avee l'ambasse* deur qui amena Christine de France en Safote. Cette princesse lui confia le soin de son ame, et le Ht aoo premier aumônier; mais le saint évéque ne vonint aoeepter que le titre de cette charge , et retourna dans son diocèse.

La cour de France donna* une pension de deux mille livres au président Favre ; mais il la fit passer sur la tête de son second flis, M. de Vaugelas qui s'établit en Fraaoe* et fnt chambellan de Gaston . duc d*0rléans ; c'est Tantear des Bemar^0i aur te iamgmê framçouê, et de la lie daetloB de QalBle^^aree.

tore lui suggère^ bien qu'elle ne la potaae espérer que par d'autres pensées plus re* levées, que raûteur dé la nature répand 0urelle.

Certes, monsieur mon frère, Je ne suis Jamais attentif à Tétemité qu'avec beaucoup de suavité ; car, dis-je, comme est^« que mon ame pourroit étendre sa cogitation ft cette infinité si elle n*avoit quelque sorte de proportion avec elle? Certes, toor jours fautril que la feculté qui atteint un objet, a^it quelque sorte de convenance avec Scelui. Mais quand je sens que mon désir court après ma cogitation sur cette même éternité, mon aise prend un aocroissmnent bon j^areil ; car je sais que nous ne désirons jamais d'un vrai désir que les choses possibleë. Mon désir donc m'assure que je ^Is avoir l'éternité : que me reste-M plus que d^espérer que je l'aurai? Et cela m'est donné par la éoonoissance dô l'infinie bonté de celui qui n'auroit pas créé une Mme capable de penser et de tendre à réternité, s'il n'eût voulu lui donner les moyens d'y atteindre. Ainsi , monsieur mon frère, nous nous trouverons au pied du cruolfix, qui est l'échelle par laquaUe de ces années temporelles nous passoas aux années éternelles.

Or, je souhaite donc sur votre iidère ame, que cette année prochaine soit suivie de plusieurs autres, et que toutes soient utilemient employées pour la conquête de Tétemité. Vivez longuement, saintement et heureusement, entre les vôtres ici-bas parmi ces momens périssables, pour revivre éternellement en cette immuable félicité pour laquelle nous respirons. Voilà comme mon cœur s'épanche devant le vôtre, et fait des saillies qu'il ne feroit pas sans cette confiance que lui donne l'affeclion qui me rend votre, etc.

LETTRE DCCCLXXXVn.

s. VaANÇOlS DB SALBS, A UN ÉVÉQUB.

U fliat de la paUenoe à celai qel enseigne U

doctrine.

Monseigneur, je me réjouis avec votre peuple qui a le bien de recevoir de votre bouche les eaux salutaires de l'Évangile, et m*en réjouirois bien davantage s'il les recevoit avec raflection et reconnoissance qoi est due à ta peine que vous prenes de

LEXTRS8

les répandre ai àboodammetti; mibi ■»

seigneur, il faut beaucoup aooflrîr des «i> lans, tandis qu'ils sont en bas âge, el bien que quelquefois ils mordent le létia qù ki nourrit, il ne faut pas pourtant le leur (ter. Les quatre mots du grand Apôtre nous doî* vent servir d'étbème : Oppfrhimé^ tefsn twi, im omtd foiiêntid H 4oeMUi I met la patience la première, catuam pki

néoessaure, et sans laquelle la dodcîna M sert pas de rien. U veut bten qne mm souflHons qu'on nous trouve miportoi^ puisqu'il nous enseigne d'importuner pv son impwiumi; continooiia aenlementi bien cultiver, car il n*est point de tentii ingrate que l'amour du labofveor ne 1^ conde. J'attendrai cependant les livra qu'il vous plaît me promettre, qui ti»

dront à mon étude le rang CQQvenahbà l'estime que je fais de lew auteur, et à l'amour parftiit avec leqi»l je lui pMieit porterai toute ma vie bonœar, respect it révérence.

Je suis, monseigneur, votre ChMiunUi et très-oMissant serviteur.

Le bon père Poissard est venu de psr delà le diocèse; ilavalepère Dosgreages à qui il a fait connottre le plan du pontéi Seulles que monseigneur a le projet de faire élever en bas du couvent des Garait lites. Le pauvre peuple louera Dieu; carli service lui sera très^itile.

FaAMçon, évéquede Genèvt.

LETTRE DCCCLXXXVni.

s. FRANÇOIS DB SALES, A X. DB BÉBULLE (1).

Le saint l'engage beaucoup à tenir la promcfM qn'il lui avoit faite de tenir |»asser l« lempede la retraite à Annecy, et lui fait part de son sacre.

ADMefflait

im.

Monsieur, la vostre que M. SanM m'apporta , m'a extresmemeni consolé par le tesmoignage qu'elle me rend, de la continuation de vostre bienveuillance enmoo endroict , bien que je n'en eusse aucun doute. Assuré de vostre bonté et constance, j'ai vu que vous penchés encore âropinios que vous me communiquastea de venir quelque temps à la recollection et retraid

(1) Cett« lettre fhlt parUe d« U mUmUab ém ««»• graphes de M. le nerqait de Chét^mMgirûm , p«MMe ém l'Itograi^ie des aennei célébrai, taile, uai^i % Mià

DE 8. FRAlfÇCm DE SàLES.

M MB qoartien. Dieu tous TeuiUe dire hiy-in«8ine en yostre coBur ce qu'il en désire. Mais fli ce bonheur m'anrivoit je le mettrois au premier rang de ceux que j'ai eu cy-devant tout auprès de celluy que j'ai reçu en vostre cognoissanoe , car aussi en seroit-ce raccroissement et perfection. Les deux conditions que vous mettes pour rezécntion de ce dessein ne me sembleroient revenir qu*à une seule, d'aiflant que si vous avés la liberté, je ne doute point que N. S. ne vous fasse cognoistre qu'il se veut servir de vous pour l'administration de son sainct Évangile. Je suis evesquo consacré dès le jour N. D. 8 de ce mois , qui me fait vous conjurer de m'ayder tousjours plus chaudement par Tos prières, comme de ma part je ne vous oublie pas, surtout en la recommandation de la messe. J'ay eu le bien de faire un peu de recollection et exercice en l'assistance du P. Fori^Tj l'un des ezcellens jésuites que j'aye rencontrés, avant mon aacre. Ce qi!e je vous dis parceque je vous Teux rendre compte de mon esprit, comme tous me faites du vostre. Disant, que vous eontinuez en une grande variété d'occupations et multitude d'imperfections. Il n'y a remède. Nous aurons tousjours besoin du lavement des piedz, puisque nous cheminons sur la poussière. Nostre bon Dieu nous fasse la grâce de vivre et mourir en son sei*vice. Je vous supplie, monsieur, de croire entièrement qu'il n'y a homme au monde qui soit plus dédié et affectionné que je suis et soray toute ma vie pour demeurer, monsieur,

Votre tres-humbleet tres-afléctionné serviteur.

Fbançois db sales, evesque de Genève.

LËtTRE DCCaXXXlX.

S. IBAlfÇOISDB SALES , ▲ M. U OOlA

d'heyrier.

A Ramlllj , 6 mart 1608 (1).

Monsieur le curé , les paroissiens de vostre église sont venus aux plaintes vers moy pour le man(iucment du service , et H. Ezesticr est venu pour s'en escuser , à raison de certaines dixmes , desquelles il dit que vous le frustrés , el pour les des-

(i) Tiré* dei Vlef def penonDtret câlebref qal oat '«■ililM^ltvIvMtilHit. Paru. PlCâM-lhiboi», lOM, lo-lt.

pens deiqnels }e désire tons voir ioy Jeady prochain, afin que , s'il se peut, nous accommodions ces différends à la gloire de Dieu que je supplie vous assister, et suis,

Votre confrère tres-affectionné.

Feanç. 9 evesq. de Genève.

LETTRE DCCCXC.

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