LETTRE CXL
A Keu, ma chën Bile , à laquelle de passion ()) : qu'à Jamais puisse-t-il i*.
'■"' ■>'••■— > ■ ■■- "-■ poser entre vos mamelles, oomme un Miert
faisceau de myrrbs : ce vous sera un éjithème eouverain pour tous vos trémoussamens de raur. Oh ! ce malin (car il faut encore dire ceci), présentant le Fils ati Père , je lui dîsois en mon ams : Je von offre votre cceur, û Père étemel ! veullln en sa faveur recevoir encore les nûlrea. Jb nommois le vôtre et celui de cette Jeuns Bervonle de Dieu de qui Je vous pnrlols, et plusieurs autres. Je ne savois lequel pou»* ser plus avant , ou le nouveau par sa nécessité, ou le vôtre pour mon afTectioa. flegardeï quelle conteste 1
Or sus , demeurez toujoursenpafx entra les bras du Sauveur, qui vous aime Et ch^ rement , et dnquel le seul amour nous doit servir de rendec-vous général pour toutM nos consolations. Ce saint amour, ma nila, sur lequel le nAtre est fondé, enraciné, crû , nourri , sera éternellement partait at pcrdurable. Je suis celui que Diou vous • donna Irrévocablement.
Voyez-vous , ma chère Glle , vous savez bien que le carême c'est la moisson des amea. Je n'avojs encore point fait de ca~ réme en cette chère ville , que celui-ci depuis que jesuis évèque , hormis le premier, auquel on me regardoit pour voir ce que Je ferois ; et j'avois assez à faire h prendre contenance, et pourvoir au gi^néral des aSàirea du diocèse qui m'éloit tombé sur les bras tout fraîchement. Maintenant sachez que je moissonne un peu avec des larmes partie de joie et partie d'amour, Omon Dieul à qui dirois-Je ces choses, siBOQ à ma chère fille.
Je viens de Irouvcrdans nos sacrés Gleta on poisson que J'avoia tant désiré il y a quatre ans. Il faut que Je confesse la vérité , J'en ai été bien aise , Je dis estrémcnent. Je la recommande à vos prières, aSo que notre Seigneur établisse en son cœur les résolutions qu'il y a mises. C'est une dame , mais toute d'or , et infiniment propre à servir son Sauveur ; quo si elle continue , elle le fera avec fruit (f).
Il f a sept ou huit jours que je n'ai point pensé â moi-même , et ne me suis vu que Euperliciclkment;d'aulantquelaiitd'ames ee sont adresliées à moi , afin que je les Tisse et servisse, etqnejen'ai eu nul loisir dépensera lamienne. Il est vrai que, pour TOUS consoler , il faulquo je vous dise que (e la sens encore toute dedans mon cœur , 4onI je loua Dieu; car c'est la vérité que Fetle eorte d'occupation m'est infiniment irofilablo. Que puissc-l-elle être bien utile ïceutpourquije la prcndsl
Vivei, ma chère fille , avec noire doux Sauveur , entre ses bras en ce saint temps
LETTRE CJCII.
IH'tncoiinga, ptrianeMinpIa, i mbIMt p»tiemmcnl qu'on na lui rtndil p» lodica lar Il dDuecur qu'elle faïKii p*r«lire dtn* las ContradicliODi domctilquai qu'elle aïoit I
0 ma très-chère Dlle , nous voici â la On de la sainte quarantaine , et â la glorieuse résurrection, lié ! que je désire que nous soyons bien ressuscites avec notre Scl- Sneur ! je m'en vais l'en supplier , comme je fais journellement ; ccr je n'appliquai jamais si fort mes communions .1 voire ama comme j'ai fait ce carême, cl avec on pnrticulier sentiment de confi.inco en cette immense bonté qu'elle nous sera propice.
Oui, ma clièi'e fille, il faut avoir bon couroge. Il n'est quo bien que votre supjiort de la conlradiclion dcmeslique stàt interprété à dissimulation ; et [«nsez-vons que Je sois Oïempt de p;ircîlles attrquesT Mais , c'est la vérité , je ne Tiis que m'en rire quand je m'en ressouviens , qtu' est fort (MU souvent. 0 Dieu ! que ne fiiii;-jo insensible aux autres eccideus et bu^M-
tko» malignes , ocnniDe j« I0 mis bui injures et mauvaises çpiDions que l'on a de : moi lllest vrai qu'elles De sont pas ni cui- ■notes, ni en grunil nombre : mnis encore m'esl-il avis que s'il y en avoit beaucoup davantage , je ne m'en étonnerois pns , moyennant l'a^&tance du Saint-Esprit. 0 courage, matr6s^;hèreelbien-aiin^e filie!
c'est cela qu'il nous faut, que notre peu d'onguent «oit trouv6 puant au nez du* monde.
■ A Dieu, ma trés-chtre litle; i Dieu aoyons-noua au temps et l'étemité 1 qu'à jamais puiâsions-DOUS unir nos petites croix à ta sienne grande !
Hier (car il faut que je vous dise encore ce mot) je fis un sermon de la Passion devant nos religieuses de Sainte-Claire, qui m'en avoicnt tant conjuré , après le sermon de la ville auquel j'assistai ; et quand ce Tint au pointouqucl je contcmplois comme on chargea la croix sur les épiiiilcs de notre ScJi:ncur, et comment il l'embrassa , en disant qu'en sa croix et avec Icnllo il avoua ni prit à soi toulesnos petites croix, el qu'il Ii.« baisa toutes pour les sanctirier; venunt û p:trticulariser qu'il baisa nos sécheresses, nos contrad ici ions, nos umcrtumcs, je vous assure , ma chère fille , que je fus fort consoli!'. et eus peine de contenir k's lannes.
A quel proix)sdis-je coei? Je ne sais, sinon que je n'ai pu nt'eni)K>chcr de vous le £ire. J'eus bien de lu consolation en ce pi-tit sermon, auquel assistèrent vin;;t-ciitq ou Irenle diSvotcs âmes de la ville, outre celles du monastère; si que j'eus toute commodité de lûchcr la briile ù mes pauvres et menues affections sur un digne sujet. Le bon ut débonnaire Jésus soit à jamais le rôi de nos cœurs. Amen.
J'aime notre Cclse-Bénii^o et la petite Fran^'oo il). Dieu soit â jamais leur Dieu; et l'aniie qui a conduit leur mère (,i) les veuille bénir à jamais 1 Oui , ma lille ; car c'a été un grand uui^c qui vous a donné vos bons désirs. Ainai puissc-t-il vous en donner l'exécution et la persévérunco. Vive Jésus, qui m'a rendu, et me tient pour jamais tout vôtre. Amen.
lu main tdiMdni rntru uj
Téiiioigiiigc* d'ami li«.
Le iHilnilldtFtqHi.Mtnll
Mademoiselle malrès^hcremfrc, de mil'p sortes d'cmpéchemens sur part que je fais pour a Mer célébrer un
jubilé (1) d Thonon , je vous salue hi nient par celle occasion , vous gu| de me faire pnrl un peu amplement nouvelles pur madame do Chantai, la' comme je crois, fera avec nous la 1 lu PcnteoJte ; car , ma chère mère , vous, je vous veux parler un ptu pli dn.'nient désormais de me prometln venue à Saint-Claude. Je ne le pu' pour celte année, quoique notre bon bin m'en ait jeté quelque assonlimsais que vous êtes icndre au voyage.
vous n'avez pas tant de santé que lontii : mais croye/.-moi , ou je moun poursuite , ou je m'approcherai un j< sorte que s'il vous faut faire quelque du chemin en ma faveur, elle se courte. Je suis en si peu de liberté, ne puis iKis dire fi ce sera celle 1 mais j'ai tant de désir de vous rcvo je nepuisnercsix'Ter pus. Aimez-i pemlant, et croyez que mon ame v toute dédiée en notre Seigneur, q rendu votre fils et serviteur, etc.
LEmtE CXIV.
Perillustris ac reverendissime di Admodùm revercndus dominas J FrsncIscusSalcsius, ecclcsiai tua; ( eus, etamplitudinis tuœ procuratoi torum apostokrum limina super diibuspiéacdevoié visiiavit, ac i ecclesi» statu relationcm pnicclaj
esaratam exbibiiit, quâ neque de clerc, et de religiosorum ordinum familiis, de porœciis, et caeteris ecclosiis dilucidiùs, nequc de abusibus, corruptelis ac hœresibus copio&iùs, neque de rcmediià ne orthodoxae doctrinae ecclesiaslico) rcstituliono prudcntiùs ac vigilantiùs perscribi potuit. Enitet in universû eà rclalionc amplitudim tuœ vehementissimum in emendandis lapsis moribus studium, in obeundis, pro Deiglonâ,Iocisasperisacdiflicillimislabor, io procurandà animanimsaluteardoralque oontentio infatigabilis.
Quaï omnia sacram con2;rcgationem car- ^naiium concilio tridentino interpretando, atque praelatorum sacra limina visitanliiim postulatis audiendis praepositorum , maxime jucunditate spiritali perfudcrunt ; illud nimirùm respicicntem , divinà facliim esse |)rovidentiâ , ut isli segrœ ac nutanti christianâD reipublicai |>arti , tanti pietalis , zeli, TÎrtulis ac soliiciludinis conligissc pastorem, ut de animabus istis meliora quoti«îiè, Deo dante,sperare posait; jamque pro cerlo habeat, sanas ovessub tali pustore a},^ritudinem non contracturas , imô et quolidiè plures ex acgris verœ catholicœque religionis sanitatem, quôd jam multœ sacris eoncionibus permotae feccrunt, aliquandô récupéra tas.
Quantum verô pertinet ad prœciptia remédia, quœ relatione praïdictà amplitude tua postulaverat, quid egeruit illustrissimi patres, ctqunm prompte apuJsanc issimum dominum nostruin tuns petitiones adjiiverint, quidque profecerint, ex ipso procuratore, atque ex ipsis diplomutibus quijb hinc prf'petiirm mittcntur, ipsa cognoscet. Intérim illustrissimi patres amplitudini tiid3 egregièln vincâ Domini labcranti diuturnam incolumitatem precantur.
Trè&-illustre et révérencKssime seigneur,
Le sieur Jean-François de Sales, chanoine de votre Église, et procureur de votre grandeur, homme vraiment rcsi)octab!e à tous égards, a visité avec dévotion cesjours passés les seuils des bienheureux apôtres, et a présenté une magnifiiiuc relation de Tetat de votre Église. Il est impossible de décrire mieux , ni plus clairement que vous avez fait, ce qui appartient au clergé séculier, aux familles des ordres religieux , aux |Nirois80S et autres église , ni plus ample-
ment ce qui regarde les abus, les corruptions et les hérésies, ni avec plus de t^niri et de prudence ce qui concerne les remèdes aux maux que vcus exposez, et le r 't"blissemenl de la doctrine ccclt'siasti(iue ^t orthodoxe. On voit évidemment, dan-, trnte cette relation , le zèle très-rrdent de votre grondeur à remettreen vigueur la discipline déchue, la peine qu'elle a prise pour visiter les lieux les plus rudes et du plus difTicile abord , sa ferveur et son ardeur infatigable pour procurer le salut des âmes..
Toules ces causes ont causé une trèsgrande joie spirituelle à la sacrée congrégation des cardinrux , établie pour l'interprétation du concile de Trente, et pour entendre les demandes des prélats qui visitent les sacrés seuils(l); ayant fait réflexion que la divine Providence avoit voulu que le soin de cette partie de la r/ publique chrétienne, qui étoitsi malade et si chancelante, tombât entre les mains d*un pasteur si dévot , si zélé, si vertueux et si yigilant, en sorte qu'elle peut espérer tous les jours de meilleures choses de ces âmes, avec l'aide de Dieu; et qu'elle est sûre présentement que les brebis qui sont saines ne contracteront pointdemaladiessousuntel pasteur, mais bien plutôt que celles qui sontmalades recouvreront la santéet la religion véritable et catholique, comme plusieurs ont déjà fait par le moyen de ses saintes prédiciUiuns.
Quant à ce qui regarde les principaux remèdes que votre grandeur avoit sollicités par la même relation , elle apprenara par son même procureur, et par les expéditions qui lui seront envoyées au plus tôt, ce que les très-illustres pères ont fait, et avec quelle promptitude ils ont fuit valoir ses demandes auprès de notre très-saint père et seigneur. Cependant les très-illustres pères souhaitent une très-longue prospérité à votre grandeur.