‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 8 sur 450 · FRANÇOIS DE SALES, A SON PÈRE · texte numérisé non relu

FRANÇOIS DE SALES, A SON PÈRE

(Tirée de la vie da Saint, par Cb.-A«ff. da Salea.)

Béponse de S. François A son père ; il s'excuse do

revenir.

Monsieur mon père ,

Quelque respect que j'aie pour vos ordres, je ne puis m'empécher de vous dire qu'il m'est impossible de m'y rendre. Vous n'ignorez pas de qui j'ai reçu ma mission, après Dieu et de sa part. Puis-jc me retirer d'ici sans sa permission? Adressez- vous donc, s'il vous plaît, à monseigneur le révércndissime ; je suis prêt à partir dès qu'il ))arlera. En tout cas, je vous supplie de considérer ces paroles du Sauveur : Celui qui persévérera sera sauvé (^) ; et ces autres de S. Paul : On ne couronnera que celui qui aura légilimement combattu (2). Les

(f) Qal paraeTerareril luque fn flnem sa! toi erit. ■atti. x« ts. et xxiT, 18.

<i()Jtoa MroaaMtwBlsllafUinè cartoTtrlLlJ.TiB.11,1.

moments iTtifia légère Mhulationopéreni un poids étemel de gloire , etc. (4).

LETTRE y.

s. FRANÇOIS DE SALES , AU PRESIDENT FATRE.

(Tirée de la Tieda Saint, parCb.-Aaf. de Salea.)

Se Saint s'excuse auprès de ses amis, qui loi avoient écrit à la prière de son père; il dédoit les motifs qui ie retiennent en Cbablats.

Co CbablaU, aa IIM.

Dicam quod est : tanta est hujus populî pertinacia, utcommuni décrète prohibitum sit ne ullus ad catholicas conciones accédât ; et cùm plerosque ad audiendum, partîm curiosos , partim quibus inest adhuc antiquae religionis sapor , venturos sperabamus,obfîrmatam mutuis cohortationibus omnium mentem reperimus ; eamque su!

sceleris excusationem praetendunt , quôd , si in catholicam Ecclesiam tantisper feni videantur, à Bemensibus et Genevensibus, inter quos sunt, duré, non ut catholici tantùm , sed ut desertores , tractarentur ; itaque se, nisi pace composità , numquam expectandos . ita nimirùm trepidaverunt timoré ubi non erat iimor; ac nobis non ha^resis tantùm , sed hujus quoque sœcull amor primùm ab iis hominibus aveliendus est.

Alioquin per privata coltoquia ipse etiam minister, in mysterio augustissimi altaris sacramenti , nos ex Scripturis rectè pro fide nostrâ concludere confessus est; confiterenturque cœteri , nisi timor ille immodicus tcrrenus obstaret. At nos patientiâ fortem illum armatum, qui custodit atrium suum,àfortiore, favente Christo, tandem expulsum iri speramus. Uic est rerum nostrarum status.

Je dirai franchement ce qui en est , mon cher frère : l'opiniâtreté de ce peuple est si grande , qu'il est défendu par une onlonnance publique, que personne n'eût à aller aux prédications catholiques; et lorsque nous espérions que plusieurs viendroient nous entendre, soit par curiosité, soit qu'ils aient encore quelque goût pour l'ancienne religion, nous avons trouvé que tousavoient résolu la même chose par de mutuelles ex-

(1) Id qood fn pr»tentl ett moananiineiiin et 1ère Iri* balationli nottra, «opra modun In aoblimiute «taraaai 1 f loflii poBdii opantor la aoMs. II. Coa. iv, 17.

ilortations ; et ils rapportent cette excuse à leur crime , que si l'on connoissoit qu'ils penchassent tant soit peu du côté de la religion catholique , ifè seroient maltraités par les Bernois et les Genevois , parmi lesquels ils vivent, non-seulement en qualité de cathoL'ques , mais encore comme déserteurs de la religion ; et que , par cette raison , il oe faut pas les attendre jusqu*à ce que la paix soit absolument faite : tant il est vrai qu*t7# onieudela crainte où il n'y avoit Toini sujet d'en avoir (4). Il ne suffit donc pas que nous leur étions Thérésie , il faut d'abord leur ôter Famour du siècle.

D'un autre côté, je vous dirai que, dans les conversations familières , le ministre méoie a confessé que nous tirions une trèsbonne conclusion des saintes Ecritures pour noire croyance , touchant le très-au- {oste mystère du sacrement de Tautel ; les autres le confesseroient pareillement , s'ils n'étoient empêchés par cette grande crainte du monde. Mais nous espérons qu'avec la patience, ce fort armé^ qui garde sa mai- «m, géra chassé par un plus fort que lui, qui est notre Seigneur Jésus-Christ (2). Voilà Tétai de nos affaires.

Page 1