‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographes (volume 3)Chapitre 85 sur 450 · LETTRE CXXVI · texte numérisé non relu

LETTRE CXXVI

s. FRANÇOIS DE SALES, A UNE DAME REU-

GlEUSE.

L'indilTérence en toulei sortes d'événemens Ml louable lors^qu'cUe a en vue la vulonlo de Dieu. Avls touchant les disirarUons dans Toraison.

n OCtObM 1107.

Madame ma très-chère fîlle, vous verrez la lettre que j*écris à M. de Cite^ux et à madame votre bonne sœur. Il me reste à vous dire, selon le peu do loisir que j'ai, que j'approuve infiniment l'indiiïérence que vous avez , tant en raflairo do Bons qu'en toutes autres, puisque c'est en contemplation de la volonté de Dieu. Jo n'aiine nullement certaines âmes qui n'aflectionnent rien , et à tous événements demeurent immobiles ; mais cela, elles le font faute de vigueur et de cœur, ou par mépris du bien et du mal : mais celles qui, par une en tièrc résignation à la volonté de Dieu, demeurent indifférentes, ô mon Dieu! elles en doivent remercier sa divine majesté; car c'est un grand don que celui-li\. Je vous dirois mieux ceci de bouche ; mais vous l'entendrez, jo pense, assez, ainsi que je le dis.

C'est une tentation, devrai, de vous amuser en l'oraison à penser ce que vous avez à mo découvrir de votre orne; car ce n'en est pas le temps : n'escrimez néanmoins IK)int contre ces pensées, ains détournezen tout bellement votre esprit, par un simple retour à l'objet de votre oraison

Je vous écrirai avec plus do loisir A la preaiière reoeontre ; car liUûntenant il fout

leo

Lcmtcs

que je parte pour aller faire latisite d'une paroisse ; et j*ai beaucoup de gens autour. Dieu soit au milieu de votre cœur , ma chère fille, et le veuille enQammer de son saint amour! C'est lui qui m*a rendu pour jamais votre , etc.

LETTRE CXXVn.

a. PRANÇX>IS DB SALES, A UNE DAHB.

Ihrqae delà bonne oraison : itIs sur oet exercice et sur le choix des livres de piété, sur la confet- •ioo et la couududîod pMcale*

Ea Boveabr* iSCfT.

Madame ma très-chère sœur , je m'étonne comme vous recevez si peu de mes lettres. Il m*est avis que je n'en laisse point des vôtres sans quelques réponses. Oh bien, Dieu soit loué.

J*ai regretté toutes les pertes qui se sont faites en votre maison , de laquelle je suis l'un des enfants, au moins en aflection. Hélas I la pauvre mademoiselle Jacob doit avoir été bien afîligée de fils, de père, de mari. Je lui ai une grande compassion, et prie Dieu qu'il lui soit pour tout c^la.

J*ai déjà écrit à madame votre mère :

maintenant j^écrirai à cette sœur, mais je ne sais si ce sera avec consolation ; car je ne sais point de belles paroles, et , ne lui ayant jamais écrit ni parlé de dévotion, ello trouvera peut-être bien étrange mon style, mais étant du lieu où elle est , elle prendra tout en bonne part.

Je nuirai pas à Salins; mais je veux pourtant bien faire en sorte que cette année suivante no se passe pas sans que nous nous revoyions tous , de quoi pourtant je ne désire point que le bruit coure.

Ne vous tourmentez point pour votre orai- 8on , que vous me dites se passer sans paroles; cnr elle est bonne, pourvu qu'elle vous laisse de bons effets au cœur. Ne vous violentez point pour parler en cet amour divin : c'est assez parler, qui regarde et se fait voir. Suivez donc le chemin auquel le Saint-Esprit vous tire, sans toutefois que Je désire que vous laissiez de vous préparer à la méditation, comme vous faisiez au commencement, car c*est cela que vous devez de votre côté, et ne devez point entreprendre d'autre chemin de vous-mr^me : mais quand vous vous y voudrez mettre , il Dieu vous tireeo un autre, allei-y avec

lui, n faut faire de notre oMé une prépih

ration proportionnée à notre portée ^ el quand Dieu nous portera plus haut, à In seul en soit la gloire.

Vous pourrez utilement lire les livres di la mère Thérèse et de Ste Catherine en Sienne , la Méthode de servir Dieu , Vjt' brégé de la perfection chrétienne, h Perle évangélique; mais ne vous empre»

sez point à la pratique de tout ce que von y verrez de beau ; mais allez tout douce ment , aspirant après ces beaux enseigne mens, et les admirant tout bellement, e vous ressouvenez qu'il n'est pas questîoi qu'un seul mange tout un festin prépar pour plusieurs. j4s - tu trouvé du miêi manges-en ce qui suffit, dit le Sage. L Méthode, la Perfection, la Perle, sont de livres fort obscurs, et qui cheminent par l cime des montagnes : il ne s'y faut guèn amuser. Lisez et relisez le Combat spiri luel , ce doit être votre cher livre, il es clair et tout praticable.

Non , ma chère tille , vous confessant i de bons confesseurs , ne doutez nullement car s'ils n'avoicnt le pouvoir de vous ouïr ils vous renverroient. Et si , il n*est nulh ment besoin de faire ces jxïvues générale en la paroisse , desquelles vous m'écrivei il suffit d'y rendre son devoir à Pâques , c s'y confessant , ou au moins communiani Etant aux champs , les prêtres que vou trouverez es paroisse>^ vous pourront ausf confesser. Ne vous laissez point presser d scrupules , ni de trop de désirs : chemine doucemonl et courageusement. Dieu soit jamais votre cœur, ma chère sœur ; et j suis on lui votre , etc.

LETTRE CXXVni.

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