‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 279 sur 365 · CONSTITUTION XV · texte numérisé non relu

CONSTITUTION XV

De la façon de parler avec les étranger».

Quand il est requis que les sœurs parlent à ceux de dehors la maison , on ob- . servera que celle qui doit parler, soit assistée d'une autre qui puisse ouir ce qui se dira ; sinon que pour quelque resr pect , la supérieure trouve bon que la sœur qui parle soit vue et non ouië par celle qui rasr.istera , laquelle en ce cas se retirera à part, faisant quelque ouvrage, ou si c'est jour de feste, lisant quelque livre, ou faisant quelque oraison : et cependant prendra garde aux paroles (si elle doit ouïr) et aux contenances de la sœur, afin d'en rendre compte à la supérieure.

Au reste , les sœurs prendront garde de n'ouir ny dire des piiroles inutiles, coupant court en toute sorte de devis, si ce n'est en ceux qui regardent le bien spirituel.

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llpinmes, liiKm que lu supérieure le^ m , d'heure.

disp^nie.

Oo donoere phie fiisement dispense 9111 novices de parler à leurs pères et roerei, frères et 8œui>s« oncles et tantes, et mesvne & visage découvert; comme au contraire, (m les exemptera, tantqu*il se pourra ben^ nemenl faire, de parler à tous autres.

Les sœurs ne toucheront point la grille •n parlant; ains s*en tiendront un peaeloh gnées, ai elles n'ont permission de faire autrement.

cDNSTrrunaN xvL

Ot aiaBisr et boire (1),

On pourra demeurer une heure entière A table , s'il est expédient , afin que celles quimangent lentement prennentleurrefection à loisjr. Et cependant cellesqui auront plustost achevé leur repa:^, demeureront atr tenlives à la lecture, sans sortir de Jours places, sinon que quelque grande et urgente nécessité le requist.

Aucune ne boira ny mangera hors le repas Stins congé, lequel elles demanderont avec confiance, ce qu'elles observeront en toutes autres occurrences, esquelles elles croiront d'avoir quelque nécessité.

Clique sœur lira sa semaine à table en son rang, et tour à tour, hormis la supérieure, sauf si quelqu'une pour avoir la, voix foible, ou pour no sçavoir pas convenablement lire, doive estre pour cela excepîée.

Or la lecture se fera clairenient, distinctement, et avec des justes pauses, de période en période. Et pour le mieux faire, celle qui aura cette charge, fera fort bien de prévoir ce qu'elle aura à lire.

On commencera la lecture par un chapitre des constitutions, hormis Ip vendrody qu'on lira les règles tout au long du disner.

La supérieure lira le Benedicite et les grâces des clercs à droite voix , et ce dans Je réfectoire, et pour la première Uible. Mais quant à la seconde, on ne dira que le petit Benedicite et les potites grâces : d'autant que la bénédiction de la première Vible s'estend encore à la seconde ; en laif) loj9g \99 addlUont à la m1(« dei ComtHi|lg|^^.

Outre les Jeusne^ commasdet par II aaincte Eglise , les sœurs jeusneront lei veilles de |i| Trinité , feiiteoD^te, Ascension, Feste-bieu ; dosfestesde Nostre- Dame, de saiact AugusUn; et. tous Im vendredys. dès la feste de sainct Mirhel Jusques à Pasqiies ; sinon qu*en iœnx echeust quelque feste de ooranandemeni; car en ce cas le Jeusne se remettra an stmedy, auquel si enoore il y atoitfcsteia Jeusne seroit laissé. '

Es autres vendredys de l'année se (isfl une simple at^stipence ^u aopper, laquelle consiste à ne manger qu'une aorte d'apprtst avec le pain.

œNSTiTunoN xvn.

Des babils et Uto.

Biles s'habilleront de nohr le plus ehiH plement qu'il se pourra , tant en la mtiere qu'en la forme, ainsi qu'elles eoot maintenant ; les robbee seront faites à sae, asseï amples neentmoina pour faire des plis estant ceintes, les manches km* gués jusques à Textremité des doigts, et assez larges pour pouvoir tenir dans icelles les mains et les bras cachez, et repliez rus sur l'autre.

Le voile sera d'etamine noire, sans aucune doublure du moins d'autre couleur, et pendra par derrière jusques tk deinf pied , un peu plus bas que la ceinture; le bandeau du front, noir; la barbette de toile blanche médiocre sann plis, et ne perleront ny attifets, ny empois, ny chos* quelconque, qui ne ressente entiereme*** la simplicité religieuse, et lemespris^^^ monde.

Tant que faire se pourra, les sœurs a^ ront chacune leur petite chambre, et ^ moins elles coucheront seule une chacu^ en son lit.

Les lits seront de matelas, le chevet to^ tefois pourra estre de pluma et entouré C^ futaine blanche, et Testé elles pourront si elles veulent, le retrousser pour prends l'air.

CONSTITUTION XVIU.

De l'ofSce.

Elles dirpQt l'office ai| çhosiir, selgp gu'^

co(!$TiTirnonsf»

•tt marqué au dirtctoire^ prononçant neitament et distinctement les paroles, observant les pauses, médiations, accens, modérant et ajustant leurs voix les unes aux antres, et composant leur maintien le plus dévotement qu*elles pourront.

Elles seront promptes au premier son de la cloche pour aller au chœur, où etles s'achemineront avec gravité el révérence ; 7 estant, après avoir fait la génuflexion et adoration devant le sainct Sacrement, elles

Prendront leurs places paisiblement et sans lire bruit, et n*y parleront jamais les unes avec les autres, sinon pour des choses urgentes, et lors elles parleront fort bas et en peu de mots ; el ne sortiront que pour des causes Ires-pressantes, etToffice fait, aucune ne se remuera que le signe ne soit donné pour 8*en aller.

Si quelqu*une fait quelque faute qui se poisse reparer, celles qui s*en apercevront la repareront doucement, et s'il se peut, Insensiblement; comme par exemple, si celles qui commencent les psalmes avoient pris Tun pour l'autre, les autres qui s'en aperçoivent , sans faire semblant de cela i reprendront le psalme laissé , le poursuivant sans empressement. Mais celle qui aura fait quelque faute notable,demandera par après pardon à la supérieure , en esprit d'humilité et de soumission. Or parce' que les esprits humains prennent bien souvent des secrètes complaisances en leurs propres inventions, mesme quand c'est sous prétexte de dévotion ou accroissement de pieté , et que neantmoins il arrive quelquefois que la multitude des ofiQces empeschent l'attention, gaytéet révérence avec laquelle on les doit faire : il ne sera pas loisible à la congrégation, sous quelque prétexte que ce soit, de se charger d'autres effloes ou prières ordinaires, que de celles qui sont marquées en ces constitutions et directoire; car ainsi elle aura plus de moyens et de sujet de dii e et chanter l'of- 6ce avec la gravité et le respect qu'elle y observe maintenant.

CONSTITUTION XDt.

Du eonfeisear ordinaire.

Bn toutes les occurrences esquelles il sera

d'un confesseur ordinaire, la para ajfrfrituel, avec la supérieure, et les soeurs conseillères, conféreront soigneusement ensemble des qualitez et conditions des ecclésiastiques, qu'on pensera pouvoir prendre cette charge tant importante : puis, toutes choses bien considérées, le père spirituel el la supérieure choisiront celuy qu'en bonne conscience ils jugeront plus propre à cela.

Or faut- il qu'il soit homme de doctrine, de prudence, et de vie irrépréhensible discret, honneste, stable el dévot, el te| que l'evesque, le père spirituel et la supérieure se puissent reposer en son soin e( en son zèle , en ce qui est requis pour le bon estai de la conscience des sœurs : car encore que l'on employé à cela mesme plusieurs autres bons moyens , comme sont les confessions extraordinaires, el lescofi^ munications avec des per>onne9 spirituel^ les, el s|)ecialement avec la superieurOi ainsi qu'il est dit en divers endroits des constitutions, el notamment au chapitre suivant, si est-ce que le confesseur ordinaire a plus de pouvoir pour maintenir les consciences des sœurs en pureté et since* rite que nul aulre , esUmt comme 1 ange visible député à la conservation des iynes du monastère , el pour leur avancement au salut éternel.

El de mesme, s'il arri voit qu'il fallusteq démettre un pour quelque occasion , la supérieure el les sœurs coadjuir«ces en conféreront avec le père spirituel ; el la con* ference estant faicle, le père spiriluel et la supérieure se résoudront, el tant pour l'élection comme pour la déposition , on rapportera à l'evesque , ou à son vicaire-general, ce qui aura esté faict, afln qu'il l'approuve : el qu'en cas que le père spirituel et la supérieure ne fussent pas de mesme avis, il delerminasU'election ou la déposition par son autorité.

Le confesseur ordinaire devant estre si bien qualifié, le père spiriluel luy pourra laisser toute la charge des affaires spirituelles, ordinaires du monastère, oiiy mesme d'oclroyer les congez par escril, pour faire entrer selon les constitutions, les charpentiers, maçons, laboureurs, médecins, chirurgiens , et autres personnes, dont les entrées sont fort souvent requises.

aaaaiaatra

ou expédient de faire élection [ afin que les pères spirituels soient tant

moins importunez et iooommodex, et qu*on n*bit recours à eux que pour les choses de grandeconsideralion; comme aussi pour les choses tcm|>orcIles, où la présence du

CSONSnTOTIOÉâ.

père dpirituel seroit requise , le confesseur caresmer es temps esquels la ootij^regaticn

A»rlînfiîrA rkmim*/iîl tnnîi* ttn n\ann niinffili il tin mrAttniA ff\na

en quelque exerèiêe aprèf f heure ordi> nairede la retraite, ou de ne point se recréer au. temps des récréations, ou de jeu»nerplus souvent que les autres, ou de

ordinaire pourroil tenir sa place quand il Iny semblera à propos, et à la supérieure. n prendra encore de l'evcsque Fautorité pour donner les di.^penses do travailler ou faire Iravuiller es jours de fcstes , quand il jugera qu*il soit requis , et de dispenser pour Tusage des viandes prohibées en caresme , jours de jeusnes , vendredis et samedis, quand la supérieure jugera qu'il en soit besoin par Fadvis des médecins.

Quand les soBurs et la supérieure mesme luy parleront, elles rappelleront, ou monsieur, ou mon père , et iuy porteront une grande et sainc^ révérence, comme a celuy duquel Die^se sert pour leur distribuer ses grâces et miséricordes es trestainctsSacremens. Il prendra un soin particulier à ce que ny par Fimpoôitioa des pénitences extraordinaires, ny par les conseils et advis qu'il donnera en confession , rien ne se fasse qui puisse troubler Tordre et le train du monastère, autant que faire se pourra, et mesme aûn qu*on ne s'apperçoive de Testa l des consciences des sœurs qui se sont confessées.

Et finalement comme les sœurs le doivent grandement respecter, ainsi qu'il a esté dit, de mesme doil-il aussi traiter avec révérence envers elles , les considérant comme espouses sacrées du Fils de Dieu.

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