CONSTITUTION XXII
Da lliDnillM tt).
L'bumililé est l'abrégé de toute Is dîwî* pline religieuse, le Fondement de l'ediBce ■pirituel , et le vray caractère et marque infaillibledesenfansde Jesus-Chrtst. C'est pourquoy les sœurs auront une attention {Ktrliculiere à la proctique de cette vertu; fei^nt toutes choses en esprit de profonde, ùncere et franche humilité.
Elles se porteront donc un grand honneur cordial les unes aux autres , non tant en gestes , contenances et paroles , comme en vérité et effet.
La supérieure tiendra partout le premJerrang , et l'assistante le second, comme vicaire de la supérieure; mais elles ne laisseront pas pour cela de s'eiercer eux offices de l'humilité, mmme de bailler, laver les ecuelles , nettoyer les malades UDe chacune à son tour. Et quant au reste des sœurs, quelques offices qu'elles, ayent, elles ne tiendront aucun rang , sinon en ce qui regarde leurs charges; ains elles les changeront au bout de l'année , selon le nombre qui leur echi-rra es billets des saincls , hormis celle qui sera déposée de la supériorité , laquelle pour une année ira toute ta dernière, quoy que la supérieure la puisse employcràse conseiller, et qu'en toutes autres occurrences on luy doive du res]«cl.
Le titre de dame , et madame, ny celuy de Toslre révérence , ne seront point donnez à aucune des eceurs , ny à la supérieure ; ains seulement celui de ma mère pour la supérieure, pendant sa supériorité; et de ma sœur pour les autres, comme ausâi elles useront des titres de vostre charité , vostre dileclion , les unes envers les autres.
Lesjeunes honoreront les vieilles d'âge, encore qu'elles fussent nouvellement venues à la congrégation ; et toutedavec une
m W>w Im éMIIIi— * I» Win *— CimUWII»»
nobi'e , généreuse , et cordiale humilité ae préviendront mutuellement en honneur et respect , comme l'apoelre ordocme.
Elles useront enmre de respect envers toutes les personnes , mesmes séculières, et les nommeront lousjottra Ugoenblement une chacune selon sa quafité, UM en' mespriser aucune, pour paDvre,'Vile et abjecte qu'elle soit.
CONSTITOTION XMI.
De U modwUa (i).
Que les sœurs en toutes leurs actions , observent unegrande simplicité, modestie et tranquillité , fuyant le faste et appareil des contenances mondaines et affectées , que leur parole soit humble et basse , les yeux doux et sereins, et pour l'ordinaire baissez, spécialement au chœur, au réfectoire, au chapitre, et quand elles paroissent devant les séculiers.
Elles éviteront, tant, qu'il leur sera possible , toutes sortes de gestes qui sentent la legerelé, surtout estant au parloir, gardant une humble et douce gravité , sans familiariser avec ceux qui leur parleront.
Qu'elles soient humbles, douces, cordiales et franches entre elles , se respectant amiablemant, et s'en tre-sal liant par l'inclination de la teste lorsqu'elles se rencontreront, sans pourtant s'arresler les unes avec les autres en devis , ne parlant que pour choses nécessaires , sinon Ionqu'il leur sera permis.
Qu'elles n'usent d'aucunes caresses les unes envers les autres , qui puissent tant soit peu causer aucune imagination badina et foieslre, ou produire aucun amusement sensuel , si eipresiement deffendu en la règle , et mesme quand quelquefois elles s'entredonneront le baiser de paix, comme au jour de la réception de l'habit, à la profession , et au renouvellement gênerai, que ce soit seulement à la jolie, et non à la bouche , et que cela se fasse fort simplement, selon l'ordre que l'on se trouvera au cœur à la ùa de tout l'ofiice, aprisla messe.
Qu'elles ne oontesteot point, non pas roesme en cbwes légères. Qu'elles gardeat
GONSTlTOnOIIS,
la netteté et l*bonnesteté de la bienséance veiigieine en leurs habita » sans aueane afléctaiion ny cariosité.
Estant averties en chapitre , ou au refèotairat de leurs defliuts, elles reeenontavec hmnilité ravertissement sans réplique vf «Me : ny n'en parleront point hmrs de là , ny d'aueune autre diose qui a*y fasse un dise ; aina garderont la rererenoe dette à toutes telles acUons , mortifications, et humiliations, non-seulement faictes de leur propn mouyement : mais beaucoup plus lorsqu'elles sont enjointes , ou qu'elles leur sont faictes par la supérieure , regardant avec estime tous ces moyens comme inspirez de Dieu pour leur avancement.
Quand on fera la correction à quelque sCBUr , ou que l'on en mortifiera en pre« aence des autres, nulle n'entreprendra de ts défendre ny excuser : mais si quelqu'une sait quelque chose en faveur de aon innocence, elle pourra en particulier le dire à la supérieure» avec humilité et modestie.
Nul ne présumera d'aller au parloir» ou toumofr, ny ailleurs • pour parler aux étrangers , ny escouter ceux qui parlent , ny demander à la portière , ou quelqu*autre qui y aura esté , ny que c*esl que Ton y a dit.
Elles ne parleront aucunement à ceux do dehors de ce qui se fait dans la maison , sinon que ce fust quelque chose qui puât servir d'édification.
Elles n'cnlreront point es chambres les unes des autres sans congé, et sans avertir celle qui est dedans, heurtant premieremeni ù la porte » et attendant qu'elle die : Au nom de Dieu.
Et tandis qu'elles seront plusieurs en une chambre , faute de logis , elle ne remueront point les besognes les unes des auUres,
Elles n'entreront point dans les chambres des oiSces les unes des autres sans congé , et n'y prendront rien qu'elles n'en avertissent la sœur qui en a la charge , et par après auront soin de le rapporter en temps convenable.
œNSTITDTION XXIV.
Da toapte de tout les meis.
Vous les mois les sœurs découvriront
leur cGBur , sommalreBsent et brieffemant à la supérieure , al an toute aimpHolté et fidèle confiance , loy en laront voir tout te replia, avec te iBasase ainoerltéat eanèsur qu*un enftot aïonstraroit à m maie aaa egrat^^ures , ses forondea , au ks ptequeurea que les gueapea loy anmiaet ftiictes : et par ce moyen rendront oomple tant de leur avaDoanevt at pragrèa, qoe de leurs pertes et defouta es esercîoes de l'oraison , des vartua atde la vie sfrfritiieUe: manifestant encore leurs tentationa et peines Intérieures , et nop-seulement pour i» consoler, mais ausai'pour se fortifier et humilier. Bienheureusea seront celles qui practiqueront naVf^ment at dévotement cet article , qui enseigne UQe partie de la sacréQ enfance sphituelle , que Nostre-Seigneur a tant recommandée, da laqueDa provient , et par laauelle est conaarvîée Ift vraye tranquillité ae l'esprit. Le premier jour de communhm de chaque mois « tm^ diacune fera à part soy le renonveltemen^ de sa profession, à la fin de l'oraison di^ maUn ! et à cet eflét diaqo0 sœur aura er^ eserit la forme de sa profMskm, aignée é^ sa main qu'elle lira alora.
La veille dn renouvellement de diaqu^ mois, l'on avertira lessoDurs, en donnant Tobedience à midy , de se préparer poutfi faire cette action avec le plus de soin et d^ dévotion que faire se pourra , comme auss=^ une chacune lira les constitutions et di— — rectoires particuliers qui regardent son of — fice ou condition tous les mois , avec reille dévotion que si alors ils leur estoien' donnez nouvellement. Et Dieu leur donnera tousjours des nouvelles lumières patfP la lecture d'icelles.
œNSTITUTION XXY.
De la correction.
Quand quelqu'une fera quelque faut^ légère , les autres ne la reprendront points mais en cas qu'elle continuast , elles ei^ avertiront la supérieure, afin qu'elle ]^ mette ordoe. Que si la faute estoit d'im^ portance et secrette , celle qui l'aura ap^^ perçue fera doucement et amiablement lia corréiction fraternelle, selon l'Evangile, jusque à trois fois ; après quoy, si la défaillante persévère à ses feules , elle aéra
GONmiUIlMii
delBrée à la Mille supérieure , afin que par Urne les meyem possibles , elle y remédie ; mais si la faute n'est pas secreite , elle en avertira la supérieure d*abord.
Et en eas que la faute qui est découverte , pour le scandale , conséquence et nuisance qu'elle tire après soy, semblast devoir estre prompiement manifestée à la supérieure , eelle qui Paura veuëou sceotf, prendra l*avis de la supérieure mesme , ou du père spirituel , sans nommer ny Caire eognoffstre celle qui sera coupable , sinofl après qu'elle aara esté conseillée de laiMMAtter.
Afin que raMendement se fasse plus . grtitid en la oongregatioa , la veille de la /dreoncislen , après que l'on aura tiré tes ' saincts , Tassistante priera la supérieure » au nom de toutes lès sONirs » de donner à diseune une ayde, et la supérieure la baillera , leur enjoignant d'avoir soin par* ticuller de d*exciter réciproquement à l'amôur de Dieu , à se corriger de leurs de* fauts , en esprit de douceur et de charité; et faire en sorte que ce soit sans aucune autre particularité ensemble , et lors elles se prieront l'une et Tautre de faire soigneusement cet office réciproque , lequel par après elles practiqueront fidèlement , sans monstrer aucune sorte de degoust ou de défiance ; se gardant neantmoms de mes« 1er à leurs corrections la censure ou murmuration peur lés imperfections d'autruy. Et parce que la coustume est , que nonseulement les surveillantes, mais aussi les autres sœurs , fessent les avertissemehs au réfectoire , après grâces , des fautes qu'elles auront remarquées, ce qui est de très-grand profit , elle sera gardée et olv* servee inviolablemenl , comme aussi celle de dire les coulpes , et faire les mortiflca*: tiens devant le JfeneâieiU.
CONSTITUTION XXVI, Do chapitre.
Lesamedy, toutes les sœurs, sans qu'aux cune s*en puisse excuser, si ce n'est pour cause extresmement grande^ tant les pro*^ ' fesees , que les novices et les sosurs du ménage , s'assembleront au chapitre ; et après avoir dit le FafN êûnch SfMkmy la supérieure dira tout ce qui loy
blera devoir Atre dit ittur la bkA spirUuel de la oongragatloo. Que si quelqu'une dG4 sœurs avoit quelque chose à proposer sur ce sujet mesme , elle le dira auparavant à la supérieure , laquelle , pour ayder sa mémoire , fera une petite lista de tout ce qu'elle aura à déduire , ai boQ luy semble.
Après cela , celles qui voudront diront leurs coulpas pour |riiia grandi bwpilité , f l on les corrigera doucement et amiablement , sans toutesfbis eitefiUéf leurs (sûtes*
Que s'il n'y a autre chose à dire » la supérieure lira . ou fera lire au chapitre quelque avis tiré de quelque livre oevot ou un article de la règle. Et attendu qu'eu toute assemblée faicte au uoiu de Dieu , il le treuye au milieu , les sœurs doivent assister en celle^cy, qui est vrayment faite en ce trea^saioct nom, avec grande révérence » dévotion et attention , s'imaginent de voir Nostre-Seigneur au milieu d'elles t par l'ordonnance et inspiration duquel leur sont dites plusieurs çhosea puur leur perfection.
GOMSTirUTION ]CKVlt.
tk M teMptIon et dfttriboUon des laoi^Slis de li BMiien*
Lea denrées seront reçeutts par l'i^co^ nome, qui rendra ^mpt^de mois eniuois à la supérieure, en présence de la portierai d'une des aurveillaates; mais Tarpnt sfra déposé en un coffre à trois clefs « dont una sera fardée par la supérieure , l'autre par la portière , et la troisienne par l'o^nQiyiai et sera tenu rooUe des sommes qu'çn recevra » aveo les particularité} 4u jour, al des personnes qui les deUvreroat > et W^ causes pourquoy.
Lors que « par la çanmaadamitt ^ là
supérieure , on prendra ce qui seni raquia pour les nécessitez de la maison et des sœurs , l'od fs«a da auttt foolter qui contiendra les sommes tirées, escrit de la main de l'une dé eçHed qii! garderont Mclefs, et les causes pourqUoy elles ont esté tirées : et sera signé de la main ëa la auperieura , et de l'autre qui garde laaolaiB». afin qu'au bout da chaque aaaée » un pat avant Noël , toutea leaoffioiaraa anaaaAbto aveala
comtmnnaNk
un ^M de loue cd qui s'est psssé'aa ina* niement exieriear de la maison; lequel (îstat sera represenlé au supérieur en la viliie.
Kt qiianl à la dépense Journalière, Toboo» iiciJiq çn aura lé soin , faisant faire ieS' (dt^loitea reqoisas par Tune des sœura lourieres*
GmSTTTDTKXf XXVIIL De ptre lairiUMl de U «tiMB.
La congrégation demeurera sous l'autorité ordinaire de l'evesque , ainsi que la règle le pbrte , auquel elle demnadera ua pftci spirituel, qui de la part d'ioeluy, fendra garde à ce que les règles soient bien observées, et qu*aucun abus ny changement ne s'introduise ; ▼isitera la maison uiie fuis l'année, ai«isté d'ua compaj^non mléur d*age ; dîFcret et vertueux : se treuvêra aux élections de la supérieure et du cônlbaBéur ordinaire ; signera les causée déiÉ'nrriies>xtraordinaires dessosurs , s'il eà'MW quelque légitime sujet , et celie éjk.eàtrées des hommes et femmes qui j eétrent pojir quelque service nécessaire , sinon qu'il jugé i propos , quant â cet article de l'entrée , d'en laisser la charge au confesseur ordinaire , ainsi qu*il a esté dit cy-dessus. El à ce père spirituel , tant la soperieure que les autres sœurs, poorroht aV<Hr'reeours où il sera l>esoin , d'une spe-> cîMe providence.
'Mais quant à la visite, il seroit expédient qu'elle se fist par l'evesque mesme , a^^ l'assistance du père spirituel et du ctnietéeur ordinaire.
Ce' père doit donc estre homme de glande vertu , et bien reconnu docte , efpert , et de grande charité , afin qu'il sçache conduire la congrégation , sans se iMser delà peine qu'il aura en celte saincte besogne.