ARTICLE CL
Quand on sonne l'obédience, que les sœurs se lèvent prompteuient , et demeurent debout, avec un mainlien humble et dévot, attendant l'obédience, sisant en elles-mesmes : Parlez, Seigneur, vostre servante vous escoute. 0 mon Dieu ! rendez-moy digne d'accomplir vostre saincte volonté ; et recevront en cette qualité tout ce qui leur sera enjoint par la supérieure , sans répliques ny excuses, encore qu'elles eussent quelque autre chose àifaire ; mais tî c'estoit chose pressée et nécessaire, elles le diront par après à la supérieure, e( si elles sont novices , elles s*addresseront à leur maistresse , qui en advertira la supérieure.
Si tost que l'obédience sera donnée, les SQBurs qui n'ont rien à demander se retireront en leurs cellules, ou autre lieu qui leur aéra convenable, pour faire leurs ouvrages, et ce qui leur aura esté ordonné. Qu'en entrant elles se mettent plus particulièrement en la présence de Dieu, luy demandant la grâce d*empIoyer le silence, selon la fin pour laquelle il a esté sainclemcnt institué , qui est, non-seulement pour empescher le vain babil; mais aussi pour retrancher les pensées vagabondes et inutiles, s'en Iretenanl avec TEspoux, et pour prendre nouvelles forces pour travailler sans cesse à son divin service.
Elles se pourront servir de Toraison du matin , regardant Nostre-Seigneur au mystère où elles Font médité, et s'arresteront surquciques-uns des points qu'elles auront plus goustez. Par exemple, si elles ont médité le mystère de la flagellation, et que le regard doux et amoureux que le bénin Sauveurjetloitdcfoisà autres surceux qui leflagelloient, ait touché leurs cœurs, elles doivent se le représenter souventefois, faisant ensuite cet eslancement :
0 doux Jésus, rcgardez-moy des yeux de vostre miséricorde. Une autre fois: Hel Seigneur, ostezde moy tout ce qui peutdeplaire à vos yeux.
Elles pourront aussi demeurer douce*
.mentaux piedt de Nofi(re-deigpieiir,CQiiim6 MagdeleÎDe, escoutant ce qu*il dira àleon cœurs, regardant sa bonlé eisoo amour, et luy parlant de temps en tempe par cei elancemens de cœur, et oraisona jacola»
loires, telles ou semblables :
0 Dieu ! vous estes mon Père, reoevomoy entre les bras de vostre divine pro? idence.
Mon Dieu, ayez pitié de ma misère.
Hé , Seigneur 1 que je ne vive que poor vous.
Hélas, mon salut, donnez-moy vostre amour.
Vous estes, à mon Dieu I toute mxm ee* perance.
Jésus , soyez-moy Jésus.
Sauveur de mon ame , quand seray-je toute vostret
Recevezrmoy, ô bon Jésus! entre lei bras de vostre providence.
0 mon Dieu I faites de moy sekm vostte divine volonté.
Seigneur, que je ne vive point , si je se vis pour vous I
0 mon Roy ! quand vous verray-Je en vostre gloire?
Seigneur, soyez propice à moy pauvre pécheresse.
Hé Dieu 1 quand vousaimeray-je parfaiotemcnt?
Seigneur, donnez^noy un cœur humble et doux.
Mon salut et mon amour.
Mon Dieu , vous estes mon tout.
0 Jésus 1 vous estes les délices de mon cœur.
Hé , Seigneur 1 que j'accomplisse toutes vos volontez.
Par vostre bonté , gardez-moy de vou3 déplaire.
Mon souverain bien, je ne veux plus qu^ vous.