‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 308 sur 365 · RECUEIL DE QUELOCES POINTS · texte numérisé non relu

RECUEIL DE QUELOCES POINTS

TIRÉS DES MAPfCjr.RITS DES ENTRETIENS DE NOTRE BIENIIECBF.DX PÈIlt QUI SB SOriT PAS IMPIUMÊS, ET QUI ONT SËM£U ÊTRE UTILES.

C qnl • rtU omis d> fcnlrelten de li MrdlalUA.

Dlles-vous , mn flile , ei vous devra rfre au ciitpur pt ;ui rcfccloirL- , quand , sur quelques rsirontres inopin#F« , les autres rienl? Je vous di^ queduni le cliŒur il ne foui nullement contribuer à la joye des autres , ce n'en est pas le lieu , et ce deraul doit eslre vivement corrigé. Pour le refeotoire, si jem'appercevDis que toutes rient , jo rirois avec elles , mais si j'en voyois une douzaine sans rire , je ne rirois pas ot ne me mettrois point en peine d'ei^tre appelée trop sérieuse. Ce que j'ai dit que nous devons rendre DOtre amour si esgal envers tes sœurs , que nous en ayons autant pour les unes que pour les autres ; cela veut (}ire autant que nous le pouvons , car il n'est pas en nosire pouvoir d'avoir auhmt de suavité en l'amuur qua/iijus en avons pour celles A qui nous avons moins d'alliance et correspondance d'humeur, qu'nvec les autres, av^c lesquelles nous avons de la sympathie : mais cela n'est rien , l'amourde charité doit eslre gênerai, et les signes et tesnioignages de nostre atniliééi^ux , si nous voulons eslre vrayes servantes do Dieu.

Nous ne saurions bonnement cognoislre nos paroles oiseuses, il s'en dit peu en ce-'^ maisons de religieuses observantes ; vduIg7-vdus Bçavoir ce qui seroit oiseux? si lorsqu'on doit parlerde choses sérieuses etsainctes, une saur venoit à raconter * un songe on quelque conte (ait à plaisir, aior^son discours n'auroit point de fin, et par conséquent seroit inulile , comme aua-i pourdire une chose qui se peut dire en douze paroles , j'en dis vingt de gayetd de cœur et sans nul besoin, cela est inulile, sinon loulcsfuij'quecette multiplication se Bal par l'ignorance de celle qui parle et qui ne ^e sait pas autrement expliquer, alors il n'y a pas péché.

Ual^ quant a la récréation , il ne faut pas croire que ce soit paroles inutiles que les

pelUes choses indifférentes (lue l'on y dit, d'autant que c'est à une ta tres-sanicie et Ires-utile; les KBura ont besoin de se recréer, et siirlout il f.iul bien faire faire la récréation anx novice^ .il ne faut pas tenir toujour^l'espril bandé, il seroit dangereux de devenir melancholique , je ne voudrois pas que l'on flst scrupule quand on aurait passé toute une récréation à parler de choses iuliS'erentes . une autre fois l'on parlera de choses bonnes.

Les propos sa inctement joyeux wnt ceux où il n'y a point de mal , qui ne taienl point le prochain d'imperfwtions. car c'est un défaut qu'il ne faut jamais faire, nipB^ 1er de choses mcsseantes et indifférentes, comme aussi s'affectionner à parler longtempadu monde et des choses vaines, deux ou trois [«rôles en passant , puis l'on se radreiK , cela no mérite pas seulement que l'on y prenne garde ; de riro un peu de quelques paroles qu'aura dites une sœur, il n'y a point de mal; de dire une parole dejoyeuseléqui ta mortifie un peu, pourvea que cela ne l'attriste . si je l'avois fuit sans intention , mais par simple récréation, je ne m'en confef^serois pas : quand nous tendons à la perfeclion , il faut tendre au blanc , et ne se pas mettra en peine quand nous ne rencontrons pas tousjours ; il faut aller simplement A la franche Marguerite, bien faire la récréation pour Dieu pour le mieux louer et servir ; si l'on n'a l'inleolion actuelle , la générale suffit.

Vous me voulez aujourd'hui interroger de la confession , j'en suis content , mes chères Biles , et premièrement je vous dis que c'est une liberté toute suincte , et de la sacrée enfance spirituelle de l'Evangile , que celle que vous avez d'aller demander en simplicité de cœur ii la supérieure ou directrice , quant aui novices, en quelle façon vous vous cuafessen;i da

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Inerhojw , où qnelqoesfolsvoiwvoi»

ez embrouillées : or quand on vous pie Ton ne croit pas quil y ait matière mfession , l*on ne tous dit pas pour le ne vous en confesser point , aussi -on très-grand mal d*aller dire à un sseur, j*ai bien encore quelqtie feute^ ma supérieure m'a défendu de m'en s'ser : car outre que cela n'est nullevray, voiis obligez le confesseur à ^ire dire cette faute , à laquelle peutne cognoissant ny le fond ny Testât «tre ame , ny la rondeur de vostre îre de vie , il y croira trouver du , et se mettra à blasmer d*impra- , d'ignorance et de mauvais gouvernt, murmurant contre vostre institut, i en vérité vous donne autant et plus )erté pour la conscience qu*en puisivoir aucunes religieuses : jamais vos ieures ne vous pressent de leur dire e vous ne leur voulez pas dire , ny s elles ne vous défendent de dire ce ous voulez dire de votre conscience confesseurs ordinaires et extraordii; que si vous demeurez si longoeen confession , que toute la commuen soit incommodée , et que la suire vous die que vous deviez deer à vous confesser la dernière, selon e de la maison , a6n que les sœurs oivent aller selon leur rang ordinaire oyent pas incommodées; elle ne vous nde pas pour cela, que dites-vous?

c ne dites-vous pas? Elle ne fait nul e vous ressouvenir qu'il faut que tout )ar ordre en la maison de Dieu. Mais nlaisies de l'esprit humain sont oses , pour peu qu'on les esooute I Je ay dit maintesfois, mes tres-cheres que c'est la voie du ciel que la sim- ^, que les supérieures sont les lieutes de Dieu ; celles qui vont à cœur t franchement et confidemment avec )nt trouvé le grand secret pour malnla tranquillité et la paix de l'esprit , tsn'en trouveront guère ailleurs. Mais isay aussi dit que vous n'avez aucune ition sur peine de pcclié de tout dire supérieure, beaucoup moins estesgesnées à ne dire point ceci ou cela nfof^^eur; dites-lui à la bonne heure •^^qae vous voudrez, mais ne parlez ie vous et de ce qui appartient à la

confession. Il est vrai, mes tres-cheres filles , qu'il se trouve des confesseurs fort doctes, qui ont confessé long-temps et trèsdignement les séculiers, lesquels toutesfois n'entendront pas les filles de la Visitation , ny les personnes qui font profession d'une grande spiritualité, parce que les fautes sont si minces et d*une couleur assez difficile à discerner , qu'ils prendront de petites aversions pour de grosses malveuillancos , des petits détours d'amourpropre pour de grands mensonges , de pe* tites inclinations pour des attaches fort mauvaises. Les sœurs qui s'apperçoivent par la correction que leur confesseur leur feit qu*il ne les entend pas feront bien de lui dire avec humilité : Mon père , je n'ay pas su me faire entendre , ce n*est pas oe que votre révérence comprend que je veux dire , e'est en telle ou telle façon qu'il se doit entendre. La supérieure qui s'apper* çoit de cela doit par forme de discours oor^ dial et humble donner à entendre à tel confesseur la manière d'agir des filles de l'institut : il faut estre spirituel pour entendre le langage des âmes spirituelles , l'on va à la confession pour se reunir à Dieu. 0 que les aroes religieuses ont un grand avantage par-dessus les mondains I estant dehors de ces grandes occasions de désunions , parce qu'il n'y a que le péché mortel qui noua desunissode Dieu ; le véniel fait seulement une petite ouverture entre Dieu et nous, et par le sacrement de confession nous remettons nostre ame en son premier estât.

L'on peut commettre en confession quatre grands manquemens ; le premier quand on y va plustost pour se deacharger que pour plaire à Dieu; Ton est si satisfait quand on a bien dit ses raisons, meslant le défaut des autres pour nous mieux fairo entendre. Et c'est par cette voie que les péchez se commettent bien souvent en confession.

Le deuxiesme , c'est quand on va dire au confesseur de beaux discours agencés de belles paroles , raconter une grande histoire pour se faire estimer et croire que l'on est bien esclairé, faisant semblant d'exagérer les fautes, et pçr ce moyen d'une bien grosse, l'on fait tant qu elle est bien petite , et qui ne donne |Mis oognois» sance au confesseur de Testât de ('anu^

Mé

HBODBIL DE QinSliQimS MÊMêi

Le troisiesme manquemenletl que l'on y va avec tant de finesse et couverture, qu'au lieu de s'accuser l'on s'excuse par une grande recherdie de soy-mesme , craignant que l'on ne voie la totalité du défaut, cela est tree-dangereux qui le feroitvolontairemeut.

Le quatriesme est qu'il y en a qui sesih tisfont à exagérer leurs fautes , en feisant une grande d'une petite, tout cela est trea> Bal ; je voudrcMs que l'on procedast simplement et franchement, purement pour Dieu , avec une vraye detestation de ses lliutes , et entière volonté de s'amender.

n faut discerner en s'accusant les petites d[>eys8ances d'avec les importantes; les dioses d'ordonnances d'avec celles de conaeil , car les confessions doivent estre tellement nettes et entières que rien plus. U tint dire les choses comme elles sont , et ee qu'elles sont; si l'oheyssance où vous avez manqué estd'hnportanca,ditesquelie elle est tout simplrâient , et faites de nesme pour les autres manquemens ; pour les peUtsmanquemenssuffitdedhred'avoir manqué deux ou trois fois à quelque di^ysaance légère et peu importante , cela tient le confesseur en repos : mais il faut considérer le mouvement , et les circonstances qui interviennent en nos fautes , et s'en accuser franchement , car la règle ny les constitutions n'obligent point à péché.

Ce n'est dont point elles qui causent le péché , mais les mouvemens de nostre volonté. Par exemple , la cloche vous appelle à quelques exercices , et par paresse ou autre mauvais sujet vous n'y allez pas , cela est un péché véniel : mais qui ne voit que ce n'est ny les règles ny les constitutions qui font le péché , ains le mouvement de paresse, par lequel vous désobeysaez. Dites donc franchement vos mouvemens et vos fautes , particularisant quelles elles sont , quand elles sont un peu grosses et tirent conséquence.

Il se faut confesser de ce que l'on fait , surtout quand on a du sentiment , comme de dire quelques paroles non préméditées il y peut avoir du péché. Toutesfois il ne ee faut pas mettre en peine , car nous n'avons pas une perfection exempte d'amourpropre , qui nous fait tousjours faire quelque chose par ci par là : si ensuite d'un prompt moufèment de sentiment je jette

là one plume, Je ne sois pas obligé ds m'en confesser, bien qœ si ces pranplî* ludes m'arrivent soQvent Je les dimy et ma revue générale , pour en tirer instrii^ tion. Une fille, par exemple , à laqnaBs 00 aura donné diarge d'éteindre au aoir iaa chandelles s'en oublien parfois par mégarde et contre aa vokmté , elle ^ pdat péché : maia elle ne veut pas a'aasih jettir à cette obeyasaooe, elle pêche eiafte doitoonfBBser. La diilBreDoeqa'il y a eatie le péché véniel et l'imperfection , é'eatqoi rimperfèotion est une surprise et ioadves* tance, et au péché nostre vdimté y coi» court

Quant à l'acte de contritloii , il laatavdir mi vrayregretdu mal passé et une booM reeolution de ne le plus commettre ; et à cet égard le Gonfiteor qui est la confession générale des chrestlens se doit dire biaa dévotement devant Dieu.

Mes chères filles , ne nous amusons poîal à tous ces discememena ny à vouloir pleih rer et sentir nostre contrition, auffiCqu'eUb aoît solide au fond du cmur et en la rese* lotion d'amendement: si l'amendemeotoa soit pas toujours, ne laissons pas de tous» jours travailler à cela, c'est nostre vraje besongne.

L'on demande si en l'examen il est bon de discerner le péché véniel d'avec les imperfections? oui , ma cbere fille , mais entre deux cents, il ne s'en trouvera pas deux qui le sachent faire , sinon es choses bien grosses.

En voici un exemple : je viens vous dire qu'une telle personne vous salue , se recommande à vous , m'a parlé de vous avec estime , et de tout cela il n'en est rien , voilà un pecbé véniel tres-volontaire : mais je raconte quoique chose , et dans mon discours , il se glisse quelques paroles qui ne sont pas du tout véritables , dont je ne m'apperçois qu'après les avoir dites , voilà une imperfection dont je ne suis pas obligé de me confesser , sinon quo je n'eusse rien autre. Il faut que je vous dise une chose qui m'arriva à Paris confessant la B. H. M. de l'Incarnation , qui estoit encore séculière ; après Tavoir confessée deux ou trois fois avec beaucoup d'attention , enfin je dis une fois à cette B. H. que je ne luy pouvois donner l'absolution , parce que les I choses dont elio s'accusoit n'eatoient qua

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