‹ Œuvres complètes; nouvelle édition collationnée et augmentée des lettres de Sainte Chartal, des lettres inédites de l'auteur, du portrait de lui et d'autographesChapitre 9 sur 365 · LÀ RELIGION PRETENDUE REFORMÉE · texte numérisé non relu

LÀ RELIGION PRETENDUE REFORMÉE

IfissnnjBSy

Ayant continué quelque espace de temps h prédication de la parole de Dieu en Tostre ville (2) , sans avoir esté oiiy des Tostres, que très-rarement» par interruption et à la dérobée ; pour ne laisser rien en arrière de mon costé , je me suis rois à réduire en escrit quelques principales raisons » que j*ay choisies , la pluspart tirées des sermons et autres traités , que j'ay laits cy-devant, de vive voix, pour la deffen^e de la foy de l'Eglise ; j'eusse bien désiré d'eatre oiiy aussi bien que les accusateurs , car les paroles en bouche sont fives , et sur le papier elles sont mortes : g La vive voix , dit S. Uierosme , a je ne 8çay quelle secrette vigueur, et le coup est bien plus justement porté dans le cœur, par la vive parole , » que par Tescrit : ce qui a fait dire au glorieux apostre S. Paul (3) : « Gomment croiront-ils en celuy qu'ils n'ont point oiiy? et de quelle manière pourront-ils oiiyr sans prédica-

(t j Cêm «plftn Mite 8 rrufiols te telM. ptr manin* te tedicace «4 te pivface. (if oi« dm prtmMr édittur.)

(t) 11 teot Icy obterver qoe la fUla te Thonoa , capllito te Chablali, Mtoit preaqiM toat* hérétique eu ce iMps . et qu'il eeiolt tefeoUtt ani peuples , par lei mlrfrtraa 4'oAyr le* prMlcaUvoa te talol. litote du premier éditeur.)

||4 Eea. B, U, II, il.

teurs ? La foy est par ToUye , et l'oUye est par la parole do Dieu. » Quoyque moD mieux eust esté d'estre oiiy, cette cscriture neantmoins ne sera pas sans de bonnes utilitez; car premièrement elle portera chez vous en particulier ce que vous ne voulez pas prendre chez nous en l'assemblée ; secondement, elle contentera ceux qui , pour toute réponse aux raisons que j'apporte , disent qu'ils les voudroient entendre devant quelques ministres : il leur semble que la seule présence de l'adversaire nous feroit chanceler, paslir et transir de timidité , et nous osteroit toute contenance , mais maintenant ils les pour ront produire ; troisiesmement , l'escrit se laisse mieux manier; il donne plus de loisir à la considération que )a voix §t on y peut penser plus sérieusement ; quatriesmement , on verra par là (4) que si je desadvouë mille impietez qu'on impose aux catholiques , ce n'est pas pour m'eschapper de la meslée , comme quelquesuns ont publié , mais pour suivre la saincte

(1) Mélhote employte afee avaniage par Téféque te Belley, ami Intloie te &. Fraafoi* te Sales : ileotaïneamem de» proleslanii , Paria, IIM, In-lS, éditloa te Richard SlinoD i par Veroo , Jéanite , eurè te Charenlont Mgk te la foi , en !aU» et en fraoçoU , par let frèfif Waleoihurcb ; par llutUeu ■ Analysi» fiàei; vi par Ooa- •Ml : ExpoiitioH te la dootrtnt catholnivc.

PRÉFACE

intention de l'Egliso , puisque je mets en escrit nos raisons à la veuë de chacun , et ce , sous la censure des supérieurs, asseuré que je suis , que s'ils trouvent en moy quelques ignorances, ils «V trouvoronl point , Dieu aydant , d'irréligion ny de contrarietez aux déclarations de l'Eglise romaine. Si faut-il toutefois que je proteste , pour la décharge de ma conscience, et que je déclare , quç V>u^^ ce9 oonsi'derations ne m'eussent jamais mis en resolution d'escrire , estant un mestier qui appartient aux doctes et plus polis entendements ; car il faut exlresmement bien sçavoir les d^oses pour les bien escrire : les esprits médiocres se doivent contenter

rôle de Dieu (4). Aussi ne pensay-je vous pouvoir jamais faire un plus grand service, et à dire le vray, je crus que comme vous ne recevez point d'autre règle pour vostre CEBanee , que la seule exposition et interprétation de l'Escriture , qui vous semble la meilleure, vous voudriez peut-estre, au moins , otiyr celle que j'y apporterois , qui «st de l'Ëglise apostolique et romaine , laqu^Ievpiys n'§[y$ jamais veiie cy-devant que toute travestie , deâgurée . et contrefaite par l'ennemy, qui sçavoit bien que si ^ous l'eussiez veiie en sa pureté , vous ne l'eussiez jamais abandonnée. Le temps est mauvais, Tevangile depalk peut à grande peine estre receu parmy tant de soupçons

du dire , où l'action , la voix et la conte- de guerre , et toutesfois je ne perds point

nance donnent du lustre à la parole ; le mien , qui est des moindres , ou , à tout rompre , de la plus basse trempe de^ médiocres, ne peut réussir que oiediocreoient en cet exercice; aussi n'y. aurois-je pas pensé , si un gentilhomme grave et judicieux ne m'en eust pressé et donné le courage : ce que depuis plusieurs de ines principaux amis ont trouyé fort bon l'advis desquels je prise taât > ç(ue le mien n'a point du tout de creajiœ ea moy qu'à faute d'autre. 4'ay donc pruiluit Içy quelques principales raisons de la foy catholique romaine, qmî monstrcnt clairement que tous ceux qui demeurent séparez de sop unité , sont en deffaut. Je vous les adresse, messieurs , et vous les présente de bon cœur, espérant que les occasions, qui vous détournent de m'oiiyr de vive voix , n'auront point de force pour vous empescher'de lire cet escrit. Après tout , j'oze vous asseurer que vous ' ne lirez jamais d'escrits qui vous soient donnez par un homme plus affectionné à vostre bien spirituel que je le suis; et je puis bien dire que je ne recevray jamais de commandement avec plus de courage que celuy que monseigneur le reverendissimonostreevesque me ût, quand il m'ordonna , suivant le sainct désir de son altesse serenissime, dont il me mit en main la lettre de jussion pour venir icy vous porter la saiocte pa-

courage ; les fruits un peu tardifs se conservent beaucoup mieux que les printaniers , et j'espère que si JNoine*Sùlgiieur crie une fois , à vos oreilles , son saint Epkpheta , cette tardiyeté retissrra avec beaucoup plus ée fermeté et de bonheur. Prenez donc , messieurs , en bonne part , ce présent que Je vousfaîs , et lisez mes raisons attentivement ; la main de Dieu n'est point percluse ny partiale ; elle fait volontiers paroistre sa puissance dans lés subjets humbles et grossiers ; si vous avez otty avec tant de promptitude et d'ardeur Tuile des parties , prenez encore la patience d'escouter Tautre ; après quoy prenez , je vous en somme de la part de Dieu , prenez temps et loisir de r'asseoir vostre entendement , et priez Dieu qu'il vous assiste de son sainct Esprit , en une afl^re de si grande importance ,* a6n qu*il vous dirige dans la voye du salut ; mais surtout je vous prie que vous ne laissiez jamais entrer dans vos esprits autre pussion que celle de nostre Sauveur et maistre Jesui- Chriit , par laquelle nous avons tous esté racheptez et serôtis sauvez , s'il ne tient à nous , puisqu'il d^re « que tous les hommes soient sauvez et viennent à la cog-

(i) Od volt lef IM iDOttt^ qol OM o|»li>é oottre ultt d'flterlre Mt ouTrafe. Ce fut et annéM llM • SV «t H* /A|||« iMi yrMii«r éditeur^

FBEFAGE.

If

noîssance de la vérité (4). » Je prie sa saincte majesté qu'il luy plaise m*aydcret vous donner sa lumière ; qu'il m'ayde pour ( scriro oet ouvrage , et qu'il vous illumine I>our le comprendre selon son esprit : la méthode et le $tile ne vous déplairont i»oint; car son air est tout à fait savoisien t ("ftsayez an peu , s'il vous plaist, ce remède s^ilutaire ; que s'il n'allège point vostre ï^^al , encore pourrez-vous passer ailleurs , et en taster de plus subtils et appétissants; car il y en a, grâce à Dieu, en nostre Eglise de toutes sortes; vous verrer. en œluy-cy de bonnes raisons , desquelles je ne rends evictionnaire et rapporteur, et qui vous feront voir clair comme le jour, que vous estes hors du train qu'il faut soif re pour aller au salut , et que ce n'a pas esté la faute de la saincte Eglise 9) , mais la punition de l'avoir abandonnée , ce qui vient au dire du prophète : « Pcrditio Uaextêy Israël (3) , » pou vez- vous ignorer que Nostre-Seigneûr estoit c vray Sauveur^ Tenu pour éclairer tout homme vivant (4), et servir de lumière pour la révélation des gentils , et pour la gloire d'Israël C5) ! » Cependant Israël en prend l'occasion de son Ignominie, ne voilà pas un grand malheur ! Quand il est dit « qu'il est mis pour la ruine de plusieurs (6) , » il faut entendre selon l'événement , et non pas selon l'intention de la divine Majesté. Ainsi l'arbre de la science du bien et du mal n'avoit rien de soy-mesme qui pust apprendre à Adam le bien ny le mal ; ce fut l'événement qui luy donna ce nom , parce que Adam y prenant du fhiit , éprouva le mal que luy causa sa desobeyssance. Le fils de Dieu estoit venu pour la paix , repos et bénédiction ; non pas pour le malheur des hommes , sinon que quelque impie osast rejelter sur Nostre-Seismeur l'aigreur de sa saincte parole : « Ym homini illi , per quem scandalnm veniet (7) , » et le voulust

(1) TiBOt. n, 4.

(i) Lt mot maoqiM 4tu TorlflBal , •! nom aTont mit le not KgliM.

ft) Os4« . xtii. t. — (4) itaa , I, H (B) tac. Il, St. — (S) Lm, u, 9k, (T) Hatth. xvm, T.

condamner par sa propre loy à estre jctlô en la mer la pierre au col. Confessons donc que personne de nous ne peut e<tre offepsé que de soy-mesme , c'est ce que j'entreprends de vous persuader icy à force de raisons.

0 mon Dieu ! mon Sauveur ! épure?

mon esprit, faites couler doucement vostre grâce dans le cœur des lecteurs comme une saincte et divine rosée , pour rafraischir l'ardeur de leurs passions , s'ils en ont , et ils verront tres-veri table en vous , et en l'Egliçe vostre espouse , ce que vous en avez dit , et n'en feront point la matière du scandale.

Celte grande facilité que les hommes ont de sp sç;andaliser fii dire, ce me semble , à Nostre-Seigneur : « qu'il estoit impossible que le scandale ne fust point , » ou, comme dit S. Matthieu, « qu'il estoit ne- » cessaire qu'il arrivast des scandales (4 ) ; » car si les hommes prennent occasion d« mal du souverain bien mesme , commenT se peut-il faire qu'il n'y eust du scandale au monde , où il y a tant de maux et si peu de bien?

Mais il est bon de remarquer qu'il y a trois espèces de scandales , toutes trois très-mauvaises de leur nature, quoyqu'inegalement; il y a un scandale que nos théologiens appellent actifs et c'est une action mauvaise, qui donne occasion de mal faire à autruy : la personne qui fuit ce scandale actif, s'appelle justement une personne scandaleuse. Les deux autres espèces s'appellent scandales passifs : le scandale passif est intérieur ou extérieur; car entre les personnes qui sont scandalisées , les unes le sont en efTect par les mauvaises actions du prochain , qui par après produisent en elles le scandale actif, qui met leurs volontés en butte aux scjmdaleux ; les autres le sont par leur propre malice : car n'ayant point d'occasion d'ailleurs , elles jsjç^ bastissept et en forgent en leurs propres imaginations, et se scandalisent elies-meames d'un scandale qui est tout de leur cru : certes qui scandalisi (i)ik

PRÉFACE

outi uy manque decharilé verssoy-mesme; qui est scandalisé par son prochain , manque de force et de courage ; qui l'est sans aucune raison , manque de justice et de charité; le premier est scandaleux, le second est scandaleux et scandalisé , le troisiesme est scandalisé seulement. Le premier s'appelle daiufn , c'est-à-dire ' donné. Le second , acceptum , c'est-à-dire pris. Le troisiesme, receptum, c'est-à-dire recou. Le premier surpasse le troieiesme en méchanceté ; et le second surpasse d'autant le premier, qu'il contient le premier et le second, estant actif et passif tout ensemble : comme se^massacrer et se précipiter soy-mesme , est une espèce de cruauté plus dénaturée que de tuer autruy.

Toutes ces sortes de scandales abondent dans le monde : on n'y voit rien de plus commun que le scandale ; c'est le principal trafic du diable , ce qui faisoit dire à Nostre-Seigneur : « Malheur au monde , à cause des scandales (4) ! ïj II est vray que le scandale , pris sans occasion , tient le premier rang de tous costez , aussi est-ce le plus fréquent , le plus dangeireux , et le plus dommageable.

C'est de celuy-là seul , duquel Nostre- Seigneur est devenu l'objet des âmes (2) , qui se sont mises en proye à l'iniquité , mais un peu de patience : Nostre-Seigneur ne peut jamais estre scandaleux ; car tout est en luy souverainement bon , et rien scandalisable , parce qu'il est souverainement puissant et sage; comment donc se peut-il qu'on se scandalise de luy, et qu'il soit mis à la ruine de plusieurà? Ce seroit un horrible blasphème d'attribuer nostre mal à sa Majesté ; elle veut que chacun soit sauvé , et vienne à la cognoissance de la vérité (3) ; elle ne veut qu'aucun pe- ^ risse (4) , car nostre perdition vient seulement de nous , et nostre ayde de la bonté divine (5) : » ainsi donc Jesus-Christ et sa

(l>lUttl|. XTllI,?.

(^ lUeo têt volunUf Dci , MncUflcaUo vcsira. i. ThbbfAL. IV 9. — (3) I. Titnoi. II. «.

(♦) «. l'elrl. III, 9. - (fi) O.ùe, xm, 9.

saincte parole ne peuvent nous scandaliser : mais c'est nous-mesmes qui nous scandalisons en luy ; et c'est en ce sens qu'il faut expliquer ce que lui-mesme enseigne , disant « bienheurux qui ne sera point scandalisé en moi (4 ) ! » et autre part , t il a esté mis à la ruine de plusieurs ; car on le doit vérifier de l'événement qui fut tel , que plusieurs s'y sont ruinez , non pas selon l'intention de la bonté supresme , qui ne l'avoit envoyé que o pour estre la lumière en révélation aux gentils , et à la gloire d'Israël (2). » S'il se trouve des gens qui veuillent dire le contraire , il ne leur restera sinon d'inférer avec impieté contre leur Sauveur, par sa propre parole , « malheur par qui vient le scandale (3) 1 »

Cherchons , je vous prie , en nous-mesmes la cause de nos vices; nous trouverons que nostre volonté en est la seule source : nostre mère Eve voulut bien s'excuser sur le serpent , et son mary sur elle (4) ; mais l'excuse ne fut pas recevable : ils eussent mieux fait d'avouer, et dire le bon pec-

' cavi (5) , comme David , auquel incontinent la faute fut remise.

J'ay dit cecy, messieurs , pour vous faire cognoistre d'où vient cette grande dissentiou de volontez , au fait de la religion , que nous voyons parmy ceux qui font profession de bouche du christianisme. Celuyci , sans doute, est le principal et le souverain scandale , il semble que ce soit quasi la mesme chose , quand Notre-Seigneur dit : a li est nécessaire que le scan- » dale advienne (6) , » et quand saincl Paul dit : a 11 faut qu'il y aye des hérésies (7);» ce scandale se va diversifiant et mullî-

I pliant avec le temps; mais comme un mouvement violent ne peut durer, ainsi sa malice s'émousse et s'affoiblii enfin. Je conclus donc que ceux qui commencent une division et une guerre civileentre les chrestiens , par Theresle , commettent un scandale purement passif pris ab intrinseco ;

(i; Mauh. XI, 16. — (S) Lnc ii, 3t.

(3^ MatUi. xviii, 11. — (4) Gones. i>i. IS ot 13.

•r»; rjjnln» i..6.

. .'ijiiilt xviii, 7. — ("î; 1. CiMiui. M, 19.

pui'.i'ACî:.

puisipril n'y a |)oiiil de mal dans Theresiarque , qui ne soit du tout produit de sa volonté y personne n'y a part que lui ; le scandale des premiers , qui corrompent la religion , tombe sur plusieurs , mais inégalement ; car Theresiarque y a sa moilleure part , à cause de la sollicitation ; les sectap teurs Y en ont une d'autant plus grande , '. qu'ils ont eu moins d'occasion de le suivre. Mais rheresîe dans son»progrez ayant pris pied , ceux qui naissent parmy les hérétiques , de parens hérétiques , ont tousjours moins de part à ia faute ; ncanlmoins il n'arrive jamais , que les uns et les autres ne soient coupables de leur erreur, particulièrement ceux de nostre asge , qui sont toos en scandale , presque puremont passif, attendu que l'Escriture , quMIs manient , le voisinage des vrays chresticns , los marques qu'ils voyent en la vrayc Eglise (de laquelle ils se sont <;oparez) leur petivent mettre en avant cos paroles »le son Espoux : « Recherchez dans mes Escritures, par lesquelles vous pensez avoir la vie éternelle , ce sont elles-mosmes qui rendent tesmoignage de moy (4); » et autre part : « Les œuvres que je fais , au nom de mon Père ; rendent aussi tesmoignage pour moy (2). »

J*ay dit que leur scandale est puremont, 00 presque purement passif ; et voicy do quelle manière, on sçait bien que Poccasien de leur division et de leur divorco d'avec nous, est Terreur imaginaire : l'ignorance et l'idolastrerie qu'ils disent estre en l'Eglise, laquelle ils ont abandonnée; neantmoins c'est chose toute certnino, que TE'jlise en son corps gênerai ne |ieul estre irandaleuse, et l'on peut dire aussi qu'elle e^t inscandalisable, omme son Espoux , qui lui a communiqué par graco et assistance pardculiere, ce qui luy est naturel en propriété ; car estant le chef (3) , il a c{ nduit ses pas au droit chemin ; comme retie Eglise est son eorpê mystique (4), il ; rond à soy t l'honneur et le mespris qui

ri) lom. ▼,(».— (t; JotB. z, n-

(V Epbet. !,».—> (4). Col. I, M>

; luy est fait (4) »; aini-i Ton ne p'Ut ciiro qu'elle puisse prendre ou donner ou recevoir aucun scandale; ceux donc qui se scandalisent en elle, en ont tout le tort et toute la faute en eûx-mesmes , leur scan* dalc n'a point d'autre sujet que leur proprt) malice, qui les va chatouillant, pour le.^ faire rire et complaire en leurs iniquitez. Voici donc, messieurs, ce que je pretenda monstrer en ce Traité; je n'ay point d'autre intention que de vous faire voir quo cette Suzanne mystique est accusée in.

justement , et qu'elle a raison de se plain* dre de tous deux qui se sont distraits de sa société, avec les paroles roesmes de son Espoux : « lis m'ont hay d'une hayne in« juste (2). 9 Je prouveray mon dire en deux façons ; premièrement , par certaines raisons tres-p;oncrales ; secondement, par des exoniples particuliers, où je proposeray sur les prinripnlosdiflîrultcz, comme par m.'micre d'ossay, tout ce que tant de doctes hommes en ont escrit ; car tout tend là et y roviont, qnoyqne par divers moyens, e tant libre a chacun de se proposer un chemin {)articulier, qui tend au mesme lieu ; pour moy je tascheray de réduire toutes les lignes de mon discours à ce point, comme au centre, et le plus juste* ment que je pourray. La première partie servira presque esgaloment à combattre toutes sortes d'heretiques. La seconde s'ad rossera plus spécialement à ceux à la reunion desquels nous avonsplusd'inclination, d'obligation et de devoir. La première fera voir ies deiïauts de mission, dans ceux qui ont presché et enseigné contre l'Eglise catholique, apostolique, romaine; la seconde traitera de l'Eglise mesme, de son chef, de son ordre, de ses marques, de ses sacremens, et de la doctrine constante touchant le purgatoire.

Tant de grands personnages ont escrit en nostre asge sur ce subject, que la postérité n'a presque plus rien à y désirer^ mais seulement à considen^r, apprendre, imiter et admirer : jo ne diray donc rien

(1) Lac «. te- — (t) Joto. iT, M.

PRÉFACE

qui soit (ouveau, et je ne te vondrois pas faire; car tout est ancien dans cet eëcrit, et n*y a presqire rien dn mien que le 61 et i*aiguillé. Le dessein ne tn'a cûasté qu'à le desoGudre et le recoudre à ma façon , en suivant cet ad vis de Vincent de Lerins (4). Ce traité semblera pèut-estrè un peu trop aocouroy et-tro^ devestd, cela ne vient pas de ma chicheté» mais de ma pauvreté et dé mon peu de tem\^ ; ma mémoire a fort peu de moyens de reserve, et ne s'entretient que du jour à la journée; je n'ay que fort peu de livres en ce lieu , dont je me puisse eùrichir ; prenez neàntmoins à gré cette production, telle qu'elle est ; je vous roffre, messieurs, etquoyquo vous ayez veu plusieurs autres livres mieux faits et mieux

(1) Kadem l«ann qne didiotsti doées nt cùm dlcai aoTè , Don dicas Do>a.. C'ommontlortiti» , m* un» rt^. SSO 6dit Steph. BtlQK. 111.

parez, arrestez un peu vostre attention sur celuy-cy, qui peuUestre sera plus sortable à vostre complexion que les autres; car son air est du tout savoisien, et Tune des salutaires recettes et derniers remèdes, puisque 6'est le retour à l'air naturel ; si pourtant il ne pro6te point en tout, Ton vous efi monstrera d*autres plus riches et plus subtils. Je vay donc commencer au nom d6 Dieu , lequel je supplie trôs-humblement de faire couler tout doucement la saincte parole , comme une fraische rosée, dans vos cœurs ; et je vous prie, messieurs, de vous ressouvenir, et ceux qui liront cecy, des paroles de S. Paul : que « tout amer* tume, ire, dédains, crieries, blasphèmes, et toute malice soient estez de nous et de vou8(1). »Âinen.

(i) coUm, III, n

CONTROVERSES

DB

SAINT FRANÇOIS DE SALES

pr:

DB LA lUSSION FAUSSE ET VâlOTABLE.

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