CHAPITRE XV
Da grand senUment d'amour qae noaa recevons par la Mincie espérance.
Comme estant ex{)Osez aux rayons du soleil de midy, nous ne voyons presque pas plustost la clarté, que soudain nous sentons la chaleur ; ainsy la lumière do la foy n*a pus plustust jette la splendeur de ses vcrilez en noslre entendement , que tout incontinent nostre volonté sent la saincte chaleur do l'amour céleste. La foy nous fait cognoistre, par une infaillible certitude, que Dieu est, qu'il est infîni en bonté , qu'il so peut communiquer à nous, et que non-seulement il le peut, ains il le {-eut , si que , par une ineffable douceur, il nous a pro|uiré tou^ les moyens requis pour parvenir au bonheur de la gloire immortelle. Or nous avons une inclination naturelle au souverain bien , on suite de laquelle nostre cœur a un certain intime empressement et une continuelle inquiétude sans pouvoir eu sorte quelconque s'accoiscr, ny cesser de tesmoignor que sa parfaictc satisfaction et son solide cooten-
teinent luy manque. Mais quand h foy a représenté à nostre esprit ce ject de son inclination naturelle, Dieul Theotime, quel aysel quel quel tressaillement universel de ame! laquelle alors, comme toute à l'aspect d'une si excellente beau crie d'amour : 0 que vous estes be bien-aimél éque vous estes beaul
(4) Bliezcr cherclM)it une espou le fils de son maistre Abraham. ( voit-il s'il la trouveroit belle et g oomme il la desiroit? Mais quant trouvée à la fontaine , qu'il la vid i lente en beauté et si parfaicte en c mais surtout quand on la luy eu dée, il en adora Dieu, et le bénit i actions de grâces pleines de joye reille. Le cœur humain tend à I son inclination naturelle, sans bonnement quel il est ; mais qui trouve à la foniaine de la foy, et void si bon , si boau , si doux , si naire envers tous, et si disposé à ner comme souverain bien à tous c le veulent , 6 Dieu I que de conten et que de sacres mouvemons en pour s'unir à jamais à cette bonU verainement aimable ! J'ay enfin dit l'ame ainsi touchée, j'ay trouv* je dosirois, et jo suis maintenant o (3) Et comme Jacob ayant veu la b chel , après l'avoir siiincteinint fondoit en larmes de douceur poui heur* qu'il re:^sentoit d'une si d rencontre; de niesme nostre pauv ayant trouvé Dieu, et reçu d'icelu] mier baiser de la saincte foy, il se après en suavité d'amour pour le finy ({u'il void d'abord en cette soi beauté.
Nous sentons quehiuefois de contentement qui viennent comm< prouveu, sans aucun subject app»
ce sont souvent des pre&;)ges do plus grande joye : dont plusieurs < que nos bons anges, prevoy.n» h qui nous doivent ailvcnir, nous en ainsi des presaenlimens; comme traire ils nous donnent des cra frayeurs emmy les périls incogne de nous faire invoquer Dieu , et di sur nos gardes. Or quand le bien
(1> G«n«». xxiT. — > (Sj G«UM. XXI&.
U¥R£ II, GHAPiTRE IV|.
nrrîve, oos cœurs le reçoivent à bras U; etse ramentevaDt Taise qu'ils it eu sans en sçavoir la cause , ils issent seulement alors que c'esloit e un avant-coureur du bonheur ad- Ainsi, mon cher TheoUme , nostre ayant eu si longuement inclination louverain bien , il ne i^voit à quoy uvement tendoit : mais silost que la luy a montré, alors il void bien que it cela que son ame requeroit , que prit cherchoit, et que son inclination ioit. Certes ou que nous veuillons, ou DOS ne veuillons pas , nostre esprit lu souverain bien. Mais qui est ce rain bien (4)? Nous ressemblons à •ne Athéniens qui fai soient sacrifice ly Dieu , lequel neantmoins leur efr»
oogneu , jusques à ce que le grand il leur en annonça la cognoissance.
insi noslre cœur, par un profond et instinct, tend en toutes ses actions, lend à la félicité, et la va cherchant à , comme à testons , sans sçavoir Fois ny où elle réside, ny en quoy )Dsiste, jusqiies à ce que la foy la >n8tre, et luy en descrit les merinfinies ; et alors ayant trouvé le r qu'il cherchoit, helasl quel oonleiit à ce pauvre cœur humain , joye, quelle complaisance d*amourI Tay rencontré celuy que mon ame oitsans lecognoistre : 6, que ne s^* à quoy tendoient mes protentions, rien de tout ce que je pretendois ne itenluit , parce que je nesçavoispas en effecl je pretendois! Je pretendois r, et ne cognoissois pas ce qu*il fulner; et partant, ma prétention ne nt pas son véritable amour, mon estoit toujours en une véritable, icogneuc prétention : j*avois bien le pressentiment d'amour, pour me retendre ; mais je n'a vois pas assez imcntde la bonté qu'il falloitaimer, Lercer l'ainour.