‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 14 sur 101 · PRÉTEXTES QUI ÉLOIGNENT DE LA COMMUNION FRÉQUENTE · texte numérisé non relu

PRÉTEXTES QUI ÉLOIGNENT DE LA COMMUNION FRÉQUENTE

I. Quel auguste Sacrement que celui où Jésus se cache sous les voiles eucharistiques ! mais aussi quel insigne malheur pour ce divin Sauveur de s'y voir délaissé des fidèles par crainte d'un maudit quen dirat-on! Qui sont donc ceux qui blâmeront ces communions? Les hommes de bien? non ; ils loueront au contraire votre piété. Qui sont-ils donc? les libertins, les impies, ceux qui ne croient que ce qu'ils voient? Quoi ! par considération pour ces malheureux, vous vous tiendriez éloignés de votre Dieu? Quand donc avez-vous vu un pauvre laisser de demander l'aumône pour un chien qui aboie? Ah ! si nous connaissions notre indigence et l'extrême besoin que nous avons de cette nourriture céleste, nous passerions avec intrépidité à travers mille glaives pour aller la recevoir. Aussi, écoutez ce que je vais dire.

II. Un archevêque désapprouva un jour sainte Catherine de Sienne de communier tous les jours, en lui opposant celte parole célèbre de saint Augustin, qui dit en parlant de celte pratique : Nec laudo, nec vitupero: « Je ne veux ni la louer, ni la blâmer. » — "Eh bien, Monseigneur, répondit la Sainte avec une respectueuse liberté, puisque le saint docieur ne blâme peint la communion quotidienne, je continuerai de la pratiquer comme auparavant. » — Ah ! mes frères, c'est notre tiédeur qui nous éloigne de ce banquet divin. Du reste, et les saints Pères, et les conciles, et les docteurs, tous

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nous recommandent à l'envi la fréquente communion. Le saint concile de Trente ne requiert pas d'autres dispositions pour communier licitement, que de n'avoir conscience d'aucun péché mortel, et il exhorte d'ailleurs tous les fidèles à communier souvent, très-souvent. Voici ses paroles, dans la session xxn : « Le sacré concile désirerait que chaque fidèle communiât, non-seulement spirituellement, mais en réalité, toutes les fois qu'il assiste à la sainte messe. » Et saint Pie V, dans son Catéchisme, ordonne aux curés d'exhorter les fidèles à communier tous les jours. C'est pourquoi saint Charles Borromée, se conformant à la doctrine du sacré Concile et de saint Pie V, défend aux curés de laisser prêcher dans leurs églises ceux qui désapprouvent la communion fréquente. Que dites-vous maintenant, vous qui laissez parfois passer des mois, et peut-être même une année entière sans communier? Comment ne rougissez-vous pas de honte ? Comment pouvez-vous avoir la paix en vivant aussi loin de votre souverain bien, et en fuyant votre pasteur ? Ah ! frappez-vous la poitrine, et demandez pardon à Jésus dans ce divin Sacrement : Pardon, ô aimable Sauveur, pardon ! Vous devriez fondre en larmes en songeant que toutes les communions que vous avez négligé de faire, sont autant de trésors que vous avez perdus. Votre douleur devrait être bien plus grande encore, si, par votre mauvais exemple ou vos mauvais conseils, vous aviez détourné les autres de la fréquente communion. Pleurez un tel égarement, pleurez-le et demandez-en humblement pardon. Pardon, ó Jésus ici présent sur cet autel, pardon! Tâchez désormais de réparer par vos bons exemples le dommage que vous avez causé à tous ceux que vous avez scandalisés.

III. Mais, mon père, écoutez-moi, s'il vous plaît. Moi qui suis si plein de misères, de défauts et d'imper-

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