‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 13 sur 101 · LA COMMUNION FREQUENTE · texte numérisé non relu

LA COMMUNION FREQUENTE

dans une chose si facile ? Qu'avez-vous fait, jusqu'ici ? Le jour de la communion n'a-t-il pas été pour vous un jour de supplice? Ce pain des anges n'est-il pas devenu pour vous un objet de dégoût? Ingrats, vous mériteriez que Jésus vous prit aussi en dégoût ! Mais non, il est trop bon; il vous invite, il vous attend encore. Ah! prosternez-vous tous devant cet adorable Sacrement, demandez-lui pardon de tant d'ingratitude, et dites-lui du fond du cœur, en vous frappant la poitrine : Pardon, ô mon Jésus, présent sur cet autel, pardon ! Nous ne méritons pas, hélas ! de paraître en votre présence, bien moins encore de vous recevoir dans ce divin Sacrement; et néanmoins, tandis que nous nous montrons si rebelles, vous ne cessez de nous solliciter, de nous presser à force de prières et d'invitations. Oh ! les ingrats que nous sommes! Pardonnez-nous, ô mon Sauveur, pardonnez-nous. Pardon, mon Jésus, pardon ! Voici que nous formons tous de bon cœur la résolution de nous asseoir plus souvent à ce banquet céleste, de venir vous recevoir avec plus de sollicitude et d'amour dans la divine Eucharistie.

III. Votre résolution est bonne, excellente, et je voudrais vous voir imiter les chrétiens de la primitive Eglise, qui se nourrissaient si souvent de la sainte Eucharistie. Les plus fervents la recevaient tous les jours, d'autres, trois ou quatre fois par semaine, et les plus tiédes, tous les huit jours. Imitez au moins ces derniers ; approchez-vous tous les huit jours de la sainte table. Oh ! quelle force votre âme y puisera pour éviter le péché ! Pourriez-vous dire combien de pensées vous troublent l'esprit du matin au soir, combien de passions vous agitent le cœur, combien de tentations vous excitent sans cesse au mal? Or, quel est le remède le plus efficace pour résister à tant de chocs et de tem- Dêtes? C'est la frequente communion. Charles-Quint

demanda un jour à un serviteur de Dieu, qui vivait à sa cour, comment il faisait pour se maintenir dans la grâce de Dieu, au milieu de la licence si grande des courtisans, et parmi tant d'occasions de chutes. — Sire, lui répondit celui-ci, mon unique remède pour ne point succomber, c'est la crainte de Dieu, et la communion que je fais tous les jours. — Ah ! mes frères, voulez-vous être des anges dans un corps de chair, vivre purs et vaincre toutes les tentations, particulièrement contre la belle vertu? voici le moyen : approchez de la table des anges, si pas tous les jours, au moins tous les huit jours. Oui, la sainte communion de tous les dimanches fera de vous des anges, chrétiens mes frères, elle vous conservera en grâce et vous conduira à la gloire céleste. Voyons, prenez tous la sainte et salutaire résolution de communier chaque semaine : » Je conseille de communier chaque dimanche, dit saint Augustin, à tous ceux qui n'ont point d'affection au péché : » Omnibus diebus dominicis communicandum suadeo, si mens absque affectu peccandi sit. Le saint docteur exhorte tous les chrétiens à communier chaque semaine, pourvu qu'ils n'aient ni fréquentations coupables, ni habitudes criminelles, ni attachement au péché. Si vous tombez quelquefois, confessez-vous et communiez ; ce sera un puissant préservatif pour ne plus retomber. Et vous, chrétiens négligents, qui vous effrayez de communier si souvent, faites-le pour le moins tous les quinze jours, et les plus négligents, au moins une fois par mois. Mais soyez sûrs que ceux qui prendront à cœur cette salutaire pratique, qui est une des plus importantes que j'aie à vous suggérer, savoir de se confesser et de communier tous les dimanches, marcheront dans la voie royale du paradis, et s'en féliciteront à la vie, à la mort et pendant toute l'éternité.

Xe EXHORTATION.

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