LA COMMUNION SPIRITUELLE
I. Cœur tendre de mon Jésus, il est donc bien vrai que vous avez désiré, mais d'un désir extrême, de nous faire don de ce divin sacrement : Desiderio desideravi hoc pascha manducare vóbiscum l : « J'ai désiré ardemment manger cette pâque avec vous. » Expression énergique, par laquelle vous nous manifestez la véhémence de votre amour, et nous faites entendre que vous voulez nous rendre heureux par anticipation ; puisque
(1) Luc, SS, 15.
c'est une vérité infaillible que par la vertu de la sainte Eucharistie, la terre devient un paradis, et que celui ^ui goûte cette divine nourriture jouit ici-bas d'un avantgoût de la félicité céleste. Sainte Thérèse apparaissant à une fidèle servante de Dieu, lui dit : « Ecoutez, ma fille; nous au Ciel et vous sur la terre, nous sommes presque dans la même condition ; nous, en jouissant à découvert de l'essence divine ; et vous, en adorant le très-saint Sacrement. * 0 paroles dignes d'être gravées dans le cœur de tous les fidèles ! Oui, si les âmes saintes se pâment du désir de s'unir à Jésus dans l'Eucharistie, c'est qu'elles y trouvent leur paradis sur la terre; aussi lorsqu'elles ne peuvent en jouir, sacramentellement, elles s'efforcent au moins de le recevoir en esprit. Attention.
II. La bienheureuse Agathe de la Croix était si éprise de Jésus dans l'Eucharistie, qu'elle brûlait à touie heure de le recevoir, et ne pouvant apaiser la soif qui la consumait par la communion sacramentelle; elle renouvelait fois sur fois la communion spirituelle. 0 salutaire communion spirituelle ! trésor caché et connu de bien peu de chrétiens 1 Mais afin de nous faire voir combien cette maniere de communier lui est agréable, Notre- Seigneur s'est plu maintes fois à opérer des miracles évidents, pour exaucer les ardents désirs de ses serviteurs, en les communiant tantôt de ses propres mains, comme il arriva à la bienheureuse Claire de Montefalco, à sainte Catherine de Sienne, à sainte Ludivine ; tantôt de la main des anges, comme il arriva à notre séraphique docteur saint Bonaventure et à deux autres saints évêques. Honoré et. Firmin, et parfois aussi par les mains de son auguste Mère, comme il le fit pour le bienheureux Sylvestre. Et vous ne devez pas vous étonner de ces délicatesses de son amour, car la communion spirituelle embrase une âme de l'amour divin, l'unit â Dieu et la dispose a recevoir, les faveurs les plus signa-