‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 25 sur 101 · AMOUR QUE NOUS DEVONS A MARIE · texte numérisé non relu

AMOUR QUE NOUS DEVONS A MARIE

Marie lui apparut de nouveau, et s'étant fiancé cette âme bienheureuse, elle l'emmena avec elle au séjour du repos éternel.

Ifl. O fortuné jeune homme! que vous avez été sage d'échanger l'amour des fiancés de la terre contre l'amour de Marie ! puisque par cette alliance céleste vous avez gagné le paradis en si peu de temps. Et vous, jeunes gens insensés, qui poursuivez les beautés périssables de la terre, que prétendez-vous recueillir de ces attachements criminels , continués pendant des années , et fomentés par tant de regards, de gestes et de familiarités coupables? A quoi vous serviront-elles au moment suprême, si ce n'est à vous faire mourir en réprouvés, comme vous avez vécu? Ah ! ouvrez les jeux ce matin et décidez-vous aussi, à l'exemple de ce jeune homme, à renoncer à l'amour de toutes les misérables créatures d'ici-bas, pour vous consacrer entièrement à l'amour de la reine du ciel. Je serai le premier à poser cet acte généreux, et je ferai ici publiquement ma protestation. Je confesse, ô mon auguste souveraine, que je ne suis pas digne de baiser la trace de vos pieds, parce que je suis un grand pécheur; cependant en vo}rant avec quelle bonté vous traitez ceux qui vous aiment, puisque vous les tenez, non-seulement pour vos serviteurs, mais même pour vos fiancés, je me prends d'une sainte hardiesse et m'offre à vous ce matin en qualité d'amant dévoué, et en signe de mon amour je vous consacre tout mon cœur. — Et vous, mes frères, que faites-vous? Quoi ! vous ne vous dévouez pas encore à l'amour de la très-sainte Vierge? Oh! que vous seriez malheureux sans cet amour ! Humiliez-vous promptement à ses pieds, et repentants de ne l'avoir pas aimée jusqu'ici, protestez chacun en particulier que vous voulez l'aimer désormais , frappez-vous la poitrine et dites-lui : O Vierge aimable, que j'ai de regret de ne vous avoir pas

aimée jusqu'à présent. Je reconnais mon ingratitude, et vous en demande humblement pardon. Ah! pardonnez-moi, douce et tendre mere, pardonnez-moi ; si j'ai été si froid à votre égard par le passé, il n'en sera plus de même à l'avenir. Pardon, ô Marie, pardon ! Oui. par amour pour vous, je bannis de mon cœur toute attache, toute affection déréglée pour les créatures , quelles qu'elles soient, et je proteste que je veux vous aimer d % toutes les forces de mon âme ; je n'aurai plus de cœur et d'amour que pour vous, afin que l'amour que je vais vous porter ici-bas me soit un gage de l'amour que j'espère vous porter pendant toute l'éternité dans le ciel. La pratique de piété que je vous recommande ce matin, c'est de vous incliner dévotement et de réciter Y Ave Maria, toutes les fois que vous passerez devant une image de la sainte Vierge. — Salve Regina.

IIIe ENTRETIEN.

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