PURETÉ NÉCESSAIRE POUR COMMUNIER
dans votre cœur au roi des vierges. Pureté, pureté; sans quoi, au lieu de devenir saints, vous deviendrez sacrilèges; au lieu de croître dans la grâce de Dieu, vous encourrez de plus en plus sa disgrâce. Savez-vous ce que vous faites lorsque vous recevez votre Dieu dans un cœur impur, souillé par le péché mortel? Vous forcez Jésus à habiter avec le démon; car, lorsque vous avez le péché dans l'âme, le démon y règne en maître; il y est comme sur son trône; de sorte qu'en recevant Jésus en cet état, vous forcez le doux Sauveur à se mettre sous les pieds du démon, vous le reléguez dans un coin de votre cœur, comme un étranger inconnu et que l'on méprise. Foudres de la justice divine, pourquoi étes-vous muettes? Eclatez toutes à la fois pour venger un outrage si atroce fait au Dieu de majesté ! Non, il ne mérite aucune compassion, il n'est pas digne de pitié, celui qui reçoit un Dieu en état de péché mortel. Quel crime! un Dieu aux pieds du démon ! un Dieu aux pieds du démon ! Ecoutez-moi bien.
II. Si un homme bien né descendait chez vous et vous demandait à loger pour une nuit, auriez-vous lo cœur de l'envoyer coucher dans le lit même d'un lépreux tout couvert de plaies et de pus? Et vous oseriez néanmoins, par une communion faite en état de péché mortel, mettre sous les pieds du démon votre Sauveur, votre Dieu! Oh! quel énorme forfait! quel désordre abominable! Un jour sainte Marguerite de Cortone, assistant à la messe, vit à l'élévation Jésus enfant entre les mains du prêtre : mais les mains étaient horribles, hideuses et plus noires que le charbon, et ce malheureux prêtre offrait tout l'aspect d'un démon. En même temps la Sainte entendit le divin Enfant lui dire d'un ton plaintif: «Vois, vois Marguerite, comment je suis traité par ce misérable, ainsi que par des centaines et des milliers d'autres-, qui me reçoivent en état de péché
mortel. » Ah! mon doux Jésus, je ne comprends quo trop qu'ils vous traitent indignement, et ne peuvent vous traiter plus mal, puisqu'ils vous forcent, de vivre dans la compagnie des démons. Oh ! quel forfait! quel désordre affreux ! N'y a-t-il ici aucun de ces pécheurs sacrilèges? Ah! ponr un pareil pécheur c'est trop peu d'un enfer, il en mérite mille; et malheur à lui si pendant cette sainte mission il n'embrasse la pénitence avec ferveur !
III. Tiais je m'aperçois, hélas ! que ces malheureux ont le cœur trop endurci et ne sont pas disposés à pleurer leur exécrable malice. Faisons-le donc pour eux, mes frères, et, prosternés devant le très-saint Sacrement, demandons pardon à Jésus de tant de sacrilèges qui se commettent dans l'Eglise de Dieu. Ah! Seigneur, que de fois vos fidèles, vos ministres eux-mêmes profanent vos temples, vos autels ! que d'horribles sacrilèges se commettent partout ! Quel excès de miséricorde ne vous faut-il pas pour pardonner de si grands crimes! Ah! pardonnez, Seigneur, pardonnez : Parce, Domine, parce. — Frappons -nous tous la poitrine, en disant : Pardon, ô mon Jésus -, pardon ! Nous voici à vos pieds, Seigneur, affligés, contrits, prêts à détester tous nos péchés, tous sans exception, mais particulièremeut ceux que nous avons commis en vous outrageant dans le Sacrement de votre amour. O bonté, ô majesté, ô beauté infinie ! comment avons-nous osé vous offenser, étant aussi obligés que nous le sommes à vous aimer? Pardon, ò mon aimable Jésus, pardon ! — Mais comment satisferons-nous à la justice divine pour de tels forfaits ? Saint Jean Chrvsostôme dit que la bouche du chrétien qui communie se remplit de feu : Os quod igne spirituali repletur ; d'un feu qui consume et enflamme •. qui consume la rouille de tous les péchés que nous avons commis et de toutes les mauvaises habitudes que
nous avons contractées ; qui enflamme d'amour notre cœur, nos sens, et toutes les puissances de notre être, et renouvelle tout l'homme intérieur. Mais tout cela s'entend de ceux qui communient en état de grâce, et font un bon usage de ce divin Sacrement. Quant à vous, pécheur, qui depuis tant d'années communiez en péché mortel, ne voyez-vous pas 1 abîme où vous vous précipitez? Prenez garde que la foudre de la colère divine est suspendue sur vos têtes : car bien des docteurs enseignent que le châtiment le plus ordinaire dont Dieu punit les pécheurs sacrilèges tels que vous, c'est, savezvous quoi? une mort subite. Prenez garde que ce terrible châtiment ne vous atteigne ; afin donc de parer le coup, faites à temps une bonne confession.
En conséquence, la pratique que je vous recommande ce soir, et qui est aussi la plus nécessaire, c'est une bonne et sainte confession. Confessez-vous bien, mes frères, confessez-vous bien; après avoir fait une bonne confession, vous ferez aussi une bonne et sainte communion.
IIIe EXHORTATION.