AUTRES DISPOSITIONS REQUISES POUR LA COMMUNION
I. Ah ! mon aimable Jésus, je me confonds à la vue de ma misère devant votre infinie majesté! Vous vous offrez donc comme aliment à une pauvre créature. Quel mets suave que celui qui contient en soi toutes les délices du paradis ! et quelles dispositions ne faudrait-il pas de notre part pour le recevoir! -Ah ! l'Apôtre a bien raison de nous dire : Probet autan seipsum homo, et
sic de pane ilio edat, et de calice bibat l : « Que l'homme donc s'éprouve avant de manger de ce pain, et de boire à ce calice. » Avec quels sentiments, mes frères, devrions-nous nous approcher de ce divin Sacrement, devant lequel tremblent les séraphins les plus purs! Sainte Thérèse avait coutume de dire que Jésus ne traite pas mal celui qui l'accueille dans de bonnes dispositions. Ah! si nous portions un cœur-bien disposé h ce banquet céleste, Jésus nous verrait de bien meilleur cœur encore. Réveillons-nous donc de notre torpeur, et commençons dès maintenant à préparer notre cœur pour la communion que nous devons faire dans le cours de cette mission ; préparons un cœur plein de saintes affections, un cœur brûlant du désir de nous unir à ce souverain bien, un cœur doublement enrichi des dispositions requises, afin de pouvoir dire, avec le saint roi David : Paratum cor meum, Deus, paratum cor meum2 : «Mon cœur est prêt, Seigneur, mon cœur est prêt. »
II. Ces heureuses dispositions remplissaient le cœur d'une jeune enfant, nommé Imelda, laquelle était élevée à Bologne, dans un monastère de l'ordre de Saint- Dominique. La vertueuse enfant soupirait avec ardeur après la communion, mais cette faveur lui était refusée à cause de son jeune âge. Un jour de fête, pendant que les religieuses s'approchaient de la table sainte, Imelda, restée seule, à sa place, regardait d'un œil d'envie ces fortunées religieuses; puis s'adressant à Notre-Seigneur, et répandant son âme en sa présence, elle lui dit : Jésus, Jésus, mon doux Jésus, pourquoi ne venez-vous pas aussi à moi ? Venez prendre possession de mon cœur, venez rassasier mes désirs. — Jésus exauça les soupirs enflammés de sa fille bien-
(1) / Cor. li, 2S. (2) Pi. 56, S.