SOLLICITUDE DE MARIE POUR QUE SON DIVIN FILS NE SOIT PAS OFFENSÉ
I. Servate mihi puerum meum Absalon1: « Conservez-moi mon fils Absalon. » Ainsi criait le roi David, au comble de la désolation, lorsque ses capitaines et ses soldats sortaient de la ville pour marcher contre son fils,' qui, à la tête d'une autre armée, s'était révolté contre lui. Pour l'amour de Dieu, disait ce pauvre père, épargnez mon sang; je vous recommande mon fils Absalon. Il est vrai qu'il ne mérite aucune indulgence, en tant que rebelle et désobéissant à mon égard, mais il est toujours mon fils ; je vous le recommande donc, de grâce, conservez-le-moi. Ces mêmes paroles, Marie nous les adresse à tous, mais en un sens bien différent. Voulez-vous être mes fidèles serviteurs? nous dit-elle ; voulez-vous m'aimer ? Voici en premier lieu ce que vous avez à faire : Servate mihi puerum meum Jesum : conservez-moi mon fils Jésus ; aimez-le en même temps que vous m'aime'z, et sachez que je ne saurais agréer un amour qui ne marche pas de pair avec l'amour de mon divin Fils. Evitez au moins de l'offenser; je vous le recommande : c'est mon sang, c'est mon cœur, c'est ma vie. Vous voulez que je vive, moi qui suis sa mère? n'offensez pas mon Fils. Souvenez-vous de ce que dit l'Apôtre, savoir, que tout péché crucifie de nouveau le Fils de Dieu : Rursus crucifigentes sibimetipsis Filium Din2. Or, en crucifiant le fils, vous crucifiez aussi la
(1) Rr<j. 1*. 5. (2) Heb. G, 6.