PETIT DISCOURS
III. Pendant que vous serez tous recueillis dans un religieux silence, je consacrerai à la sainte Vierge, au nom de tous, votre ville, qui est aussi ma ville chérie, (ou le village de N.), et je la mettrai sous le manteau de sa puissante protection. J'emprunterai à cet effet la pieuse pensée de Constantin-le-Grand. Ce religieux empereur, après avoir fait bâtir la ville de Constantinople, y fit élever au milieu de la grande place une statue du divin Rédempteur; puis, en face de cette statue, il fit placer la sienne propre, avec une bandelette d'or qui lui sortait de la bouche pour aller se terminer aux pieds du Sauveur, et portait cette inscription : Tibi, Christe Deus, liane urbem commendo : « C'est à vous, Jésus- Christ vrai Dieu , que je recommande cette ville. » Qu'il me soit permis de me servir, non pas d'une statue muette, mais de vos cœurs, dont je formerai un seul cœur, pour présenter par sa bouche une semblable supplique a Marie : Tibi, Maria mater Dei, liane urbem commendo. 0 Vierge sainte, mère de Dieu, puissante reine, ce peuple qui vous est tout dévoué, vous recommande sa ville et la mienne. Vous voyez du haut du ciel, ô Marie, que ce n'est point du bout des lèvres, mais du fond du cœur, que ce peuple religieux vous exprime les sentiments d'une tendre dévotion : exaucez donc ses larmes; il proteste assez par ses soupirs qu'il ;i mis en vous toute sa confiance, qu'il attend tout de votre libéralité. S'il en est qui jusqu'ici vous ont été infidèles, voyez-les tous repentants et prosternés a Vos pieds (mettez-vous tous à genoux). Voilà, ò Vierge sainte, que pénétrés de douleur, et les larmes aux yeux, ils vous demandent pardon de leur inconstance et de leur peu de fidélité. Pardon, ô Marie, pardon ! Dites-le tous : Pardon, ô Marie, pardon !
IV. Oh! maintenant vous voila bien disposés à recevoir la bénédiction; et pour que cette bénédiction soit