‹ Œuvres complètes (volume 2)Chapitre 62 sur 101 · A LA MAJESTÉ SUPRÊME · texte numérisé non relu

A LA MAJESTÉ SUPRÊME

former un pasteur selon votre divin cœur, c'est-à-dire un digne confesseur, que l'art soit réduit en pratique avec une sage prudence, et que la prudence soit réglée par l'art, au moyen d'une solide doctrine. Or, ce qui m'afflige, c'est que beaucoup de confesseurs de nos jours n'ayant ni science, ni zèle, ni prudence, un grand nombre d'âmes se perdent, privées qu'elles sont de nourriture faute de doctrine, ou poussées vers l'abîme faute de prudence. Souffrez donc, ô bon Pasteur, que j'ose, afin de coopérer en quelque manière au plus grand bien de vos ministres, déposer entre vos mains, ou plutôt dans votre cœur, ce discours simple et sans ornement ; afin que béni par vous, il aille aux mains et aux cœurs des confesseurs de notre temps, et surtout de ceux qui prêteront assistance dans les missions, afin qu'unis dans une sainte ligue, ils soient uniformes dans la direction des âmes qui vous sont si chères. Bénissez-le donc, ô mon aimable Sauveur, bénissez-le, et faites que tomes les paroles dont il se compose soient autant de rayons de lumière qui éclairent l'esprit, et autant de flammes qui embrasent de zèle la volonté de ceux qui daigneront le lire en vue d'en tirer profit. Bénissez enfin les mains, le cœur et la langue du plus pauvre et du plus indigne de vos ministres : que je me consume tout entier d'amour pour vous, et que j'aie la consolation de voir marcher dans la bonne voie toutes les âmes, confesseurs et pèni' tents, justes et pécheurs, afin que tous vous connaissant et vous aimant parfaitement ici-bas dans l'état de grâce, nous méritions d'aller vous connaître et vous aimer éternellement là-haut, dans l'état de gloire. Amen.

Au Lecteur.

Voici, cher lecteur, un bouquet formé de quelques vérités morales que j'ai recueillies de divers auteurs. Ce sont des fleurs que vous avez pu trouver ailleurs, éparses çà et là, ici elles sont réunies en bouquet. Je ne demande de vous qu'une seule chose, c'est que vous le regardiez d'un œil bienveillant, et que vous receviez avec simplicité de cœur les maximes qu'il contient. L'envie de rencontrer dans ce discours des idées neuves, rédigées dans un style relevé et prétentieux, ne nuirait pas peu à l'effet des vérités que je vous présente. Nt> vous attendez donc point à des fleurs de rhétorique, mais contentez-vous de la vérité toute nue. Que si vous la trouvez en lisant ces pages, pourquoi ne pas l'embrasser? et, ce qui est bien plus important encore, pourquoi ne pas la pratiquer? Songez qu'étant encore novice dans la conduite des âmes, car je déclare que je ne m'adresse qu'aux jeunes confesseurs, et non pas aux autres, ce serait un malheur incalculable pour vous si vous vous trompiez des le début de votre carrière. La fonction que vous remplissez au tribunal de la pénitence est bien grande, il est vrai, mais le danger auquel vous exposez votre salut et celui des autres ne l'est pas moins, si vous ne l'exercez pas comme il faut. C'est de vous qu'il a été dit : Mors et vita in manu lingnœ1. De même

(1) Prov. t8, 2t.

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