AU LECTEUR
que le bâton mystérieux qui, dans là main d'Elisée, rendait la vie aux âmes, ne servait entre les mains de Giézi qu'à les confirmer dans la mort; ainsi votre langue a en son pouvoir le salut d'une multitude d'âmes, ou leur damnation ainsi que la vôtre, selon que vous ferez un bon ou un mauvais emploi de l'autorité dont vous êtes investi. Si donc vous aimez votre âme et celles de vos frères, lisez et relisez les vérités que je vous présente ; lisez-les, non pas en courant et à la dérobée, mais posément et avec réflexion. Si vous les approfondissez, j'espère que vous en retirerez beaucoup de lumière et que vous pourrez éviter les écueils qui se rencontrent dans cette voie si ardue et semée de tant de difficultés. Plaise à Dieu que je puisse, par cet opuscule, être au moins de quelque utilité à mes collègues, je veux dire aux confesseurs qui s'emploient journellement comme moi au laborieux ministère des missions ! Oh ! alors j'espérerais avoir mis beaucoup d'âmes dans le bon chemin; car former un bon confesseur, c'est sauver une foule d'âmes égarées. Tâcbez, vous du moins, cher lecteur, d'en bien profiter, et j'aurai alors la double consolation et de vous voir affermi dans les maximes nécessaires à votre ministère, et d'avoir assuré, grâce à la bonne direction d'un confesseur, le salut d'une grande multitude d'âmes. Que Dieu vous accorde à vous et à moi cette grâce !