‹ Œuvres complètesChapitre 132 sur 155 · A MGR BELMONTE · texte numérisé non relu

A MGR BELMONTE

Il le prie de traduire le Bref en italien.

[Rome, . . . 1751.)

Frère Léonard salue très humblement Mgr Belmonte et, par l'entremise de Mgr Millo, lui envoie quelques exemplaires des brefs imprimés, en le suppliant de se donner la peine d'en faire une traduction italienne. En guise de préambule, il faudrait dire la bienveillance que noire Saint-Père porte à notre pauvre Institut, et rappeler sommairement les faveurs qui lui ont été accordées par Alexandre VII, Innocent XI, Clément XI et Innocent XII, puis le reste à la lettre, en conservant les formules finales qui terminent les Brefs, selon les idées précisément que le Seigneur vous a inspirées et que vous m'avez communiquées... Mais le point essentiel, c'est que les besoins pressants de l'Institut portent Monseigneur à faire trêve pour l'amour de Dieu, à toute autre occupation, afin de nous rendre ce service. — Demain nous commençons la lecture de nos statuts,- et

(1) 41e de l'édit. ital.

il serait bon que, cette lecture terminée, on pût lire immédiatement après le bref imprimé et sa traduction, conformément à ce qui a été convenu avec le Saint- Père. — Je me sers de Mgr Millo qui est venu chez moi pour l'affaire des missions... Lundi matin, je tâcherai de me présenter en personne avant neuf heures. Ayez compassion de nous, pour l'amour de Dieu.

LXXXIIP.

AU CARDINAL CRESCENZI, ARCHEVÊQUE DE FERRARE

Témoignages d'amitié. — Ses travaux.

Du couvent de Saint- Bonaventure , le 10 avril 1751.

EmINENTISSIME ET REVERENDISSIME SEIGNEUR,

Que la grâce de l'Esprit saint soit avec vous.

Votre Eminence est sans doute étonnée, et elle a sujet de l'être, de ce que j'ai été si négligent à lui écrire ; cependant les sentiments affectueux que j'ai toujours éprouvés pour votre personne, Monseigneur, ne sont pas refroidis, et s'il faut apporter quelque excuse, je vous dirai que les fatigues de l'Année-Sainte qui vient de s'écouler, n'y ont pas été pour peu de chose. Mais Dieu a été glorifié : beaucoup de personnes sont venues tout exprès de pays très éloignés pour faire avec moi leur confession générale, et beaucoup d'âmes égarées sont rentrées dans la bonne voie. Puis, j'ai été voir

(1) 33« de l'édit. ital.

trois fois Madame votre bonne Mère, pour avoir des nouvelles de votre Eminence, et, par malheur, je ne l'ai jamais trouvée au logis ; elle était allée visiter ses églises accoutumées. Ce matin pourtant, j'ai eu occasion de m'entretenir avec elle ; je l'ai trouvée plus forte et mieux portante que jamais, et j'en ai rendu grâces à Dieu.

En outre, je suis astreint à aller voir le Saint-Père tous les dimanches ; j'en ai reçu l'ordre de satisfaire l'Archevêque de Lucques qui est impatient d'avoir nos missions; d'un autre côté, Mgr Millo, Dataire, veut que nous en donnions dans les Montagnes de Bologne, vers Scaricalasino, à la condition toutefois que, ces missions terminées, nous revenions aussitôt à Rome.

Je vieillis : ma voix est toujours la même, mais les forces ne sont plus ce qu'elles ont été. Hier j'ai fait un discours au Colisée où l'on a érigé un Chemin de Croix fort pieux ; il s'y est trouvé une assemblée très nombreuse, et la componction fut grande. Ma voix vibrait comme il y a deux ans sur la place Navone; mais la lassitude fut plus grande. Je fus consolé pourtant en voyant que es Colisée, qui n'était plus qu'un lieu banal, est devenu un Sanctuaire, vu que c'est le Chemin de Croix le plus fréquenté de Rome.

Je partirai pour Lucques immédiatement après les saintes fêtes de Pâques ; on travaillera dans ce diocèse pendant trois mois environ, et pendant deux mois dans les Montagnes de Bologne. Lors de mon retour à Rome, Sa Sainteté veut que je passe par Bologne afin de consoler quelques pénitents qui se sont confessés à la mission dernière.

Le père Pierre et moi, nous sommes les deux plus vieux du Couvent, mais le père Pierre est beaucoup plus infirme que moi; nous prions Dieu l'un et l'autre pour qu'il vous assiste dans vos saintes fonctions,

Eminence; vous avez un lourd fardeau sur les épaules; raais nous espérons qu'il servira à vous faire obtenir un poste plus élevé en paradis.

En finissant, je vous prie, Monseigneur, de me donner votre sainte Bénédiction et d'agréer mes hommages.

De Votre Eminence,

Le très humble et très dévoué serviteur,

Fr. Léonard de Port-Maurice, Missionnaire.

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