PRISE DE GENES PAR LES TROUPES IMPÉRIALES. SA DÉLIVRANCE
Tandis que la république de Gênes était encore occupée à réprimer les révoltes incessantes de la Corse, elle eut une guerre à soutenir contre le roi de Sardaigne, au sujet du marquisat de Finale. La République avai acquis ce territoire de l'empereur Charles VI pour une somme assez forte, et en avait été mise en possession parla paix d'Utrecht, en 1713. Néanmoins la Sardaigne ne renonça point à ses prétentions, et sous le roi Charles- Emmanuel III, en 1745, les deux Etats rivaux en vinrent aux armes. La République était secondée par la France, l'Espagne et Naples ; mais les secours qu'elle avait prêtés à la France contre l'Autriche, en échange de ceux qu'elle en recevait pour réprimer les soulèvements fréquents de la Corse, furent cause que Marie- Thérèse, quoique fille de Charles VI, se ligua contre elle avec la Sardaigne, et le 6 septembre 1746, Gênes fut prise par les troupes impériales. Les horreurs commises par leur général, le marquis Botta, dont cette ville était la patrie, provoquèrent une violente réaction de la part des Génois. Ils chassèrent l'ennemi dans la nuit du 10 décembre, jour de l'Immaculée Conception, après trois mois d'occupation. Les Génois attribuèrent avec raison leur délivrance à la protection de la très sainte Vierge, qu'ils avaient réclamée, et en signe de reconnaissance, ils s'engagèrent par un vœu perpétuel, émis entre les mains de l'archevêque, Mgr Saporiti, de jeûner la veille de l'Immaculée Conception.
C'est à l'époque de cette guerre et du passage des troupes, que saint Léonard donnait ses missions dans la
APPENDICES. OlO
Rivière du Levant. Il fait allusion à ces événements, ainsi qu'à l'occupation et à la délivrance de la ville de Gênes, dans plusieurs de ses lettres, notamment dans la soixante sixième, où il énonce ses pressentiments prophétiques au sujet de la définition du dogme de l'Immaculée Conception.