XIV DÉDICACE
que tout entier ; il savait que la prospérité et l'accroissement d'un Ordre dépend précisément de l'exact accomplissement des devoirs dont on fait profession. Et vous-même, Très Révérend Père, que n'avez-vous pas fait et que ne faitesvous pas encore pour atteindre le même but? Dès que vous fûtes élevé au gouvernement suprême de l'Ordre des Frères Mineurs, brillant de zèle, vous fîtes entendre avec une sainte liberté votre voix paternelle à vos enfants bien-aimés, pour les encourager et les exciter à l'étude infatigable, à la connaissance approfondie des devoirs sacrés et indispensables de leur état. Et vous le fîtes avec d'autant plus d'autorité, que tout le monde admirait en vous ces vertus rares et solides dont vous êtes si abondamment pourvu. Non content de tout cela, dans le court espace de trois années, vous avez parcouru, non sans beaucoup de peines, une grande partie de l'Italie, et visité la plupart de ses couvents, recueillant partout les plus douces consolations en voyant refleurir l'esprit de notre Séraphique Fondateur.
Pénétré d'ailleurs de l'obligation qui incombe aux membres de notre Institut de ne pas vivre pour eux seuls, mais de se dévouer aux besoins spirituels du prochain, en retour, des choses nécessaires à la vie que nous tenons uniquement de la charité des fidèles, vous avez songé, dans votre sagesse, à faire refleurir les études indispensables à cet effet. C'est pourquoi vous vous êtes mis en devoir d'instituer de nouvelles chaires de droit canon et d'histoire ecclésiastique, afin de compléter par là les cours du scolasticat et de procurer aux futurs ouvriers évangéliques cette instruction étendue et solide qui leur est si utile; vous avez prescrit avec une sage discrétion le choix des auteurs à adopter dans les écoles, afin d'y maintenir l'unité d'enseignement, toujours très avantageuse; vous avez introduit de nouveaux moyens d exciter une noble et précieuse émulation entre les esprits. Mais que dirai-je d une autre institution vraiment grande et digne d'éloges? Je veux parler du Collège des missions indigènes dans chaque province. Si la malice des hommes