‹ Œuvres complètesChapitre 85 sur 155 · XXXI · texte numérisé non relu

XXXI

AU MÊME

Il lui rappelle l'affaire de l'Immaculée Conception. — Avis.

Du couvent de Saint -Botiaventure, à Rome, le 20 avril 4740.

Monseigneur,

Que la grâce de l'Esprit saint soit avec vous.

Je reçois votre précieuse lettre, et je la reçois avec un extrême plaisir. Elle est un sujet de joie et pour moi, et pour tous, car vous devez bien croire que tous ces religieux vous demeurent très affectionnés. Je vous ai déjà écrit et j'ai confié ma lettre à M. l'ambassadeur; je crois que vous devez l'avoir reçue maintenant. Je vous y recommandais la grande affaire de l'Immaculée Conception et vous engageais à travailler auprès de ce Souverain; car si Dieu nous accorde un pape bien dévoué à l'auguste mystère, on espère remporter la victoire. D'un autre côté, on croit que le conclave traînera en longueur. Que Dieu daigne assister les cardinaux pour qu'ils fassent choix d'un saint Pape; car les mœurs sont corrompues, et si les chefs ne sont pas bons, nous irons toujours de mal en pis.

Puis, dans la lettre que je vous ai écrite, je félicitais Votre Excellence de l'accueil affectueux qu'elle recevait de Sa Majesté ; mais trouvez bon que dans celle-ci, où j'y vais plus familièrement, je parle en missionnaire, et que je vous recommande de contrebalancer le res-

(1) 28e de l'édit. ital.

pect dû au Prince avec les droits que réclame votre ministère. Accordons tout ce qui est possible, mais pesons tout au poids du sanctuaire. Je sais bien que vous le faites et que vous continuerez à le faire; mais frère Léonard, qui veut le bien de votre âme comme de la sienne propre, prend la liberté de vous confirmer dans ce que vous faites déjà. D'ailleurs nous désirons tous que votre retour ne tarde pas, afin de vous voir ici au milieu de nous, sous un autre costume, comme on l'espère.

Pour moi, je partirai bientôt pour les missions. Dans ma lettre précédente, il me semble que je vous ai indiqué les lieux qui seront le théâtre de nos travaux pendant cette campagne. C'était, en premier lieu, Narni ; mais l'évéque de cette ville a fait comme celui de Sinigaglia : il voulait la mission par tout le diocèse, ou rien du tout; par conséquent on passe outre et on va à Nocéra, à Gubbio, à San-Sévérino, à Montecchio, à Monte Filotrano, à Lorette, à Porto di Fermo, à Ascoli pour un triduum, et à La Matrice ; puis, pendant l'hiver, à Terracine, Ilri, Gaëte et autres lieux du royaume1, où les besoins sont extrêmes.

Je ne cesse de vous recommander à Dieu, mais à la condition, Monseigneur, que vous n'oublierez pas le pauvre missionnaire, ne cum aliis prœdicaverim, ipse reprobus efficiar. En finissant, je vous laisse dans les plaies sacrées de notre bon Jésus, et suis avec respect,

De Votre Excellence,

Le très humble et très dévoué,

Fr. Léonard, pécheur.

P. S. J'ai salué de votre part le père Pierre qui vous salue à son tour.

(1 Du royaume de Naples.

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