‹ Œuvres complètesChapitre 87 sur 155 · A M. L'AVOCAT \ICTOR MARTINI, A ROME · texte numérisé non relu

A M. L'AVOCAT \ICTOR MARTINI, A ROME

Exemple édifiant de réconciliation. — Miracle de San Germano.

San-Severvno, le 28 juillet 1740.

Monsieur,

Que la grâce de l'Esprit saint soit toujours avec vous.

Nous voilà à San-Severino, où hier soir on a fait l'ouverture de la mission. On en espère un grand bien, car le peuple est fort docile. Des le premier sermon, hier soir, on a remarqué chez tous les assistants une componction extraordinaire. Nous nous contenterions toutefois d'un résultat semblable à celui que nous avons obtenu dans la mission de Montecchio. l\ous trouvâmes dans cet endroit-là une population excessivement brouillée ; tout était plein de haines et de dissensions, non seulement parmi les séculiers, mais aussi parmi les ecclésiastiques, et grâce à Dieu ainsi qu'a )a protection de notre cher saint Vincent, on a remédié à tout; la paix s'est faite et toutes les discordes ont disparu. La plus grande difficulté était de réconcilier les ecclésiastiques entre eux, vu que rarchiprêtre élevait beaucoup de prétentions contre les chanoines, et les chanoines contre l'archiprêtre et même contre l'évêque. Je feignis, dans un sermon, que le peuple m'adressait des reproches de ce que que je ne travaillais pas à les réconcilier, et je répondis ijue pour réconcilier ces Messieurs, il n'y avait qu'un seul remède : c'est que chacun d'eux s'administrât

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quatre onces d'humilité ; sur ce, je tirai ma révérence et je m'en allai. Ces quatre onces d'humilité entrèrent dans la tête de l'évêque qui était présent, de l'archiprêtre et des chanoines, et ils se rendirent. Chacun rabattit de ses prétentions, et tout s'arrangea d'un commun accord, au grand contentement surtout de l'évêque, qui d'ailleurs est un saint homme.

Je vous envoie ci-joint l'attestation de l'événement miraculeux de San-Germano, où la cloche du pécheur endurci se mit en branle et continua à sonner d'ellemême pendant une demi-heure, à la grande stupéfaction de toute cette population1. J'ai désiré avoir cette attestation pour m'en servir à l'occasion, afin que les pécheurs se convertissent plus facilement au son de la cloche ; ce moyen a coutume de faire impression sur les cœurs les plus obstinés.

Si vous avez occasion d'écrire au Cardinal- Vicaire et au cardinal Corradini, présentez à leurs Eminences mes humbles respects, et dites-leur que je fais prier pour eux. Un salut à M. Hyppolite. — Vive Jésus 1

Votre très intime et très dévoué serviteur, Fr. Léonard.

(1) Voyez la Vie, part. 1, ch. 13, page 124.

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