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XXXVII

A MADAME LA DUCHESSE STROZZI

Recommandation en faveur de son cousin.

Du couvent de Saint-Ange de Mortorio, le SO août Ì744.

Madame,

Que la grâce de l'Esprit saint soit avec vous.

Le porteur de ia présente est mon cousin germain, il me dit avoir une vexation à souffrir au sujet d'une cause qu'il vous expliquera mieux de vive voix. Il ne désire autre chose de Votre Excellence qu'une recommandation auprès des juges compétents, à l'effet d'obtenir tout simplement que justice soit faite; car il s'agit d'une cause déjà jugée et gagnée plusieurs fois. Je vous le recommande donc très instamment, tant à cause qu'il m'est si proche parent, que parce qu'il me semble qu'il s'agit de favoriser la justice et même la charité ; attendu que si le pauvre homme perd cette cause, il est ruiné, lui et toute sa famille. En conséquence, je vous prie de

(1) 73e de l'édit. ital.

l'aider par tous les moyens que vous jugerez expédients, et d'en avoir compassion pour l'amour de Dieu.

Je ne vous ai pas oubliée pendant cette retraite; je voudrais que nous en finissions une bonne fois et que nous devinssions des saints ; car nous approchons toujours davantage de l'éternité.

Vous aurez déjà appris la mort de mon bien-aimé frère, le père Antoine, qui vous était très affectionné ; aussi vous tâcherez, j'espère, de faire quelque bien à son âme.

Dans quelques jours je partirai pour les missions où je vous ferai recommander à Dieu, votre âme m'iotéressant autant que la mienne propre.

Quand vous verrez Mgr le cardinal, n'omettez pas de lui offrir mes humbles respects.

Je finis en vous laissant dans les plaie3 sacrées de Jésus, et je suis en tout,

De Votre Excellence,

Le très humble et très dévoué serviteur,

Fr. Léonard de Port-Madrice, Missionnaire.

P. S. Il n'y a pas lieu de vous donner la peine de me répondre, car votre lettre ne me trouverait plus au couvent.

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