‹ Œuvres complètesChapitre 54 sur 54 · A FLORENCE · texte numérisé non relu

A FLORENCE

Paris, le ia norembre ifht,

Mabahe, puis- je espérer avoir de y os noayelles par madame Clavier , ma belle-mére, qui vous remettra la présente ? Vous n'ayez point oublié , je pense , un helléniste qui eut l'honneur de vous accompagner avec M. Fabre dans votre voyage de Naples, et se rappelle toujours avec un grand plaisir cette époque de sa vie. Vous ne savez pas, Madame, que j'écrivis alors une relation de ce voyage et de toutes nos conversations , dans lesquelles nous n'avions point du tout l'air de nous ennuyer. J'ai tout cela en manuscrit, et quelque jour j'aurai riionnenr de vous le faire voir, si Dieu permet que je retourne dans ce beau pays où votre séjour est fixé. Un des motifs les plus puissants pour me ramener en Italie, ce serait, Madame, l'espérance de vous y revoir et de jouir encore de votre conversation, aussi instructive qu'agréable. En attendant , permettez , je vous prie , que madame Clavier ait Thonneur de vous voir, et me puisse apprendre à son retour comment vous vous portez. Cette occasion de me rappeler à votre souvenir m'est trop précieuse pour que je la laisse échapper, et j'en profite en vous priant. Madame, de me croire toute la vie, etc.

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A MADAME COURIER

Lundi , noyembre i8a3.

Un libraire sort d'ici, qui a entendu parler de toi chez madame Dumenis.

Ce libraire yeut avoir mon portrait pour le faire lithographier. Je l'ai envoyé promener. II dit qu'il l'aura malgré moi.

L"^** s'est fait agent de change. C'était bien la peine d'épouser une marquise.

J'ai vu hier M. de La Fayette. Tu as pu voir dans les journaux que le gouvernement des États-Unis envoie un vaisseau pour le prendre et le conduire là'- bas. Il me propose de l'accompagner , et j'en serais presque tenté» Il ne sera que huit ou dix mois à aller et revenir.

Au mois de mars 18249 Courier retourna à Paris emportant son Pamphlet des Pamphlets achevé. Occupé d'un grand projet pour lequel il jugeait le secret nécessaire , il lui parut favorable à son dessein de publier quelque chose où la politique n entrât pour rien, et qui pût sembler inoffensif à Messieurs les procureurs du roi* La troisième des lettres suivantes contient son propre jugement sur le Pamphlet.,

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A HADAllB «QUIUCia.

Mercredi des cendres 1894.

Si ta lmi9 kui joorww , tu y yextm raimoQoe de ma brochure , qui n'est pas encore imprimée ^ ot déjà eicite YÎTement la curiosité,

L^<^^^> ancien aide-deH:amp à^ Bonaparta, ^içat df marier sa fille a^ec 5oo,ooo fr. â M. de B^^^, q^i n'a rien que son nom. Â l'église le çaxé a fait un heeâk discours , où il n'a parlé que du marié > de s«i noblesse et de son nom et de son illustre ÛMuille , sans dire un mo% de 1a mariée ni df b^ parants. H a deui: ans de moioa que sa femme* Loutre jour j'ei dîné ches madame C^'^^ , et je lui ai dit ; ITe donner point yptre fiUe à un bomme ^ cour. J'ai tu que cela ne lui plaisait pas. Uf ^xQni oomme L¥¥¥. J'oubliais de te dire que toute la famille de M. de B^^^^ est indignée de ce mariage.

A MABAilE COURIER.

Jeadi matin , mars i8a4*

On m^enyoie ici le feuilleton. Je ne Mi» pourvoi ni comment ils m'ont pu découvrir et savoir mon adresoe. J'en suis fâché. Cette lecture aurait pu t'amuser l&^bas*

J'ai dîné lundi chez Hersent , et de M on m'a mené chez madame Gay, auteur > où j'ai entendu la lecture d'une comédie. Il j avait là beaucoup de monde. Madame Regnault de Saint^Jean-d'Angely m'a fait de grandes amitiés; elle est encore belle. Lemontej y^tait ; EUeviou, tellement vieilli que je ne l'ai pas reconnu ; madasae Dugazon , qui m'a parlé aussi , çt d'autres ; mademoiselle Delphine Gay y qui fait des vers assez beaux à dix-sept ans ; mais je crois qu'elle en a bien vingt. Tout cela ne m'amuse point.

On imprime ma drogue qui, je crois, ne sera point saisie. J'en ai débité quelques morceaux de mémoire. Us font plaisir d tout le monde. On est furieusement prévenu en ma faveur.

Je dtne aujourd'hui ehezGaanaut, denuin chex mada<me^^^^. Tout cela m'ennuie. J'aime mieux Hersent et sa femme. Ils ont une maison agréable. Ils gagnent beaucoup tous deux , et ils maudissent le métier. Leur santé est mauvaise.

A MADAMB COURIER.

Blercrodi.

J'ai reçu ta lettre dimanche. Mais voici du nouveau qui ne te déplaira pas. C'est madame Shœnée qui achète notre Filonnière. Mon homme barguignait un peu ; elle ne savait point ce marché. Je craignais des difficultés. Sur quelques mots que je lui drs, elle me fit des offres. Tacceptai. Nous conclftmes, et nous avons signé hier une promesse de contrat. Ainsi l'affaire est fiEiite. J'ai broché un sons-seing comme j'ai pu; il fallait bien signer quel*que chose. Voici notre marché avec madame Shœnée : je lui vends le fonds 609O00 fr. , les bois sur pied 21,875 ; en tout 71,875. Tu me demandes pourquoi ce compte biscornu : elle ne veut me payer que- 76,000.

On imprime ma drogue (i) , qui n'en vaut guère la peine, ce me semble.

Pour achever cette notice abrégée quelques mots suffiront. Paul-Louis revint à la campagne en mai. Il ébaudia les deux nouveaux fragments d'Hérodote qu'on publie et qu'il n'acheva

(1) Le Pamphlet des Pamphlets.

que plus tard , sans néanmoins y avoir mis la dernière main. Mais occupé d'affaires d'intârét assez importantes*^ il suspendit momentanément ses études littéraires. Il fit quatre fois le voyage de Touraine en peu de mois , et passa à Paris janvier i8a5 et la moitié de février. Rendu au repos, Paul-Louis retourna le 17 février à la Chavonnière, ayant, de concert avec sa fenune qu'il laissait à Paris, formé le projet de revenir sous peu Fy retrouver, et peut-être pour n'en plus quitter. En achevant de couper son bois , il s'occupait à revoir le recueil des cent lettres auquel il attachait beaucoup de prix ; il se préparait en même temps à un travail de plus longue haleine que tout ce qu'il avait fait jus qu'alors, quand il fut assassiné, le 10 avril iSiS.

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