ÉTÉ
Et l'enfant répondit, pâmée Sous la fourmillante caresse De sa pantelante maîtresse :
« Je me meurs, ô ma bien-aimée!
« Je me meurs : ta gorge enflammée Et lourde me soûle, m'oppresse ; Ta forte chair d'où sort l'ivresse Est étrangement parfumée :
« Elle a, ta chair, le charme sombre
Des maturités estivales, —
Elle en a l'ambre, elle en a l'ombre ;
« Ta voix tonne dans les rafales,
Et ta chevelure sanglante
Fuit brusquement dans la nuit lente. »
SAPno
Furieuse, les yeux caves et les seins roides, Sapho, que la langueur de son désir irrite, Comme une louve court le long des grèves froides.
Elle songe à Phaon, oublieuse du Rite,
Et, voyant à ce point ses larmes dédaignées,
Arrache ses cheveux immenses par poignées;
Puis elle évoque, en des remords sans accalmies. Ces temps où rayonnait, pure, la jeune gloire] De ses amours chantés en vers que la mémoire De rdme va redire aux vierges endormies :
Et voilà qu'elle abat ses paupières blêmies Et saute dans la mer où l'appelle la Moire, — Tandis qu'au ciel éclate, incendiant l'eau noire, La pùle Séléné qui venge les Amies.
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