‹ Œuvres complètesChapitre 39 sur 91 · CASTA PIANA · texte numérisé non relu

CASTA PIANA

Tes cheveux bleus aux dessous roux, Tes yeux très durs qui sont trop doux, Ta beauté, qui n'en est pas une, Tes seins que busqua, que musqua Un diable cruel et jusqu'à Ta pâleur volée à la lune,

Nous ont mis dans tous nos états,

Notre-dame du galetas

Que l'on vénère avec des cierges

Non bénits, les Avé non plus

Récités lors des Angélus

Que sonnent tant d'heures peu vierges.

Et vraiment tu sens le fagot :

Tu tournes un homme en nigaud.

En chilTe, en symbole, en un souffle.

Le temps de dire ou de faire oui, Le temps d'un bonjour ébloui, Le temps de baiser ta pantoufle.

Terrible lieu, ton galetas 1

On t'y prend toujours sur le tas

A démolir quelque maroufle,

Et, décanillés, ces amants,

Munis de tous les sacrements,

T'y penses moins qu'à ta pantoufle I

T'as raison ! Aime-moi donc mieux Que tous ces jeunes et ces vieux Qui ne savent pas la manière, Moi qui suis dans ton mouvement, Moi qui connais le boniment Et te voue une cour plénière!

Ne fronce plus ces sourcils-ci, Casta, ni cette bouche-ci.

Laisse-moi puiser tous tes baumes, Piana, sucrés, salés, poivrés, Et laisse-moi boire, poivrés, Salés, sucrés, tes sacrés baumes.

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