‹ Œuvres complètesChapitre 53 sur 91 · LA DERNIERE FÊTE GALANTE · texte numérisé non relu

LA DERNIERE FÊTE GALANTE

Pour une bonne foîs, séparons-nous,

Très chers messieurs et si belles mesdames.

Assez comme cela d'épithalames,

Et puis là, nos plaisirs furent trop doux.

Nul remords, nul regret vrai, nul désastre; C'est effrayant ce que nous sentons D'affinités avecque les moutons Enrubannés du pire poétastre.

Nous fûmes trop ridicules un peu Avec nos airs de n'y toucher qu'à peine. Le Dieu d'amour veut qu'on ait de l'haleine. Il a raison ! Et c'est un jeune Dieu.

Séparons-nous, je vc-^^s le dis encore.

0 que nos cœurs qui furent trop bêlants. Dès ce jourd'hui réclament trop hurlants L'embarquement pour >Sodome et Gomorrhe I

POÈiME SATURNIN

Ce fut bizarre et Salnn dut rire.

Ce jour d'été m'avait tout soùlé.

Quelle chanteuse impossible à dire Et tout ce qu'elle a débagoulé 1

Ce piano dans trop de fumée Sous des suspensions à pétrole I Je crois, j'avais la bile enflammée, J'entendais de travers ma parole.

Je crois, mes sens étaient à l'envers, Ma bile avait fait des bouillons fantasques. 0 les refrains de cafés-concerts.

Faussés par le plus plâtré des masques!

Dans des troquets comme en ces bourgades, J'avais rôdé, suçant peu de glace.

Trois galopins aux yeux de tribades Dévisageaient sans fin ma grimace.

262 PAHALLÈLEMENT

Je fus hué manifestement Par ces voyous, non loin de la gare, Et les engueulai si goulûment Que j'en faillis gober mon cigare.

Je rentre : une voix à mon oreille,

Un pas fantôme. Aucun ou personne?

On m'a frôlé. — La nuit sans pareille ! Ah 1 l'heure d'im réveil drôle sonne.

Attigny (Ardennes), 31 mai — l" juillet 1885.

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