‹ Œuvres complètesChapitre 54 sur 91 · L'IMPUDENT · texte numérisé non relu

L'IMPUDENT

La misère et le mauvais œil, Soit dit sans le calomnirr, Ont fait à ce monstre d'orgueil Une dme de vieux prisonnier.

Oui, jettatore, oui, le dernier Et le premier des gueux en deuil De l'ombre même d'un denier Qu'ils poursuivront jusqu'au cercueiL

Son regard mûrit les enfants.

Il a des refus triomphants.

Même il est bêle à sa façon.

Beautés passant, au lieu de sous, Faites à ce mauvais garçon L'aumône seulement... de vous.

L'IMPENITENT

Rôdeur vanné, ton œil fané Tout plein d'un désir satané Mais qui n'est pas l'œil d'un bélître.

Quand passe quelqu'un de gentil Lance un éclair comme une vitre.

Ton blaire flaire, ûpre et subtil, Et l'étamine et le pistil.

Toute fleur, tout fruit, toute viande, Et la langue d'homme entendu Pourléche ta lèvre friande.

Vieux faune en l'air guettant ton dû, As-tu vraiment bandé, tendu L'arme assez de tes paillardises?

L'as-tu, drôle, braquée assez?

Ce n'est rien que tu nous le dises.

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Quoi, malgré ces reins fricassés, Ce cœur érclnté, tu no sais Que dévouer à la luxure Ton cœur, tes reins, ta poche & flel, Ta raie et toute ta fressure 1

Sucrés et doux comme le miel, Damnants comme le feu du ciel, Bleus comme Heur, noirs comme poudre, Tu rafToles beaucoup des yeux Do tout genre en dépit du Foudre.

Les nez te plaisent, gracieux Ou simplement malicieux Étant la force des visages, Étant aussi, suivant des gens.

Des indices et des présages.

Longs baisers plus clairs que des chanta, Tout petits baisers astringents Qu'on dirait qui vous sucent l'âme, Bons gros baisers d'enfants, légers Baisers danseurs, telle une flamme.

Baisers mangeurs, baisers mangés, Baisers buveurs, bus, enragés,

t66 PARALLÈLEMENT

Baisers languides et farouches, Ce que t'aimes bien, c'est surtout, N'est-ce pas? les belles boubouches.

Les corps enfin sont de ton goût.

Mieux pourtant couchés que debout, Se mouvant sur place qu'en marche, Mais de n'importe quel climat, Pont-Saint-Esprit ou Pont-de-l'Arche.

Pour que ce goût les acclamât Minces, grands d'aspect plutôt mat, Faudrait pourtant du jeune en somme.

Pieds fins et forts, tout légers bras Musculeux et des cheveux comme

Ça tombe, longs, bouclés ou ras, — Sinon pervers et scélérats Tout à fait, un peu d'innocence En moins, pour toi sauver, du moins.

Quelque ombre encore de décence ?

Nenni dà! Vous, soyez témoins, Dieux la connaissant dans les coins, Que ces manières de parts telles, Sont pour s'amuser mieux au fond Sans trop rausser aux bagatelles.

PARALLiCLEllENT 267

C'est ainsi quo les choses vont Et que les raillards flciïC's font.

Mais tu te ris de ces morales, — Tel un quelqu'un plus que pressé Passe outre aux défenses murales !

Et tu réponds, un peu lassé

De te voir ainsi relancé,

De ta voix que la soif di'grade

Mais qui n'est pas d'un marniiteux :

« Qu'y peux-tu faire, camarade,

Si nous sommes cet amiteux ? n

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