‹ Œuvres complètesChapitre 66 sur 91 · CAPRICE · texte numérisé non relu

CAPRICE

0 poète, faux pauvre et faux riche, homme vrai,

Jusqu'en l'extérieur riche et pauvre pas vrai

(Dès l'or, comment veux-tu qu'on soit sûr de ton cœur?)

Tour à tour souple, drôle et monsieur somptueux,

Du vert clair plein d' « espère « au noir componctueux,

Ton habit a toujours quelque détail blagueur.

Un bouton manque. Un fil dépasse. D'où venue Cette tache — ah çà, malvenue ou bienvenue? — Qui rit et pleure sur le cheviot et la toile? Nœud noué bien et mal, soulier luisant et terne. Bref, un type à se pendre à la Vieille-Lanterne Comme à marcher, gai proverbe, à la belle étoile.

Gueux, mais pas comme ça, l'homme vrai, le seul vrai.

Poète, va, si ton langage n'est pas vrai.

Toi l'es, et ton langage, alors 1 Tant pis pour ceux

Qui n'auront pas aimé, fous comme autant de tois,

La lune pour chaufTer les sans femmes ni toits,

La mort, ah 1 pour bercer les coeurs malchanceux,

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Pauvres cœurs mal tombés, trop bons et très Hcrs certes!

Car l'ironie éclate aux lèvres belles, certes,

De vos blessures, cœurs plus blessés qu'une cible,

Petits sacrés-cœurs de Jésus plus lamentables!

Va, poète, le seul des hommes véritables.

Meurs sauvé, meurs de faim pourtant le moins possible.

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