CHAPITRE XXVI
Le supérieur doit supporter tes inférieurs avec charité, et corriger leurs défauts avec espritde douceur. En quelle manière il faut que le supérieur regarde ses inférieurs.
Pour mieux disposer à cette patience, douceur et charité, il considérera souvent chaque Ame connue une essence spirituelle (bien qu'enchâssée dans un corps terrestre et non céleste, mais un corps qui est ce nonobstant |ilus noble que tous les corps célestes qui lui sei'viront un jour de marchepied), comme un sujet où la grâce infuse repose, mais cachée à nos yeux, et ensevelie dans les im|)erfections ordinaires ; comme un objet pour être de quelque conseil secret el particulier de Dieu, qui s'accomplira et se manifestera en son tem|)s, et auquel Dieu veut la préjiarer [lar les soins el les labeurs de sa conduite, par les exercices de piété, el par les pratiiiues de la vertu. Que si Dieu a déposé un si grand trésor en un vaisseau si
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l"rn^il(\ cl n C0( hé clioscs si gr.'indcs ilo sn l.uisx.irico cl de .sa gr/lce sous iiii voile si conlemi lil>le ; îVesl-t;e |tns ou nvilissnril nii- Irui ilov/uil nos yeux, nous avilir uous-iuôlues (levant Dieu, (jue de uo |ias reronnallro clio^e si véiilahle et si digne, el si propre à notre (Jevoir ? N"esl ce pasnous laisser Iroin- |)er par nos sens, en méconnaissant dioses si excellentes ? ICI n'est-( e pas faire tort h Dieu el h nous-uiôines, (jue de ne pas suivre sa luniiùre elsa conduite en la loi (jui nous dé(;ouvre ces véritcs, et nous enseigne (|ue chose .si haute cl si importante h Dieu est cachée en îles choses si petites el si basses?
CIIAIMTKE XX VU.
Le supérieur ddl jilus mir cl srnfir Diru en la chaKjc pour yadhircr, iiueni Ir furdrau pour s'en cunni/cr, ui l'Iioutieiir pour s'en élever, ni iunloriti! pour iluvtiner.
A[)rès avoir sommairement touché (}uelqucs points de ce (pie le su|iérifur doit envers Dieu, envers soi-m(>me et envers autrui, reste h dir»; la dispositifm intérieure qu'il doit avoir au regard de la charge el supériorii.é qui lui est commise. Or il doit <^ire en s»»in de prévenir le mauvais usage de la grAce. La nature répute la charge comme honneur et s'en élève, ou comme autorité s'en rend dominante sur autrui. La grâce el l'esprit de Dieu nous la failrépuler connue une croix cl nous en donne éloignenient, et comme une croix imposée de Dieu el nous y donne soumission. C'est la clef de noire entrée, el le principe d'une bonne conduite en la charge qui nous est donnée; car en vertu de cetie sainte [rensée, étant sans goût et senlimenl de la charge, nous entrons en une démission à l'oidonnance divine qui fait de nous ce qu'il lui plaît; nous prenons liaison à la providence et autorité de Dieu, qui dispose de nous comme de chose sienne, espérant sa giûce el son assistance ; nous vovons et sentons i)lus Dieu «lue nous-mêmes en la chaige, el nous voyons plus en la charge la grâce que Dieu adjoint à la charge pour la recevoir et remployer, que le fardeau de la charge pour nous ennuyer, ni l'honneur de la charge pour nous élever, ni l'aulorilé de la charge jiour dominer.