CHAPITRE XXV
L'usage que doit faire le supérieur des manquemeuts de ses inférieurs.
Et d'autant qu'un de nos plus fréquents usages en lavje, c'est de faillir, aussi un des plus fréquents exercices du su|)érieur doit être envers les fautes de ses inférieurs. 1° Il sera donc averti de s'humilier dans les fautes d'autrui, se souvenant qu'il en ferait de plus grandes si Dieu I<î délaissait à soi-même. 2° De s'inquiter devant Dieu les imperfections des autres; car il y a peut-être quehjue part par son défaut de conduite et d'exemple, et de charité, s'a[)propriant ce verset: Ab occultis meis munda me, etab aiienisparve servo tuo. [Psal. xviii, 13.) 3" Il considérera que Dieu le veut exercer et perfectionner parles manquements des aulies. i° El regardant chaipie défaut de ses inférieurs comme un nouveau moyen que Dieu lui donne pour honorer sa majesté divine, et pour le perfectionner. 5* Il aura sein de prévoir et prévenir ces défauts par sa prudence, en prévenant les occasions; de les sup'iiorter par sa patience, de les couvrir par son exem|)le, deles amentier par sa charité, de les corriger par sa parole, mais en esprit de tiouceur et de sécurité : In spirilu lenitatis {Gai. vi, 1), ce dit saintPaul, etnon en esprit d'autorité : car il doit se donner garde du faux zèle qui se glisse quelquefin's dans l'esprit dessupérieiirs, et doit s'habituer à la douceur el patience, en l'honneur et imitation du Fils de Dieu, supportant un si long temps en son école la bassesse et grossièreté de ses apôtres.