‹ Œuvres complètesChapitre 138 sur 540 · CHAPITRE XXIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XXIX

Le supérieur qui doit régir les autres par l'esprit de Dieu, se doit régir (ui-wéme par cet esprit saint. Il se doit particulièrement appliquer à viaintenir ouatre choses en la maison : i" L'esprit d' abnégation; 2" piété vers les choses divines; S" le soin d'acquérir et pratiquer les vraies vertus; h-" la sévérité et exemplarité de la modestie et discipline extérieure. Nous devons servir Dieu parfaitement, tant à l'extérieur qu à l'intérieur, et Dieu qui nous a donné l'es-prit et le corps demande d nous un parlait usage de l'un et de l'autre.

Bref, le supéiieur considérera que la môme supériorité l'admonote de son devoir; car ceux qui lui sont soumis ne le sont |ias pour être régis jiar ses passions ni par son esprit, mais par l'esprit de Dieu en lui, etcet espritdc Dieu le doit régir, et régir lesaulres par lui ;el il doit renoncer à son [»ropre esprit pour être en la puissance et conduite de l'esprit de Dieu, comme il veut que les inférieurs soient en sa puissance el se rendent à son esprit. El il doit ainsi faire le prenjier ce qu'il requiert des autres , el se rendre parfait et exact en tout, mais particulièrement il doit être exact en l'oraison, en l*cxem|)le de la ( harilé : en l'oraison, car il doit former el animer les autres en cet exercice, et doit y recevoir lumière etgrùceiiour les y aider ;'en cxcm|ile, car ses mœurs doivent être une image vive de Jésus, une exjiression de sa vie et de ses comportements sur la terre, et une instruction parlante dans la maison, et d'autant pjus parlante, que l'exemple est plus efficace que la [^arole; el il doit cet exemple même avec intérêt, car il doit éclairer les autres en se consommant, comme le llambeau, ce disait Avila, un des grands personnages de notre siècle. En la

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charité envers tous les domestiques, les prévenant en leurs besoins, les accueillnnt avec suavité, les perfectionnant avec ellieace, et donnant à tous sujet de croire qu'il les alFectioniie et esliiue selon Dieu, et qu'il s'oublie soi-même pour se souvenir d'eux et de biurs nécessités spirituelles et temporelles. Celte charité lioit être son exercice et son élude iiriticipale, et les âmes sont les livres : Epistula noslru vos estis (II Cor. ni, 2) vivants el |)rincij>aux où il doit étudier après le livre de vie, qui est Jésus et sa croix, où nous apprenons la charité de Dieu fait houune pour les âmes. l*ar cet esprit de charité, il doit chaque jour s'occuper à quelque etl'ct spirituel en quelques-unes des âmes de la maison ; et s'il arrivait qu'il eût omis un jour sans voir, et bien faire à quelqu'un de ceux qui lui sont commis, il doit dire en soi-même, comme cet empereur, qu'il a perdu ce jour-là, car c'est son ouvrage et son exercice en la terre, de bien faire aux âmes de Jésus par es|)rit de Jésus. En celte intention et disposition, il doit être toujours vigilant, toujours en sollicitude : Qui prœest in solltciludine ( iîom. xii, 8), et son soin et vigilance le doit appliquer à tout, mais particulièrement à maintenir et con-^erver quatre choses dans les maisons et dans les âmes : 1° l'esprit d'abnégation auquel le Fils de Dieu a mis le premier point de son école et discipline; 2° l'esprit de piété vers les choses divines et intérieures; le soin d'ac(]uérir et exercer les vraies vertus et les vertus solides ; 3° la sévérité et exemplarité de la modestie et discifiline extérieure ; k" ces quatre points sont nécessaires, e* Dieu les a joints ensemble en ses institutions évangéliques, [)Our détremper l'amertume de l'abnégation dans l'onction de la piété et dans la douceur de l'esjjrit intérieur, et pour conduire le désir et l'exercice des verlus par la lumière de la grâce intérieure, et les conforter et conserver par la foi ce de la discipline extérieure. Le supérieur révérera la conduite et sapience île Dieu, ordonnant ces quatre points en son é«ole, et n'en omettra [«as un, et se rendra soigneux, non-seulement du ménage, comme font quelques uns, mais aussi de lintérieur, cultivant les âmes dedans les voies de Dieu sur elles ; car Dieu est esprit, et veut être servi et adoré en esprit; et comme l'esprit donne et conserve la vie au corps, aussi l'intérieur donne et conserve la perfection à l'éiat extérieur, et celui qui nous a donné et res()rit et le corps, veut être servi de tout ce que nous sommes, suivant ce souhait apostolique : Ipse Dcus pacis sancllficet vos per otnnia, ut inlcyer spiritus VHster, el anima, et corpus sine qucrcla in adventu Vomini nostri Jesu Clirisli scrvctur, Amen. [I Ihess. iv, 23.)

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