CHAPITRE III
les lihei'tins), ont moyen de Tapprondro en celte école du diable, avant qu'éprouver sous sa géhenne la présence d'un Dieu et la ri'^ucur de ses jugements, Kcole véritablement, non de la nature ni de la loi, mais de Texpérience en laquelle nous sommes confirmés en tout ce que la nature enseigne, et en tout ce que la foi représente. Car ici l'athée, qui fait monter le comble de ses péchés jus(|u'à ne point reconnaître celui lequel il ne peut ignorer (78), est convaincu par ses sens, témoins seuls rcsUinls hors de reproche à son incrédulité, (ju'il y a une essence divine ! Kt l'homme, qui, n'ayant ]»oint soin de Dieu ne croit pas que Dieu ait soin de l'homme, voit ici une particulière providence à garantir une pauvre créature de la fureur d'un ennemi, sur lequel rien d'humain, rien de naturel n'a pouvoir. Ici le catéchumène est disposé à recevoir le joug de la foi en Jésus-Christ, en voyant les diables tellement domptés en son nom. Ses sens sont facilites à ne trouver pas si étrange l'union du Verbe avec l'humanité, quand il voit, s'il faut dire ainsi, un démon incarné en sa présence 1 Et le fidèle est induit à ne point dédaigner la voix de l'Eglise, puisque ï'âtan même ne la peut mépriser. Ici le lil>ertin voit un éclat de ce tonnerre qui le brisera quelque jour, qui dès longtemps a foudroyé cet ange pour un seul acte déréglé, et qui en sa présence fra})pe si rudement un homme et un pécheur comme lui ; et le curieux, (jui alfecte à converser avec les «iémons en terre, assiste à un spectacle qui lui découvre au vrai quel sera le dernier et éternel comportement de Satan avec l'homme. Ce que le malin esprit cache et déguise en toutes ses autres actions hormis en celleci, en laquelle Thorreur de la rencontre de Satan avec l'hoimne en enfer est portrait I>lus qu'au vif, non en l'ombrage, mais en la réalité des mêmes personnes qui y concourent, l'homme et le diable, et des mêmes tourments qui y sont endurés. Portrait si accompli que Vien n'y manque, non pas même la parole, car l'ange y témoigne par la voix du possédé comme par un organe emprunté, l'excès de son tourment et la rigueur du jugement de Dieu sur le ])éché, môme celui que l'esprit de Dieu possède, profite en ce spectacle; car il voit un modèle sur lequel il apjirend à se laisser |)lus entièrement et absolument posséder à son Dieu, à ce qu'il vive et opère plus en lui que lui-même; ainsi que l'âme de l'éncrgumène ne vit et n'opère pas tant en son corps que Satan qui le possède.
Enseignements très-hauts, uiilesàtous, nécessaires à plusieurs quant à leur substance, et singuliers quant à la manière avec laquelle ils sont jiroposés ; car ils sont imprimés dans les sens desquels est le siège de l'iulidélité qui moleste [lerpétuelleaient l'âme et quelquefois l'emporte durant l'obscurité de Li loi, laquelle est rendue aucunement visible et sensible par cet accident.
QUE CETTE SORTE DE COMMUNICATION EN LA- QUELLE SATAN s'incorpore DEDANS l'hOMMë, EST ERÉQLENTE, MEME DEPUIS LE MYSTÈRE DE l'incarnation.
I. Les prophetesses du paganisme étaient autant de posse'de'es de l'esprit malin. — H. Les révélations de ces prophetesses se faisaient par allocution du démon, non à elles, mais en elles, et avaient tous les accessoires d'une vraie possession, les approchcs , la résistance, les altérations. — III. Depuis le mystère de V Incarnation, le diable n'a pas cessé de prendre possession des corps humains {quoique non plus sous le nom et l'apparence d'une déité comme auparavant ), Dieu le permettant pour servir à l'établissement da christianisme. — IV. Depuis même que l'empire de Jésus-Christ a été fermement établi en la terre. Dieu a permis ces jjossessions comme autant utiles à y conserver la foi quel la planter. — V. Cela est prouvé par une raison excellente et forte, qui est que la Providence divine ayant, comme deux canaux, l'opération du bien et la permission damai, toujours égaux entre eux-mêmes ; cojnme depuis le mystère de r Incarnation, son opération en la terre est beaucoup plus remarquable, sa permission aussi en sera plus singulière et plus extraordinaire. — \ 1. Le diable depuis le mystère de l'Incarnation veut étendre les limites de sa domination en ce monde, selon qu'elles se raccourcissent en l'autre ; et il accroît le mal de la peine, depuis que le mal de la coulpe est diminué. — ^'II. L'ambition, la rage contre Cimage de Dieu, it Corgueil de Satan sont excités par le mystère de l Incarnation. Que la misère est grande de l'homme possédé de Satan qui livre un combat furieux à son âme et donne un tourment extrême à son corps.
I. Ceux qui n'ont pas le sens bien reposé en cette créance que les démons conversent avec les hommes, et que même ils occupent les corps humains, ont à mon avis quelque sujet de l'affermir [)ar le discours précédent auquel il ajipert que cet efiel n'est pas tant hors de proportion avec ses cau>es comme ils s'imaginent ; car l'homme par la condition de son être et par la servitude du péché, est sujet à endurer cet effort, et il n'est point malséant à Dieu de le (lermettre, ni désagréable à Satan de l'exécuter. Ceux aussi qui consentent à cette vérité, mais estiment que ces accidents arrivent rarement au inonde, ont à mon avis |)eu de lecture ou de mémoire, n'y ayant eu aucun siècle entièrement exiMiipt de ces rencontres, et les témoignages en étant gravés dans les plus éminents auteurs de l'antiquité.
Car les prophetesses du paganisme étaient autant de possédées de l'esprit malin qui émouvait leur cor})s et empruntait leurs or-
("78) I Hcec est summa deiicti nol'c agiiuscere quem ignoraro non |>otesi. » \CïrR., In idct.
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TIIAITF, Di;S ENKIU;! MKNËS.
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ganos pour prononcer ses orfloles. Kl I cr- HillicMi les met (Ml ro rnri;; dans son AjxjIogiUique, oTi il provorpic les pnïens à venir voir liMirs déitôs h l'éprcuvo de no>* cxorcisnios, otj i.T (crsoiino do (piolipi'nn ipi'ils ostiinass(>ril ou possédé d'un malin esprit, on n^iU'; d'une fureur divine, le(piel il pcinl d'un niOiuc n-ayon que leurs poiiles : Prn- (luciHur nlif/uis, dil-il ( (.. ti2 ), ea iis qui de Dco pâli (linintuf, r oiuine rej^jardatit à ces vers du poêle romain :
At riiii'lii niiniltiiii pulieiiK iii)iii:iiii4 in nniro Ikicchjliir v.iK's. Viho , .1i)ieul., vi.)
et du tragi(jUO S6nè(pic :
Inrlpil I.TthiM vnlPs s(>nr;;oro horroiilcs comas Va puti coinniolii l'Inihuiii. (/il œdip.)
El ajoute : Qui ni'in inhalunles numcn de nidorr concipiunt, (fui ructundo curaulur, (jui anhrlatidn profantur, conimo imitant ce Irait dn Virgile :
St'il prctux anlirl'im.
Kl rahip fera corda luriioiii, majorqin» Nideri. N»T niorlalc sonaris afll.ila osl iiiiniine aiiando Jam propiurc l)ti. {.hiieid., vi.)
Môme usant de ce terme profantur airoclu aux liivinatioDS dans Varron(lilj. v Delinyua laiinn), et mis en ce sens dans le vers d'un ancien :
Vomis qiicni pnlrlira dPanim.
Fari Juiuvii el di\inuiii peclus babcre. (F^Mis.)
et dans Sénè(]ue :
Rpsponsa sojvp fnre quem pœnœ voianl. (œdip.)
Dont il Ji'esl pas jiermis de douter que ce divin auteur n'ait entendu par ces termes, les [irophélesses des gentils, lesquelles il a sujet de joindre aux démoniaques, et de juger qu'elles sont en un état auquel on peut les présenter aux cxorcisracs ecclésia.sliques.
H. Car leurs révélations se Taisaient pp.r dos allocutions verbales, non du démon à elles ( ce (jui supposerait seulement une assistanee et une es[)èce de communication avec le malin esprit), mais du démon en elles : de sorte que celle manière de prophétiser avait tous les pré[)araiifset accessoires qui accom[)agnent une possession; comme les a()|ircclies de cet espiit, qui a coutume d'investir et assiéger ceux dont il prend possession, représentées en ces vers :
Venlum cr.l ad iimen cum viryo posccru fala. Tenipus, ail, dcus ecce deus.
(jEneid., vi.)
Comme la résistance de la [)rophétesse aux preuiières saillies de lesprit })eu bénin selon la description même de leurs |)0ëles :
Immanis in anlro Bacchalur vales, magnum si peclore possit Excusisse doum. {y£ueid., vi.)
qu'un autre dépeint en ces vers :
Spumea lune priraum nbies vesana per ora Eliluil, el gcmilus et anhelo Clara mealu Murmura.
(Llcas., Phiirsal., lib v, De Phœnumoe Delp/i'is oracula reddetile.)
Connue les alléralionsqui lui arrivent (juand le démon conuuence à prévaloir, les mouve-
ments Inrieiix, les horreurs visibles, dont elle est saisie :
. . . Suhilo non \ultus, non color unu^ Non comjil.i' mahMoro < oms? : H<d pcclu<i anlielurn l.\ rallie fera corda tumenl, elr.
(ViHuiL., j£neid., vi.) Sur quoi Lurain :
. . . . Tune m'Pstus vaslis uluialiis In anlrjs KKircmB(iuc sunant, domi/.i Jam virgini-, \oces. (l'IiuruU , Idi. V.)
0\\\ sont ciïcls sudi^anls h convaincre la résidence du démon en ces prophétesses, |)uisque cet esprit ne parle el n'opôrc pas où il n'est point, (|uand bien môme elle n'aurait jioinl été remanpiée par le lyrique.
Non ndylis qualil
Menlem sarcrdotum imdia l'vihius.
(lIoRAT., Carm., \\h. i, oda Ifi.)
ni. Or, quand il n'a plus été loisible h Salan d'animer ses prO[ihétesses, les lemplcs étant fermés et les oracles cessés [)ar la présem-e de celui (pii est le temple et l'oracle de la Divinité, si n'a-t-il pas cessé de prendre possession des corps humains ; mais non plus sous le nom et l'apparence de quel(|ue déité, et Dieu lui a permis la continuation de cet accident comme utile au monde (79j. Car les annales de la foi nous assurent que c'est un des moyens qui a le [)lus servi h jeter les fonderiicnts de l'Etat chrétien ; el dans les jdus précieux monuments de l'antiquité nous trouvons (lu'il a été souvent em|iloyé h déraciner celle vieille plante du paganisme. Justin, martyr, n'omet pas de s'en servir à cet ellet en l'apologie présentée au sénat romain. Jésus, dit-il, est né [)Our le salut des hommes et pour la ruine des anges malins. Ce que vous pouvez même connaître par les choses que vous voyez à l'œil , et qui échoient de jour en jour. Car il y a parmi le monde beaucoup de gens saisis des esprits immondes que nous appelons démoniaques, et s'en trouve même en votre cité ; et il est certain que plusieurs d'iceux, conjurés par les nôtres au nom de Jésus crucifié sous Ponce-Pilate, ont été guéris, ayant été en vain traités [lar tous autres médecins conjuraleurs et enchanteurs. Tous les jours il s'en voit, et les nôtres les guérissent, poursuivant ces démons, et les chassant bien loin. Après lui, Tertullien prend ces mômes armes en main, et or es il en combat les f>aïens, leur disant : Edatur hic aliquis sub Iribunalibus vestris quem dœmone agi constet, jussus a quolibet Cfiristiano loqui spii'itus ille, tain se dœmonrm confitebitur de rero, qnam alibi Deum de faiso. {Apolog., c. 23.) Or, il en défend les Chrétiens, répliquant aux gentils : Hostes nos humani generis vocatis. Al quis vos ab illis occultis et usquequaque vastantibus mentes et valetudinrs restras hoslibus eripit, a dœmoniorum dico incursibus : quœ de vobis sine mercede, sine prœmio depellimus. [Ibid., c. 37.) Oi* il en élève l'autorité de leur créance en représentant à un odicier de l'empereur ce pouvoir sur les démons : Dœmones non tantwn
(79) L'Evan'jile c»t plein de m* hifttoire*. \
ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE BERULLE
respiiîmus, verum et revincimus, et quotidie traducimus, et de hominibus expellimus sic- Ht pliirimis notum est. {Ad Sccipulam.)
El, au siècle suivant, saint Cyprien (ad Demetriad.) appelle le païen Démétrianus à cette môme école des démons |»ariant es démoniaques : 0 si audire eos telles, etvidere, quando a nobis adjuruntur, torquentur sjyirittialibus flaqris , verborum tormentis de obsessis corporibus ejiciuntur, ejuUintes et gcmentes voce humana , et potestatr divina flagella et verbera senticnles, venturumjudicium confitentur. Ycni et cognosce vera quœ dicimus; tel ipsis quos colis crede, vel tibi si volueris , ridcbis nos ob eis rogori quos rogas, tiineri quos times, sub ty^anus nostras st<i7'e vinctos, et tremere captivos quos suspicis et vcneraris ut dominos, etc. Quelques années après, le fameux Arnobe (lib, v.iii, sive, ut alii,Mi>rTiLS in Octavio. ) fait la même leçon à tous les gentils qu'a faite saint Cy[irien à ce juge d'Afi ic^ue : Uœc omnia sciunt pleriquc vcstrum dœmojies de se fateri quoties a 7iobis et tneritis verborum , et orationis incendiis de corporibus exiguntur. Yicli dolore, quod sunt eloquuntur ; nec utique in turpitudinem sui, nonnullis prœsertim vestrum assistentibus, mcntiuntur. Jpsis testibus , esse eos dœmonas, de se verum confitentibus, crédite. Adjurati enim per Deum verum et solum , inviti miseris corporibus inhorrescunt et vel exsiliunt slntim, vel evanescuiit grudatim prout fides patientis adjuvet, uul gratia curanlis aspirât. De ces quatre anciens auteurs, ornements de leur âge, écrivant en divers siècles, en divers lieux, contie mêmes ennemis, il ap[)ert que cet accident n'était point rare, ni inutile durant les premiers ans de l'Eglise. Car chacun d'eux en parle comme d'une chose fréquente en leur temps et en leurs provinces, que Dieu avait préparée ainsi qu'un violent remède dont l'invétérée maladie du genre humain avait besoin, et comme un moyen puissant à énerver la force et l'autorité du paganisme, que les démons mêmes détruisaient par des confessions extorquées en la géhenne que leur ap[)liquait l'Eglise, lorsque les puissances humaines travaillaient plus à l'atl'ermir et à le cimenler du sang de tant de peuples.
IV. Même depuis que l'empire de Jésus- Christ a été fermement établi en la terre, Dieu a permis que ces possessions violentes du malin esprit y aient continué, comme autant utiles à y conserver la foi qu'à la planter. Car le concile de Carthage, auquel assista saint Augustin, et celui de Laodicée, en traitent comme d'un mal ordinaire. Et avant et depuis ce temps, Severus Suli)ilius en parle en ses Dialogues; saint Jéiûme en la Vied'Ililarion, saint Ambroise au sermon 91 contre les ariens, Théodorel en l'histoire des saints Pères de son temps, saint Bernard en la Vie de Vcvêque Malachie, et un grand nombre d'autres docteurs célèbres,
(80) 11 y a égalilé entre les [perfections iliviiies et proponioii eiiiie les choses du uioiiiie, considérées non tant en leur nature, comme au rappoi l qu'elles
(ju'il serait tro[) long et inutile i.\o coter. (]ar il n"y a guère d'auteurs de marque, depuis Tâge ftorissant de l'Eglise, dans lesquels il n'y ait mention d'énergumcnes et d'exorrisiues ; Dieu ayant en chaque siècle et en (ha(|ue province, donné cours ci ce mal, loisque rim|)iété commençait de s'y introduire impunément, alin de maintenir les choses de la religion en leur entier, par ce même accident qui avait servi à les établir ; comme si en l'état de la foi, le dire d'un ancien avait lieu, qui affirmait que les em|)ires se conservaient aisément |)ar les mêmes moyens avec lesquels ils étaient acquis.
V. Or, à ceci s'oppose une imagination de quelques-uns, qui estiment que cette œuvre du diable a été du tout anéantie par la venue de Jésus-Christ, comme si Satan, qui n'est [las totalement banni des cœurs, était toutef)is du tout banni des corps humains; et comme s'il y avait apj.arence d'exclure cet effet en vertu d'un mystère qui le provoque et accroît davantage. Car omettant la considération de notre être naturel, qui n'étant en rien changé, n'est ni plus ni moins suscep'tible de cette vexation qu'auparavant, il ap[.ert que, puisque cet accident n'arrive jamais sans quelque occasion de la l)art de Dieu à le permettre, comme de la part du diable à l'exécuter, il sera plus fréquent si les motifs s'augmentent. Or, est-il que la [)rovidence de Dieu s'est de beaucoup augmentée au monde depuis ce mystère, et la rage lie Satan contre l'homme de beaucoup enflammée. Et partant, cet accident que Dieu permet pour le bien de l'univers, et que Satan exécute pour le dommage du l'homme, sera multiplié selon l'accroissement de ces causes de la concurrence desquelles il est absolument dépendant.
La force de celle raison, c'est-à-dire la suite et la mulii|)licalion de cet effet, selon le degré que l.i divine Providence a depuis l'incarnation, est fondée en ce que celui-ci est un des objets de la permission de Dieu, et la permission de Dieu une des parties de sa Providence, laquelle coule incessamment par la permission du mal et {)ar l'opération du bien, comme par deux canaux, chacun desquels est toujours en proportion avec sa source, toujours en égalité entre eux-mêmes qui en sont comme les deux conduits, il a ainsi plu à Dieu de départir sa providence et la diviser en ces deux intentions défaire et de permettre; et parce que chacune d'icelles est intention divine, chacune a son effet hors de Dieu en la disposition et en l'ordre du monde ; il a vou'u garder entre elles la même égaillé qui est en tout ce qui vient de Dieu et en tout ce qui est au monde (80), afin que cotnme c'est le même Dieu qui fait et qui permet, il se rende également admirable en l'un et en l'autre, et autant redoutable en la per? mission comme aimable en l'opération. Or,
ont avec la cause première et sonveraine. Car les perfections de Dieu sont idées des ouvrages qu'il opère hors de lui-iuém«\
TUAlTi: Di:S ENKRCIMK.NES.
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esl-fi que Dieu s'esl allié un inotiJe on s'uii'is>fliit à l'Iioiiimc par te luvslt'in ; ijinî sfl provii|(Mico y est plus i''lomlih! licipiiU crlie alliance ; «pie xiii f>|iérali(i(i v e'^l hicn plus iii.-.i^(ie et reinanpi.ilde cpielle n'élail auparavant ; sa pcrtnissifMi donc sera anssi pins sinj;nlicre cl pins extraordinaire, pnisipi'elle snil la condition de >a source, <^ni est la Providence ; pnisipi'ello e^l toujours égale à son opération rpii en est l'autre londuil. Kt (piel sera l'ohjet de (elle [lerniission singulière! Klle ne. |)eut londier que ;>ur le mal, et clltt ne doit ici toniher sur le mal de !a coulpe, le<piel ce myslèie vient cU'aicr et non pa.sloiéi'er plus qu'auparavant : ce sera donc sur le mal de la peine , non de l'éternelle «pii, étant sans lin, n'est acerue ni diminuée depuis ce mystère, donc de la ten)porelle. Et non encore sur celle horle de peine lem| orelle, (pii étant nalurclle, accompagne aussi hien notre nature devant connue a] rès ce mystère et ijui étant ordinaire, ne parait pas assez conv(;nahlo à la singularité de la permission divine. Ce sera dcuic sur un mal de peine temporelle qui soit extraordinaire et .-surnaturel, c'està-dire sur celte invasion du malin esprit que BOUS appelons possession, qui est un mal et un médicament tout ensemlde à celui qui l'endure, et un mal le plus utile au monde de tous ceux qui environnent notre nature, et par conséquent le [dus propre à lomber sous la permission de celui qui s'esl allié de nouveau et de si j)rès au monde. El d'abondant , c'est l'uni- «jue lie tous les oljjets de la |)ermission divine, qui a quelque rapport avec le plus insigne ouvrage de son opération, c'est-èdire avec l'incarnation, et qui est le plus digne de borner en ce monde l'excès de sa l)ermission, comme l'autre est le plus singulier objet vers lequel se termine sa sainte <->]iération.
^ i.Dieu donc permet ce mal plus volontiers dei'Uis l'incarnation, et Satan aussi est plus enclin à le l'aire. Car expérimentant de combien elle raccourcit l'étendue de son emjdre, de combien elle empêche la ressource de son Ktat, qui e^t le mal de la coulpe; et combien d'hommes qui étaient ; ici ses vassaux, desquels il réservait les i tourments à l'enfer pour les y traiter com- I nie esclaves, lui sont ravis et logés pour i jamais au ciel; jaloux ([u'il est exliôme- ! ment de sa domination, il veut en étendre Jes limites en cet hémisphère, selon (ju'elles ;Se raccourcissent en l'autre; il veut accroître et anticij'er dès ce siècle le mal de la peine, qui est comme un acte de sa prin- ' vaulé, puiscjue le mal de la coulpe, qui en
i le coeur et le centre, s'alfaiblit et dimiiiue; et il attente de posséder les hotumes .en ce monde, puisrju'il en est dépossédé en l'autre.
\ II, C'est l'eirelde ce mystère qui presse si vivement l'ennemi; car il y va de son Etat, U chacun sait combien la jalousie en e^l
puissante; mais il s'opiniâtre davantage à (et altenlal , (piarid il aperçoit le secret de ce divin ouvrage ; car il excite en cet esprit ses trois désir^ principaux (81), dont l'un est l(» premi(;r qu'il n jamais conçu, «ju'il L depuis pi'rpéluellement conservé, n'éianl pas moins immuable «'il s('s volontés qu'en son être, et cpii se réfère ii Dieu comme à un modèle auquel cet ambilicMix a toujours aU'ecté de ressembler, sinon en son essence, au nioiiiï en ses actions et en son aiilorit'-; le second se termine 'i rhrmimecoimiie h riiuage de celui aurpiel Satan veut et no peut nuire, contre laquelle il décoche tous les traits de sa rage ; et le troisième regarde sa condition, (pie cet oigueill'.'iix v<'Ul relever tant (pi'il peut. Partant, dè.> lors (^u'il a jeté l'teil sur le secret de ce divin mystère, auquel notre nature est élevée h un si haut (k\4ré d'tKjiineur, srjii orgueil s'e.-t enilé, et il a voulu le contenter en prenant possession d'une nature si élevée , sa rage contre nous s'e-t redoublée, et il a résolu de nuire à cet homme tant chéri et d'abaisser cet être tant exalté; sor; envie de ressembler au Très-Haut s'est augmentée, et comme il a plu à Dieu d'unir noire nature h rhy|)0stase de sa divinité, aussi ce singe de Dieu se [laîtà s'unir à celle même nature, par une possession (jui est l'ombre et l'idée de possession singulière que Dieu a prise de notre humanité en Jésus Christ ; car eu lune c'est un Dieu, en l'autre c'est un démon revêtu de l'humaine nature; et en chacune de ces deux j)Ossessions , il y a deux esprits différents et deux natures com[)lèles unies ensemble d'une liaison fort extraordinaire.