‹ Œuvres complètesChapitre 145 sur 540 · Puisque lint arnation est le motif et le · texte numérisé non relu

Puisque lint arnation est le motif et le

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modèle de celle opération de Satan, il y a bien apparence que le mal des énerguniènes est accompagné des deux qualités qui rendent un accident plus roinarqu;d)le, c'esl-i-(lire qu'il est grand en son espace , étant formé sur un tel exem|)la!re; et que les démons l'introduisent souvent au monde, ressentant, outre les motifs ordinaires , des aiguillons nouveaux de la |/art de ce mystère ; aiguillons si vifs et si poignants que les années seules de Jésus-Christ ont vu plus dedémoniaques que tout le temps préci'denl de la Synagogue; tant cet objet allume vivement leur rage , leur orgueil et leur envie de faire un chef-d'œuvre semblable.

11. Orde ces deux qualités ladernière ayant été traitée au discours j)récédent , entrons maintenant en quelque considération de l'autre, et voyons combien grand est le mal que nous avons dit être si fréquent, et avait encours en tout teiiqjs, entons lieux, parmi les Juifs, les païens et les Chrétiens. J^lt de la même incarnation, en tant qu'elle est le modèle sur lequel le malin esprit a tiré l'idée de ce dessein, tirons et concluons que noire nature étant exposée à deux sortes «l'alliance de deux bien différents partis, sa condition est autant misérable en l'une, comme elle est accomplie en l'autre. Car l'un venant du ciel, et l'autre de l'enfer, l'un étant plein d'honneur, et l'autre de misère, si la condition d'une alliance suit celle du sujet auquel on est allié, il s'ensuit justement qu'il y aura autant de proportion entre l'excès (le la misère de l'une, et entre le comble de la félicité de l'autre, comme il y a de difféience entre ces deux partis, et comme il y a de similitude en la i)roximité de chacune de ces alliances avec notre nature. Or est-il que la différence paraît extrême, en ce que l'un de ces deux alliés est Dieu, et l'autre le diable; et la similitude de ces deux alliances est grande, en ce que chacun est le principe des opérations de la nature laquelle ils possèdent. Gomme donc que notre humanité est souverainement honorée et accomplie en l'une, en tant qu'elle est entée en la divinité, aussi est-elle extrêmement avilie et intéressée en l'autre; en tant qu'elle touche de si près à la même misère, et en tant qu'elle est jointe à une chose plus vile que le néant même.

IIL La conséquence est réciproque, mais d'abondant, la misère de cette seconde alliance e^t fondée en l'inclination de cet esprit infernal, lequel étant séparé pour jamais de son centre, n'a plus autre repos que dans le mal de la coulpe à laquelle il nous attire, ou dans le mal de la peine en laquelle il nous [ilonge. D'où vient qu'il accomplit jiar tourments cette alliance, laquelle il a contractée avec la nature qu'il possède, et qu'il l'a consomme pa" une espèce de vexalion, la plus grande de toutes celles que l'homme peut souffrir, car elle enclôt toutes les autres; la plus universelle, car elle conce;'ne le corps et l'âme; la plus longue, car ce qui l'upère ne i'use et ne diminue j)oiiil; k moins connue, car sa cause est

invisible; la plus dangereuse, car elle tend à une ruine irréparable de l'âme et du corps.

IV. C'est l'issue de ce mal étrange, si on n'y remédie; -j'est le dessein de ce malin es[)rit, si on ne l'empêche, qui, par cette union violente, veut désunir le cor[)S d'avec l'âme, et l'âme d'avec Dieu qui est sa vie et son principe. Car, en saisissant le cor|)S, il assiège res[)rit; en affligeant les sens, il affaiblit l'âme; en occupant ses organes et ses facultés corporelles, il investit son essence. Tellement que le possédé endure tout ensemble, et un violent assaut en l'esprit, et un grand tourment au corps. Ceci sera mieux considéré si nous remarquons (jue le malin esf)rit, qui est puni de Dieu en sa fureur, épand, par manière de dire, son malheur hors de soi-même, et envoie à ce corps adjoint la réflexion de son tourment : même le réduit en tel état, que ce corps n'est pas privé du mal dont la mort l'exempte, ni accompagné du bien que la vie lui apporte. Car étant naturellement doué d'une faculté d'agir et de jiâtir, ces deux fonctions que la vie conserve, et que la mort éteint conjointement, sont ici séparées : en sorte que l'énergumène n'agit non [)lus en son propre corps que s'il était mtjrt ; et il ne laisse d'y |)âtir étant plein de vie et de sentiment, comme si Satan l'avait réduit à un étal moyen entre celui de la vie et de la mort, tirant du côté de la mort la pi ivation d'agir, et de la |)ait de la vie la faculté de pâtir, et par ainsi le dépouillant de l'heur qui accompagne l'une et l'autre condition. Car si le cor|»s n'agit i)lus par la mort, aussi ne pâtitil plus! Et s'il est durant la vie sujetà quelque souffrance, aussi a-t-il le moyen d'agir ; de façon que, s'il a du détriment en l'un, il a de l'avantage en l'autre. Mais il n'a point ici le pouvoir d'agir que la vie lui donne, ni l'exemption de pâlir que la mort ap})orte, en tant que l'énergumène n'est pas privé de la vie, et qu'il n'est vifque pour pâtir : ainsi comme en l'état de la vive-éternelle-morl, le damné n'est vivant que pour souffrir.

V. Semblablement la condition de l'esprit est fort pitoyable. Car, en celte rencontre, il est combattu de près, puisque l'ennemi tient une espèce de garnison en son corps : et il est combattu avec des ctforts intérieurs, puisque Satan, par sa iirésence, éineul les passions humaines, au lieu qu'en les autres rencontres il ne nous offense que de loin, sans effort, et par des objets seulement extérieurs. Kl encore agit-il ici avec une âme non-seulement investie , mais aussi désarmée, en tant qu'il lui a soustrait ses armes défensives, c'est-à-dire les actes intérieurs desquels le ressort est aux facultés que l'ennemi occupe, au lieu que parmi les autres combats, l'âme a toujours l'usage et la liberté de ses fonctions pour se défendre,

CHAI'ITRE V.

QUE DHiV A PKÉPARÉ UN KEMÈDE CBDINAlBE , A IN MAL SI GRAND ET SI FREQUENT.

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