I. La foi nest pas le secours que Dieu a pré
THAITK DKS KNfJUilMt.NKS.
pnr^ à ce mal. — II. Diiu a ('lnl>U dans son HijUse un ardre, partinilièrfinent destiné an combat et à l'expulsion des malins esprits. Ce (fu'on dit des rxorcismes de Saloinon et de l'iisai/e (fit'en fit h'Ieazarus, est (jrandtment siispert. — III. On rrnDin/ue parmi les Juifs, depuis la venue du Mrssie, unr manii're In/itime d'e.rnrrisme, affeclée au nom ine/fahie de Dieu. I.e même privilège a éfé confi're au nom de Jésus, en la naissance de ri:van(ji!e. -IN'. // n'y avait en la .Sijnayoïjuc aucun ordre ou puissance ordinaire pour chasser les malins esprits; et l'usage d'' cette sorte d'exorcisme affecté au nom ineffable de Dieu, était très-rare et comme extraordinaire , et ne se remarque sinon depuis la vetme du Messie. — V. Le pouvoir de Jésus-t'hrist en l'expulsion ordinaire des démons étonne plus les Juifs gue tous ses autres niirarlcs. — \l. Depuis que riiommr est entré en une alliance si étroite avec Dieu, par le mgstrre de l' Incarnation, gu il daigne nous appeler ses frères^ il a reçu pour apanage de cette nouvelle dignité, juridiction sur les démons. Il g a plusieurs autres raisons pour lesquelles cette puissance sur les malins esprits est maintenant ordinaire.
I. La (jualilé île ce combat, mais plus encore la coii(lilior) nouvelle de la créature laquelle est coml)a(tue, nous fait attendre du recours : car elle a|)|)artient de trop près à Jésus-Christ pour être abandonnée ^ un tel ennemi. Et la condition de l'ennemi qui conibat, étant élevée par-dessus les atteintes de la nature, nous fait attendre un secours surnaturel, et un secours autre que celui lequel nous pouvons tirer de la foi. Car si elle compatit avec le |)écbé môme, beaucou[> plus compalira-l-elle avec la peine du pécliu ; et si, selon saint Jacrjucs, elle est parmi les dialtk'S sans les changer, beaucoup plus sera-t-ello es démoniaciuos sans les délivrer. Que si môme l'acte de la foi exercé de l'âme travaillée de ce mal, n'est pas un médicament assez fort (lour le repousser, beaucoup moins, étant exercé par un autre, [)Ouriat-il rendre cet elfet. De là vient que les apôires, après avoir subi le joug de la créance en Jésus-Christ, môme a[)rès avoir été admis à l'état de la foi le plus érainent, qui est l'apostolat, reçoivent, comme un tfon ilistinct et sé()aré, le |)Ouvoir de commander aux malins esprits, en saint Mallliieu X.
II. C'est pourauoi celui qui nous donne la naiience contre les ennemis de la terre et la lorci' runtre les ennemis du ciel, a renforcé la milice de son Eglise d'un onire particulièrement destiné au combat et à l'expulsion des malins es|)rits.
Ordre que nous pouvons dire être propre ri particulier à l'Eglise chrétienne. Car il e^t incertain ^i la Synagogue l'a eu, et il appert qu'elle n'en a point usé envers Saïil ;
(8-2i Vide JosF.rni m, ndlitm Jiuluiciini.
(<S5) E(ju sum tilu, dit Jésus dr soi-mèuie on «;iiiil Jean (\iv, 10). Tune ennn itiorlifeia erani legnliii, t.i .\ug b.ino cpisl. 1!J, ad Hicron.
et ce qui se raconte, dei)uis le tom[)S do Snijl.des exorcismesde Salomon (outre qu'il fldit f'IiQ plulAt référé U un art et à linstituliori (II! ipiciquo formulaire, que non (»as à réiablisseiiKMit (\'\in nouvel ordre fait par Saloruon renommé en sapience , et non en jiiriilii iif)n, ni («rdinaire, ni extraordinaire dans 1,1 Synagogue), il n'est {tas bien assuré entre les docte'^, dont (pjelques-ujis ne l'admellcnt pas, et (jucl-pies autres le réfèrent au temps de son idolAlrie. Et certes, la proli(pie d'Eléa/arus, sur l'autorité de lacpM^lle^ est fondée celte opinion des exorcismes de- Salomot», est marquée de deux cinonsiances i\\i\ la rendent fort suspecte : car elle est prati(pjée longtemps après la mort de Jésus- Chrisl, après la promulgation de l'Evangile publié par les apôtres, après ces voix lamentables des anges qui abandonnent môme le sanctuaire de la Synagogue, et après la condamnation et punition publique du judaïsme exécutée par l'armée romaine (82). Celte circonstance du temps est bien à observer, parce qu'il est certain que l'homme n'a de soi-même aucun pouvoir sur le diable, et il est diflicile à croire que les Juifs tirent un pouvoir (!u ciel, lorsque leur foi n'est qu'impiété, lorsque leurs cérémonies ne sont qu'en abomination, lorsque le secours des anges leur estôté, lorsque le corps même de la Synagogue est délaissé de Dieu (83). En un corps qui n'avait plus devie, depuis qu'il avait fait occire celui qui était la vie môme, et qui répandait un venin mortel par tous ses membres, dej)uis que l'Evangile fut répandu parla terre ; quelques particuliers auraient-ils bien rendu un tel elfort contre le diable, en la juridiction duquel ils étaient |)assés, et en la force d'un Dieu lequel ils avaient abandonné! Et la niain de la Synagogue étant devenue sèche et impotente à faire uiiracles, aurait-elle pu laii e un chef-d'œuvre si miraculeux en la nature que la guérison des énergumènes 1
La seconde circonstance, qui est la forme dont Eléazarus usa, est bien autant suspecte, car elle a plus apparence d'une cure que l'on fait par application de certains médicaments, que d'un exorcisme qui est un acte de juridiction exécuté envers les démons (ainsi que le mot d'exorciser sim[)lement énoncé, apprend à un chacun, et plus encore la pratique de Jésus-Christ en l'Evangile (8V), de saint Paul aux Actes (85), des Juifs mômes enfants de Scéva (86j en l'Ecriture, et généralement de tous ceux qui ont exercé cet oflice autant et depuis Eléazarus), vu qu'il ne lit aucun commandement au malin es(>rit de sortir hors du corjjs : ainsi il se contenta d'appliquer une racine au nez du possédé, comme si les simiiles avaient quelque pouvoir sur des anges, et les choses matérielles quelque vertu à l'encontre d'une créature ()urement immatérielle, et comme s'il y avait ap[)arence à
(81) Luc. IX ; Marc, i, cl alibi passim. (8oi C. XVI, 18 : Paulus contenus spirilui dixit : Pr(vcipio libi exire ab ea.
[Hd) Aci. XIX, 15 : Adjuru ic per Je^unt, etc.
ŒUVRES COMPLETES DU CARDINAL DE RERULLE
ju?er qu'un pur esprit soit attiré de l'odeur, voire tellement transporté de ce sentiment, qu'il en quitte une place en laquelle il est détenu de liens si étroits et si |>uissants. J'ajoute que Justin, martyr, reiiroclie à Triplion, Juif, un })areil formulaire d'exorciser, comme étant emprunté des gentils : ce qu'il n'(ût jamais fait, si, en son siècle peu éloigné de celui de Josè{)he (auteur sur lequel est fondée l'opinion contraire), il y eût eu en la Synagogue un foruiulaire semblable reconnu des Chrétiens i)our ouvrage de Salomon, tandis qu'il était en [)Ossession de la sapience infuse.
III. Je vois bien dans Ef)iphane (87) une autre forme judaïque d'exorciser, non attribuée à Salomon, ni dépendante de quelque dignité et autorité affectée 5 la personne qui exorcise, mais d'une f)rérogative conférée à un des noms de la Divinité, lequel on peut recueillir des circonstances du texte, être cet inelfable tétragamme. Ce qui suffît à expliquer le texte des Actes (c. xix), où les enfants de Scéva sont nommés exorcistes, et la réplique de Jésus-Christ {Matth. xii) aux Pharisiens, en laquelle il attribue aux enfants des Juifs le pouvoir de chasser le diable, quand on ne voudrait référer ces paroles aui apôtres, suivant saint Jérôme (m Matth.) et un grand nomme de notre temps (88), et sert à entendre saint Irénée, lorsqu'il a dit : Vomini nostri nothini subjecta sunt oiunia, et propter hoc Juclœiusque nunc hac ipsa advocatiune dcemonas effaçant, (/uando omnia timeant invocationem ejus qui fecit eu. (Lib. u Advcrsus hœres.) Carde référer l'énergie de cette invocation à la foi des Juifs qui étaient lors inlidèles, il n'y a point d'apparence; d'étendre aussi généralement cette prérogative à toute sorte d'invocation du nom de Dieu, sans égard à la foi de celui qui ia i)rononce, c'est avec peu de fondement et contre l'expérience. Et de la référer h cette espèce d'invocation de Dieu 'jui se faisait en la prononciation de ce nom mystérieux, c'est sans contraindre le texte d'Irénée, c'est conformément au rapport d'Epi phane, c'est avec fondement en l'Evangile, auquel nous voyons un exemjile d'un privilège semblable conféré au nom de Jésus, en la prononciation duquel les diables étaient chassés, encore qu'elle fût faite par personne qui n'avait point de créance en Jésus-Christ (89); et ce n'est pas sans raison, y ayant bien apparence de croire que cette prérogative a été conférée à un des noms de la divinité (sans respect de la foi de celui qui le prononce) en un temps oii il lallait établir l'unité d'un Dieu au milieu des païens, et la vérité d'une religion divine parmi des philosophes, ainsi comme elle a été concédée ù un des noms du Messie pour
(87) Adversus Ebionœos., h;«res. 30.
(88) Mai.uonatus. In Maith.
(89)Vj(/i»u(s (jHcmdnn in nomine luo ejtcieulem dœmonia qui non aequilur nos , disfiiit les auôlivs à Jésus Chiibl (Mnrr. ix, Ô7 ;•
(90) Ex AuG., 1. IV De côusensu Evajuj., c. Ti, cl
autoriser sa venue parmi les Juifs (90). I\'. Donc ce qui est exprimé dedans les livres, ou sacrés, ou |)roi'.uies, ne nous empêche pas de croire que cet ortire est jiropre à l'Eglise chrétienne. Que s'il eût été communiqué à la Synagogue , je ne puis psis estimer que l'usage n'en eût été fréquent, au n;oins depuis la naissance et avant la prédication du Messie. Car lors le nombre des démoniaques était si grand, que [)artout le Sauveur en rencontre, es synagogues, es villes, en la canqtagne, à l'issue de ses plus grandes retraites. Le mal était si public que même il tient et iidecte les chemins (91); et le désir d'en être délivré était tel , que partout ils cherchent le libérateur, jusqu'à pénétrer les lieux j>lus éloignés et déserts, desquels il se retire ores pour prier, et ores pour déployer en secret ses mystères. Un tel mal eût-il laissé en repos ceux qui avaient le pouvoir de le guérir? Et ce repos eût-il été tolérable en eux? Les malades accouraient bien à la piscine, et l'entouraient par un long e>pace de leur vie, pour y trouver la guérison qui était faite à un seulement, et en un certain temps de l'année. Ceux-ci donc affligés d'un tel mal , pressés d'un tel désir, n'eussent-ils point accouru à !;> source commune et ordinaire de l'autorité, laquelle ils eussent cru par foi, et su par expérience résider en la Synagogue pour les délivrer en tout temps. Le p-euple ne ccs-e de les présenter à Jésus-Christ dès l'heure mémo que le |)remier effet de son pouvoir a [laru. Ne les eût-il donc point présentés à la Synagogue aussi soigneusement lors que le Sauveur était et ne {)araissait point au monde? Et la Synagogue n'eût-elle pas diminué et enfin épuisé ce grand nombre de démoniaques, desquels au moins une partie était avant que Jésus-Christ parût avec [touvoir, comme entre autres celui qui était possédé dès l'enfance (92). N'eût-elle pas aussi retenu par cette sienne autorité ces furieux démoniaques que les chaînes ne pouvaient retenir, que les maisons ne pouvaient enclore, qui profanaient les monuments et infectaient les chemins? Ou bien ce zèle et intérêt d'honneur qui possédait tellement les scribes et les pharisiens, ne les eût-il point émus à employer leur pouvoir sur les énergumènes , et à tenter mêmes elfets à l'envi de Jésus-Christ et des ajiôtres, comme firent jadis les mages à l'envi de ^loïse, S|)écialement envers cet entant (|ue les apôtres ne peuvent garantir ! Car comme ce pouvoir leur man(iuant, les scribes contestèrent contre eux selon celte remarque de l'évangéliste : Scribœ erant conquircntcs cum eis [Marc, ix, 13), et les confondirent de paroles, en ce qu'ils avaient voulu, et n'avaient pu etl'ectuer cette délivrance : il y a
ex TnEOPHiL. ih hune lootiin.
(91) Occurrerunt et duo habcntes dœmonia sœvi nimis, ita ul nemo iranaire pus^el pcr viam illmn. {}]atth. viii, 28 ; Luc. viii, îJ7.)
(9-2) Quiaitnm leinporis est ex que ei hoc nccidil. i.i illc ait : ab iiifanlia. {Marc, ix, 20; Uic. vm.)
TKAITE DES KNKRGl MENES
bien fl|)|)nroncc que l'aideur Hc la roiitcnlion les tM^l lac il (Mlle ni |irov()i(ués h roiiInniirL' |iHr elVi'l (•(» |i('lil iroiii'oati do JiVsus-C.lirisl , LMi l'ai-aril sur lo | «iivie luiinlKiiii' un cs^ni «le leur aulnril»' envers les (iéninniaiines , si lant est (ju'ils l'eusscnl eu el <|u'ils en eussent orilinaircnieul um^. Car il ne leur «Hait pas loisihle dV employer le uoîu inellahU.' (si (lès lors il avait ee privilège de «lins^er les tlénions) duquel la prolalion niy>tiqu(' el religieuse iHail r(''servc^e au giatid prCHr»- , el ce dans le sanetuaiic seulenieni ; n'y peut ôtre possihle, si ce nom mystérieux était iiulaiil inconnu en leur siècle, comaie il est maintenant parmi les plus docles d'entre les Hébreux el les Chrétiens (93).
V. Or si l'u.-age <lc eel ordre prélondu en la Syna^^oyue eùl été fré*pienl, coaunenl esl-çc (|ue Jésus-Chrisl se sérail rendu tant admirable parmi les Juifs , par les moyens de ce sien pouvoir sur les malins esprits, (jui les émouvait j lus ipie toutes les antres merveilles? Car leur intidéliié n'est point ébranlée lorscjn'il nettoie les lépreux, lorsqu'il guérit les sourds, lur>(iu'il illumine les aveugles, lorxju'il ressuscite les morts. Ces cU'els rares el de longtemps non pratiqués parmi lesJuirs, sont exOculés sans elVeldans leurs esprits : nu lieu (pie toutes el (juanles l'ois (ju'il délivre quelque démoniaque, il laisse quehpje n)onumeiil extraordinaire dedans leurs âmes. Tellement que ces cœurs endurcis duianl les aulresetl'ets miraculeux, sont amollis en l'épreuve de celui-ci, s'écriant avec admiration : Quidnam est hoc ? quœnam doctrina hœc nova? Quia in poteslaie et spiritibus immundis imperat {Marc, i, 27); signilianl par cette particule exagéralive, et spiritibus imperat, comme ils estiment plus remi)ire de Jésus-Christ sur les esprits immondes, que sur les corps, que sur la maladie et que sur la mort mêi.ne : el ces âmes insensibles durant les autres merveil es, s'élonnenl toutes de celle-ci : Stupebant omncs in ntagnitudine Dei {Luc. ix, li) ; même osent les préférer à toutes les juerveilles d'Israël, arrivées en quelque temps que ce soi^OV) : el ces esprits, indomptables par tous les autres moyens extraordinaires, sont réduits à la créance du Messie par un seul acte de juridiction sur les diables, en sainl Mallliieu xii -.Stupcbant turbœ et dicebant : Nonne hic est /ilius David. Les [iharisiens aussi s'empochent [)lus de cd exploit de Jésus-Christ que de [las un autre , (Jes([uels ils se contentent d'en calomnier quelque circonstance, comme étant moins imjiOitanls : au lieu qu'ils essayent môme de conlr(jler la substance et la vérité de celte action. Et toutefois si ces délivrances d'éncrgumènes eussent été fréquentes |)armi les Juifs, et dépendantes d'une autorité communiquée à la personne qui exorcise, elles n'eussent
(93) Vide Lindanlm, ht p$al. cxvm ; Genebr. lib. I De Trinil., et Bt:i.i.\nM , In Crum. llebr.
(1)4) Suuqunm apparuil sic in liiatl. (Malili. ix, 53.)
(95) Avant la mon de /ésus-Chi isi , les ^éres
pas ému des cœurs plus durs que pierre au regard des autres merveilles, selon cette maxime (pii n'a j as moins de lieu en l'élal de l'esprit «ju'en ««dui de la nature : Ab assuelis non fil pussio, et si fit, non tanta fit. Kl des esprits rebelles n'en eussent pas été convaincus, n'y ayant auitun sujet de rcconnallre en Jésus-Christ une dignité si extraonlinaire en la Synagogue, comme est la (pialité du Messie, |iar un exploit commun, non-seuleuicnt <'i ses propliei(!s ou h ses principaux sacrificateurs, mais aussi à ses moindres exorcistes. Kl outre «|UP les pharisiens n'eussent pas oaiis une raison si (trésenle et si sensible, pour exténuer cette merveille, ils eussent plus apparenunenl satisfait h la conscience des assistants, émus de ce pouvoir du Sauveur sur les démons, en le rapportant au privilège connu el ordinaire en la Synagogue, cjuc non pas en le référant à la |)uissance occulte de Bécdzébut, comme ils font, en saint .Marc m, en ^aint Matthieu IX, en saint Luc ii el en sainl Matthieu XII.
VI. lU'cueillonsdoncdecclarticIe, que l'aulorilé d'aucun grave auleur ne nous empêche point, et que la raison nous oblige à croire (pie cet ordre a été réservé <^ l'Kglise chrétienne; soit (jue nous remartjuions les elfels (pii accumpagneiii la nouveauté de son premier usage en son chef Jésiis-t^hrist ; soit que nous considérions la quai. lé du mal que cet ordre cnmbat, lequel a cours si écialenienl depuis l'inc-rnation ; soit que nous ayons égard à la condition de la Providence divine, le propre de laquelle est de pré()arer des remèdes ordinaires aux inconvénients fréquents, cl tandis qu'ils sont rares, d'y subvenir par des voies extraordinaires; soil que nous jetions l'œil sur le mvslère de l'Incarnation, lequel étant le motif cl le modèle de celte étrange possession, est aussi la source vive de laquelle coule à jamais celle autorité qui doit y apporter remède. Car, avant que l'homme fût joint de sa consanguinité à celui qui a empire sur toutes choses, el lorsqu'il n'était [tas tant favorisé que d'avoir aucune entrée à la cour du ciel (9o) , il n'y avait pas grande apiiarence qu'il eût pour esclaves, ceux dont la qualité est si éminenle, cju'il n'y a puissance aucune sur la lerro qui leur [tuisse être opposée. (Job xLi.) Là où maintenant fiue la lialure liumaine est non-seulement .dfranchie de la captivité du diable, mais tdle est même honorée de la fraternité de Jésus-Chrisl, qui l'a vôlue et élevée avec lui par-dessus les cieux des cieux ;96j ; il semble que ce titre illustre, qui nous donne juridiction sur les démons, est l'apanage de notre nouvelle dignité. Kl que, comme rincarnalion apporte au genre humain un rétablissement des droits el franchises perdues par le jiéché, ou une commutation en des prérogatives
éiaic^iit aux liinbts, cl non au ciel, selon la doc- II i. e (!e 1 Ejilise.
(06) Jcsns-Clirisl a|>iM Ile les lioniines ses frèies, en sainl Mntlh. xxviii : Sunlutle frntribus meii, cit.
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plus honorables : aussi esi-ce d'elle et non d'ailleurs que nous devons lirer celte ordinaire et perpétuelle autorité sur la nature immatérielle, en échange du pouvoir ordinaire que nous avions en l'état de justice, sur la nature conjointe à la matière. Autorité qui élève bien plus notre condition que l'autre : car ce |)Ouvoir n'était lors que sur des animaux, et il est ici sur des anges.