‹ Œuvres complètesChapitre 207 sur 540 · LXIV. PROGRÈS DE LA PASSION DE JÉSUS · texte numérisé non relu

LXIV. PROGRÈS DE LA PASSION DE JÉSUS

I. Le premier pas du Fils de Dieu à la croix est au cénacle de Jérusalem, oii il célèbre la dernière Cène avec ses apôlres. En cette dernière Cène, tout se ressent de la croix et passion de Jésus. Jésus en ce cénacle institui la sainte Eucharistie comme une im-

molation secrète, mystérieuse et réelle, quoique non visible, (le son corps et de son sang précieux, qui s'accomplit entre lui et son Père, et s'exécutera par après par les 7nains des Juifs — IL Le second pas de Jésus allunt (i la croix est celui qu'il fait du cénacle au jardin, auquel commence . Ceffusion visible de son sang. Dix stations différentes de Jésus allant à la mort.

I. Le premier pas du Fils de Dieu à la croix est celui qu'il fait au cénacle de Jérusalem, où il va manger l'agneau pascal, qui est la tigure la plus excellente et plus solennelle de son inunolation en la terre , et où il va se donner soi-même à Dieu son Père et à ses apôtres en qualité d'hostie et d'agneau, offert au Père et mangé par ses disciples. Où nous avons la ligure et la vérité tout ensemble, de celui qui doit être immolé en la croix par l'effusion visible de son sang; et qui est immolé sans occision en cette dernière cène , comme parle le concile de Nicée, dans l'effusion secrète, mystérieuse et réelle, quoique non visible, de son sang dans le sacré mystère de l'Eucharistie. Ce cénacle est le premier séjour et la première station signalée de Jésus souffrant ; aussi là, il ne fait, il ne parle, il ne voit rien qui ne sente sa croix. Là celui qui le va trahir dans p.eu d'heures est présent, et il lui parle en mois couverts de sa trahison. Là, s'il boit, s'il mange, c'est de l'agneau qui est le mystère de son immolation ; s'il parle, c'est de sa jiassion et du scandale de sa passion dans ses apôtres mêmes. Là, s'il donne à boire et à manger à ses ai>ôtres, c'est son corps, c'est son sang, c'est ce corps qui doit être livré pour nous, c'est ce sang qui va être répandu l'Our nous. Cène sacrée et mystérieuse où Jésus fait un miracle, et un très-grand miracle sur soi-niême et non sur les autres ; un niiracle non passager, mais perpétuel, un miracle pour tous les siècles et pour tous les lieux; un miracle pour tous les cœurs qui doivent l'adorer el croire en lui, et un miracle qui ne finira que dans la fin du monde ; même un miracle d'amour et d'union, un miracle de croix et d'immolation peur son Eglise. Car en ce cénacle de Sion et en cette dernière Cène, il fait l'oblation et l'immolation réelle et mystérieuse avec Dieu son Père, qui va s'exéculant })ar après avec les Juifs.

11 Le second pas de Jésus à la croix est celui qu'il va faire de ce lieu sacré au jardin des Olives, où le traître doit le trouver et où les Juifs doivent le saisir. Là il commence à porter les premiers effets réels et visibles de sa croix en l'effusion de son sang, en la tristesse jusqu'à la mort, en la trahison de Judas, en la fuite de ses apôtres, en la capture de son sacré corps, lié, garrotté el mené au tribunal de Caï()he et Pilate. En ce lieu saint et sacré le Fils de Dieu avait coutume d'aller souvent, comme par honneur et mémoire au mystère de sa croix, qui commencerait là à être Ciéculé.

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OKLVRI'S DE PIKTE. - LXVI, TROIS ACO.NIKS DE JESUS.

Qui considéror.i I)mmi lï-int du Fils de Dieu en la lorre, Iroiivcr.-j (jmc Io i-roiiiier ()as de sfl croix cl [lassion, c'est lo premier pas do sa vie, car il no vient sur la terre <iue pour soutlrir; sa preniicro pensée est celle de la croiï tK's le ventre de sa mère, sa première oblalion est h la croix ; et avant de venir sur la terre, il est tout consacré à la croix ; ayant |)onr cet eiïot un corps passible, propre h soullVir, et exposé aux misères et soufFrances de la vie liumaine. Mais si nous voulons, pour un plus j^rand éclaircissement, distinguer le temps do la vie et de la mort du Fils de Dieu, le premier point de sa passion se commence en Jérusalem, cimime elle se finit en Jérusniem ; et la jiremiôre station du Fils de Dieu allant îi la croix est le cénacle de Sion ; la seconde est le jardin des Olives; la troisième , celle d'Anne el de Caiplie ; la (jualrième, celle de Caiphe; la ciiKiuièmo, le prétoire de Tilate; la sixième, le j)alais d'Héroile ; la septième, les rues de Jérusalem ; la huitième, le Calvaire; la neuvième, la croix ; la dixiènie, le sépulcre. Saint rierre ravi en la montagne, voulait dresser trois tahernacles, l'un 5 Jésus, laulre à Moïse el l'autre à Elic; mais nous, au mont de Calvaire, dressons trois tabernacles et tous Irois ù Jésus : l'un à Jésus soutn-ant de la part des Juifs et des hommes qu'il venait servir et racheter par sa vie, sa mort et ses >ounV,inces ; l'autre à Jésus soutirant de la part de lui-môme, par soutrrances commencées au jardin et continuées au Calvaire, c'est-à dire jiar la force el puissance de son âme qui agissait sur soi-même et par ses propres lumières, lumières saintes, hautes et divines, qui se rendaient elles-mêmes susceptildes d'une souffrance sainte et divine, que les Juifs ne pouvaient causer ; et le troisième h Jésus souffrant de la part de son Père, par les opérations très-saintes , très-hautes , trèsdivines, très-douloureuses que la Divinité , opérait en son âme très-pure, cmplovant sa puissance et son Ojiéralion à mettre cette âme en état de soutfrance, aussi bien qu'en jouissance ; car Dieu est un agent infini, qui par ses ofiéralions peut aussi bien conduire l'âme en soutfrance qu'en jouissance.

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