LXIX. DKs ci.vMii ns i>r. jksi s i.\ la t;rioi
KT DK l.'orVIIlTJ riK DE SON (.ÔTK PAU I.E l-i;» DK I.A I.ANCK.
On rcmarfpie trois clameurs en la passion do Jé>u';-Cliri'<t. La première est celle dont saint l'aul f.iil mention en l'Iîpilre aux lié' IrrruT, cliap. V, vers. 7, disant de Jésus- Clirisl : ^wj in dirbus carnis suœ , prrces, stipplicati(inrg/pie ad eum qui pnssil ilium falvunt farrre a mort', cum clamore valida et larrymis offrrens, rxauditus est pro sua revercntin. x Lequel es jours de sa chair, c'està-dire de sa Passion, ainsi que Tint' rprèlenl les Pères grecs, offrant prières et supplications à celui qui le pouvait délivrer de la mort, arec qmnd cri et larmes, a été exaucé pour sa révérence. » Car es autres cris qu'il lit éi ni cloué è la croix, les évangélistes n'y rom.irrpjcnt (jue cris, el non cris avec pleurs el prières. La seconde fut en la croix lorsqu il vient à dire ces [>aroles : Eli, Iili, lamma snbacthani? [Matth. xxvii, iC.) La troisième fut fieu auparavant que fie rendre respril : Jésus, derechef, criant fortement, rendit l'esprit, [ïbid., 50.) Nous lisons aussi qu'il a crié souvent en sa vie, en saint Jenn (vu, 37) : Kl Jésus s'écria, disant : Quiconque aura soif vienne à moi, clc. Tous ces cris du Verbe, éternel, que l'Ecriture rapporte, doivent être remarqués ol pesés, mais particulièî-emenl ces trois derniers qu'il a faits au temps de sa Passion.
Saint Jean seul , comme bien-aimé disciple, fuit mention de la blessure dont le côté et le cœur de Jésus ont été ouverts. D'autant que c'est une blessure d'amour, il était convenable qu'elle fût rapportée par le disciple du cœur et de l'amour de Jésus. Remarquons que le cœur vivant de Jésus est assez navré d'amour, et c'est pourquoi cette navrure de la lance est réservée à son cœur mort, comme si avant la mort ce fer ne l'eût pu navrer davantage, tant il était navré d'amour.
Son cœur est éternellement ouvert, éternellement navré ; sa gloire n'ùle point celte plaie, car c'est une plaie d'amour; celte navrure de la lance n'est que marque de la vraie el intérieure navrure de son cœur.
Celte navrure du côté est propre à Jésus, non commune ni à son supplice ni aux autres crucifiés, navrure d'éternilé. C'est un supplice ou une plaie de mort, mais qui durera dans la vie éternelle; plaie commencée en la mort, mais pour durer en la vie ; ce qui ne convient aux navrés, car leurs navrures ne passent point à la mort et ne seront point permanentes en la résurrection. Rendons grâces au Père éternel, qui deslininl le supplice de la croix pour l'humilier, lui a destiné cette nlaie non commune à la croix , pour nous loger et nous loger en son cœur dans l'éternilé.
Dévotion aux (^isciples de la croix et i[fi la mort de Jésus. Madjeleine, saint Jeaact,
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^lulres. Lu Vierge est la première en cette école : Stahat Mater jaxta crucem, ayant été souvent absente des autres écoles de son Fils prêchant aux Juifs.
LXX. DE LA DÉVOTION DE l'ÉGLISE A LA PASSION DE NOTRE-SEIGNEUR.
L'Eglise a autant de dévotion et même plus au mystère de la mort et passion du Fils de Dieu, quà ceux de sa vie. L'Eglise nous remémore la croix du Fils de Dieu en toutes les parties de ses offices divins.
Les abeilles qui se nourrissent de fleurs et font le miel , la liqueur la plus pure, la plus douce et la plus céleste qui se forme en la nature, ne se reposent jamais sur les fleurs mortes, et n'en tirent aucune substance ; mais les abeilles spirituelles, les esprits de piété", se reposent sur la fleur de Nazareth, et vivante et morte, et en tirent leur miel de dévotion; môme elles ont celte propriété de se reposer plus volontiers sur la mort et passion de Jésus, que sur sa naissance , sur sa vie et sur ses autres mystères, et , de sa mort , elles en tirent la vie. C'est l'objet que la foi nous présente en toutes nos églises, au milieu desquelles nous voyons Jésus en croix et non en ses autres états et mystères; c'est l'objet qui frappe le plus souvent nos sens et dont on nous parle plus souvent dans les mystères de notre religion. Et c'est le mystère appliqué à tous nos sacrements et à tous les moyens du salut et de la sanctification à laquelle nous sommes destinés comme fidèles et comme membres de Jésus. Elevons donc nos yeux en haut et voyons Jésus en croix. El puisqu'il a dit : Cum exaltutus fuero, omnia traham ad me ipsum [Joan. xii, 32], prions-le qu'il nous tire à lui, et ai)prochons - nous de lui pour contempler son état, ses grandeurs, ses abaissements et ses merveilles.
LXXI. DE LA DÉVOTION DE l'ÉGLISE A LA PAS- SION DE NOTRE - SEIGNELR AU JOLR DU VENDREDI.
Dieu créant le monde, et l'homme après tous SCS autres ouvrages, a aussitôt destiné un jour à honorer son action et son repos. Et Dieu sauvant le monde, ne doit pas être moins honoré du monde, et ne mérite pas moins un jour dédié à cela, et ce jour est le vendredi. Et ce d'autant plus qu'il a créé le monde par une parole, et Une !'(i sauvé qucn sou/frunt.
Dieu créant le monde, a voulu le produire, le former et le |)olir en divers jours; 3 signalé chaque jourdequelque nouvel ouvrage de sa puissance, et a créé l'homme au dernier jour, le posant comme un nouveau |nonde dans le monde, et voulant qu'il fût ]e dernier et le plus parfait ouvrage de ses mains. Il a posé l'homme au milieu du monde, foulant la terre de ses pieds, les yeux élevés en haut pour contempler les «vieux et celui qui habite dans les cieux, et reconnaître le divin ouvrier en son divin ouvrage. Comme il n'y a point eu d'inter-
valle entre la création du monde et de l'homme, il n'y en a point eu aussi entre la création de l'homme et le repos de Dieu et Tordonnance que Dieu fait d'un jour destiné à honorer dans le monde Dieu créant lo monde et se reposant après son ouvrage. Tant il est raisonnabl.o qu'à l'instant môme et sans aucun intervalle, l'homme créé adore son Créateur, et que le monde, par l'homme, adore celui qui a fait le monde. Or, si Dieu créant le monde doit avoir un jour en chaque semaine pour être adoré du monde, le même Dieu souffrant pour le monde ne doit-il pas bien avoir un jour pour être reconnu et adoré du monde? Ce jour est le vendredi, destiné et employé par le Fils de Dieu pour sauver l'homme, comme il avait été employé par lui-même pour créer l'homme. C'est un Dieu qui sauve le monde, comme c'est un Dieu qui a créé le monde; c'est le môme Dieu qui a créé le monde et non un autre Dieu, et il mérite un même honneur. Quand il a créé le monde, il l'a fait sans labeur par un souffle de son Esprit, par une parole de sa bouche ; mais quand il a voulu sauver le monde, il a dit, il a fait plusieurs choses ; il y a employé plusieurs jours, i)lusieurs mois, plusieurs années ; il y a eu plusieurs labeurs ; et nous le voyons enfin au milieu du monde , souû'rant , languissant et mourant pour le monde , et mourant en une croix ; et si nous considérons l'ouvrier en son ouvrage, il mérite de nous un plus grand amour en sauvant qu'en créant le monde. C'est pourquoi l'Eglise de Dieu dit et fait tant de choses pour nous imprimer la mémoire de Jésus-Christ cruci-r. flé, et fait un jour signalé en la semaine pour nous le faire honorer, qui est le vendredi.